‹ PascalChapitre 15 sur 181 · ibid.. Lettre du 4 avril 1633, p · texte numérisé non relu

ibid.. Lettre du 4 avril 1633, p

Fintendance de Normandie, qui Tobligea à quitter Paris avec tous les siens * .

Ce changement n'arrêta point les progrès surprenants de Biaise Pascal dans les sciences mathématiques. c< Cependant, dit sa sœur, il n'employait à cette étude de géométrie que ses heures de récréation; car il apprenait le latin sur les règles que mon père lui avait faites exprès. Mais comme il trouvait dans cette science la vérité qu'il avait si ardenmient recherchée, il en était si satisfait, qu'il y mettait son esprit tout entier; de sorte que, pour peu qu'il s'y appliquât, il y avançait tellement, qu'à l'âge de seize ans il fit un Traité des Coniques, qui passa pour un si grand effort d'esprit, qu'on disait que depuis Archimède on n'avait rien vu de cette force 2. Les habiles gens étaient d'avis qu'on les imprimât dès lors, parce qu'ils disaient qu'encore que ce fût un ouvrage qui serait toujours admirable, néanmoins si on l'imprimait dans le temps que celui qui l'avait inventé n'avait encore que seize ans, cette circonstance ajouterait beaucoup à sa beauté: mais comme mon frère n'a jamais eu de passion pour la réputation, il ne fit pas cas de cela; et ainsi cet ouvrage n'a jamais été imprimé 3. »

Toutefois, dès l'année 1640, on avait publié sous le titre di Essais pour les Coniques une sorte de programme

1. /d., tMflf., Vie de Jacqueline, p. 60 ; Marguerite Parier, Mém.^ p. 421.

2. Descaries, à qui le P. Mersenne en arait envoyé un extrait, trouva cet ouvrage tellement fort qu'il ne put croire, quoi qu'on lui dit, que le jeune Pascal en fût Fauteur.

des (juestions traitées par le jeune Pascal, où il indiquait ce qui, dans ces essais, n'était pas de lui, et ce qu'il devait à ses devanciers, particulièrement à M. Desargues, de Lyon : « Je veux bien avouer, dit-il, que je dois le peu que j'ai trouvé sur cette matière à ses écrits, et que j'ai t&ché d'imiter, autant qu'il m'a été possible, sa méthode sur ce sujets »

Cette même année 1640, eut lieu la publication posthume de VAugustintis.de Jansénius, qui devait soulever tant d'orages, et dont la doctrine renouvelant en quelque sorte l'hérésie de Baïus, fut condamnée le 6 mars 1642 par le pape Urbain VIII.

En 1641, la sœur aînée de Pascal, Gilberte, épouse Florin Périer, son cousin, conseiller de la Cour des aides de Clermont, que son père avait appelé près de lui à Rouen, pour lui confier une commission importante dans l'intendance de Normandie.

Cependant Etienne Pascal, au milieu des soucis et des travaux de l'intendance, ne cessait de travailler

à l'éducation de son fils. « Pendant et après le repas,

mon père l'entretenait tantôt de la logique, tantôt de

la physique et des autres parties de la philosophie;

et c'est tout ce qu'il en a appris, n'ayant jamais été au

collège, ni eu d'autre maître pour cela, non plus que

pour le reste. » Et Biaise Pascal menait de front, avec

une merveilleuse facilité, ces études diverses, tout en

méditant des travaux scientifiques qu'il préparait dans

le silence.

L'homme le plus robuste supporterait difficilement

une pareille tension d'esprit, et Biaise Pascal était d'une complexion délicate. Sa santé ne tarda pas à être ébranlée ; son père ne soupçonna pas la gravité du mal. « Mon père prenait un plaisir tel qu'on le peut croire de ces grands progrès que mon frère faisait dans toutes les sciences, mais il ne s'aperçut pas que les graves et continuelles applications dans un âge si tendre pouvaient beaucoup intéresser sa santé; et, en effet, elle commença d'être altérée dès qu'il eut atteint l'âge de dix-huit ans. Mais comme les incommodités qu'il ressentait alors n'étaient pas encore dans une grande force, elles ne l'empêchèrent pas de continuer toujours dans ses occupations ordinaires*. »

Au milieu de ces travaux absorbants, Biaise Pascal trouvait du temps pour aider son père dans les occupations de sa charge. Et, non moins inventif dans la pratique que dans la théorie, voulant seconder son père, il conçut l'idée d'une machine à calculer 2, comme nous l'apprend la dédicace qu'il fit de son invention au chancelier Séguier.

<( Les longueurs et les difficultés des moyens ordinaires dont on se sert m'ayant fait penser à quelque secours plus prompt et plus facile pour me soulager dans les grands calculs où j'ai été occupé depuis quelques années en plusieurs affaires qui dépendent des emplois dont il vous a plu d'honorer mon père pour le service de Sa Majesté, en la haute Normandie, j'employai à cette recherche toute la connaissance que

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