‹ PascalChapitre 128 sur 181 · V* Provinciale,!^ p · texte numérisé non relu

V* Provinciale,!^ p

même ils y en ont trouvé de toutes contraires * ». Et cette assertion lui suffit. L'idée ne lui vient même pas de la vérifier, de mettre en doute la parole de ses maîtres, tant il a d'admiration et de respect pour leur science et leur vertu : « Je sais, mes Pères, le mérite de ces pieux solitaires... et combien TÉglise est redevable à leurs ouvrages si édifiants et si solides. Je sais combien ils ont de piété et de lumières 2. »

Fort de cette assurance, il n'épargne pas Fironie à leurs adversaires et leur porte un défi. « Ce n'est pas qu'il n'y eût bien de l'apparence que vous disiez vrai : car de dire que des paroles sont mot à mot dans un auteur, c'est à quoi l'on ne peut se méprendre. Aussi je ne m'étonne pas que tant de personnes, et en France et à Rome, aient cru sur une seule expression si peu suspecte que Jansénius les avait enseignées en efifet. Et c'est pourquoi je ne fus pas peu surpris d'apprendre que ce même point de fait, que vous aviez proposé comme si certain et si important, était faux, et qu'on vous défia de citer les pages de Jansénius où vous aviez trouvé ces propositions mot à mot, sans que jamais vous l'ayez pu faire 3. »

Mot à mot : Pascal le répète à deux reprises. Tout est là en effet : c'est pour ainsi dire la restriction mentale derrière laquelle vont jusqu'au bout se retrancher les jansénistes. Et jusqu'au bout, leur gardant une inaltérable confiance, Pascal ne cessera de répéter : « Il n'y

Page 1