Ed. Lahure, II, p
Ici vient ce qu'on a appelé la dissipation de Pascal, aussi improprement que ce qu'on avait appelé sa conversion. Ce jeune homme de vingt-six ans, chercheur infatigable et profondément religieux , Tesprit uniquement préoccupé de science , le cœur rempli de Dieu, « était travaillé par des maladies continuelles et qui allaient toujours en augmentant... Les médecins crurent que pour se rétablir entièrement il fallait qu'il quittât toute sorte d'application d'esprit, et qu'il cherchât autant qu'il pourrait les occasions de se divertir. Mon frère eut de la peine à se rendre à ce conseil, parce qu'il y voyait du danger : mais enfin il le suivit, croyant être obligé de faire tout ce qui lui serait possible pour remettre sa santé, et il s'imagina que les divertissements honnêtes ne pourraient lui nuire ^ ». La fille de M™* Périer confirme ce témoignage. « Cet état où les médecins le virent, les obligea de lui défendre toute sorte d'application; mais cet esprit si vif et si agis sant ne pouvait pas demeurer oisif. Quand il ne fut plus occupé de sciences , ni de choses de piété qui portent avec elles leur application, il lui fallut quelque plaisir : il fut contraint de revoir le monde , de jouer et de se divertir. Dans le conmiencement cela était modéré ; mais insensiblement le goût en revint, il se mit dans le monde, sans vice néanmoins ni dérèglement, mais dans Imutilité, le plaisir et l'amusement^. »
De son côté, Jacqueline « ne cessait pas d'aller quel-