Entretien avec M. de Saci, c. cxxxi
CONQt'lÊTE DE LA CERTITUDE. 79
Dans le Discours de la Méthode, Descartes avait posé la règle suivante : « Ne recevoir jamais aucune chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être telle, c'est-à-dire éviter soigneusement la précipitation et la prévention, et ne comprendre rien de plus en 'mes jugements que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute. »
En réponse à une lettre au P. Noël, non seulement Pascal donne identiquement la même règle, mais il se sert à peu près des mêmes termes pour l'énoncer : « Permettez-moi de vous rapporter une règle universelle, qui s'applique à tous les sigets particuliers, où il s'agit de reconnaître la vérité,... c'est qu'on ne doit jamais porter un jugement décisif de la négative ou de l'affirmative d'une proposition, que ce que l'on affirme ou nie n'ait une de ces deux conditions : savoir, ou qu'il paraisse si clairement et si distinctement de soi-même aux sens ou à la raison, suivant qu'il est sujet à l'im ou à l'autre, que l'esprit n'ait aucun moyen de douter de sa certitude, et c'est ce que nous appelons principe ou axiome;... ou qu'il se déduise par des conséquences infaillibles et nécessaires de principes ou axiomes, de la certitude desquels dépend toute celle des conséquences qui en sont bien tirées... Tout ce qui a une de ces deux conditions est certain et véritable ^ » Le champ de la certitude est même plus étendu pour Pascal que pour Descartes; car il ne révoque pas en