‹ PascalChapitre 121 sur 181 · Par exemple ceux relatifs à la roulette · texte numérisé non relu

Par exemple ceux relatifs à la roulette

Chose étrange, en Pascal, le disciple de Jansénius devait méconnaître la véritable grandeur de cette science dont, dès l'enfance, le physicien et le géomètre avaient savouré les joies enivrantes. Jansénius avait condamné « la recherche des secrets de la nature qui ne nous regardent point )>^. Pascal range le désir de savoir parmi les trois concupiscences, « fleuves de feu », qui « embrasent plutôt qu'ils n'arrosent » la « terre de malédiction » : « Libido sentiendi , libido sciendi , libido dominandi » 2. A cet égard, certains passages de « Pensées » et la lettre à Fermât du 10 août 1660 ^ sont caractéristiques.

Loin de se prêter un mutuel appui, la science et la philosophie s'excluent en Pascal. Il semble qu'il ait admis une division primordiale des connaissances humaines en deux parts : les unes sont scientifiques, de médiocre portée. Pascal, volontiers, les déclare vaines; si on cherche à accroître leur nombre , il faut que ce soit « pour faire l'essai, mais non pas l'emploi de notre force ^ » et « pour apprendre la véritable méthode de conduire la raison^ ». Les autres, philosophiques et rehgieuses, sont seules dignes d'être pour l'homme autre chose qu'un exercice de l'esprit. Chercher un lien entre les premières et les secondes est impossible et d'ailleurs inutile pour Pascal. Cette nature , une des plus

Page 1