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DEUXIEME PARTIE

Pascal n'est point un philosophe tel que Descartes ou Leibniz : il n'a pas, comme eux, un système régulièrement ordonné; il ne se propose pas, comme eux, de résoudre par les seules forces de l'entendement les grandes questions qui intéressent la destinée humaine. C'est un philosophe chrétien, qui trouve dans la raison même les motifs de soumettre la raison à la foi; c'est un métaphysicien, qui, selon le mot de La Bruyère, « fait servir la métaphysique à la religion ».

Pascal a une doctrine philosophique; et il parait assez étrange que l'on ait essayé de convertir en sceptique l'un des plus grands géomètres et des plus fermes logiciens qui furent jamais, comme si ses découvertes scientifiques étaient autre chose qu'une application de la raison; ses controverses, une protestation de la raison en faveur de la vérité; son apologie, un appel à la raison pour préparer à la foi. Vouloir l'enrôler parmi les disciples de Pyrrhon, n'est-ce pas aller contre l'évidence ?

A quoi tient cependant que cette évidence rencontre des contradicteurs? A deux causes surtout : l'originalité

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même de la conception de Pascal et l'expression fragmentaire qu'il nous en a laissée.

Atteindre la vérité, voilà Tunique but qu'il poursuit. Où est la certitude complète? Comment nous est-il possible d'y arriver? Voilà l'objet constant de sa préoccupation. Or, sur ce sujet capital, il n'est pas facile d'accorder les éléments épars de son œuvre. Dans maint passage, il admire, il glorifie la raison humaine; dans maint autre, il la contraint d'avouer son impuissance et l'on dirait qu'il prend plaisir à la montrer « froissée par ses propres armes* » : en sorte que sa doctrine semble contenir des antinomies irréductibles.

Mais ces antinomies ne sont, en définitive, que les aspects divers d'une pensée plus profonde. Pascal luimême les dépasse, et formule expressément le principe où elles vont s'unir.

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