‹ PascalChapitre 127 sur 181 · Défense de la tradition des saints Pères, ch. xvii · texte numérisé non relu

Défense de la tradition des saints Pères, ch. xvii

2. « Il en est que Diea abandonne et sur lesquels sa justice &*exerce ; ceux-là se perdent. Non pas que, s'ils voulaient se sauver, ils ne le pussent; mais parce qu'ils trouvent leur joie et leur félicité dans le mal. » (Saint Augustin, De la corruption, xui.)

syndic Cornet en tira sept propositions qui, réduites à cinq, furent de nouveau condamnées par la faculté de Théologie en 1649 et par la bulle Cum occasione du pape Innocent X en 1653.

A ces condamnations les partisans de Jansénius répondent, en premier lieu, que les propositions condamnées ne se trouvent pas dans VAugustinus, c'est la question de fait; en second lieu , que Fopinion de Jansénius sur la grâce est celle de tous les Docteurs de l'Église, c'est question de doctrine. Pascal est chargé par les jansénistes, ses amis, de porter leur cause devant l'opinion : il écrit les Lettres à un Provincial.

Suivant le plan qu'on lui a tracé, Pascal traite d'abord la question de fait. Il affirme donc hardiment que les propositions ne sont pas dans VAugustinuSy qu'on ne les y a jamais vues. Or, chose curieuse, il n'a pas lu l'ouvrage ; bien plus, il n'a pas même Fair de soupçonner que YAugustinus est un in-folio latin de plus de mille pages, à deux colonnes, en petit caractère. « Si la curiosité, dit-il, me prenait de savoir si ces propositions sont dans Jansénius, son livre n'est ni si rare, ni si gros, que je ne le puisse lire tout entier pour m'en éclaircir * . »

Mais à quoi bon? Il a pour lui le témoignage de M. Arnauld : celui-ci n'a-t-il pas déclaré « qu'il a lu exactement le livre de Jansénius, et qu'il n'y a point trouvé les propositions condamnées par le feu pape ». Quelques-uns, passant plus avant, n ont-ils pas affirmé « que

Page 1