Génie du Christianisme^ IIP partie, livre H, cli. vi
toute superstition ^ Mais c'était aussi un esprit cultivé, à la fois délicat écrivain dont il nous est resté une précieuse lettre^ et savant distingué qui mérita d'être loué par le P. Mersenne^ et d'être un des arbitres désignés pour juger le différend entre Descartes et Fermât. Dès son arrivée à Paris, il fut reçu dans cette société libre que son fils appelle « Celeberrima Acadcmia Parisiensis » et qui fut Toriginc de F Académie des Sciences, fondée par le roi en 1666 seulement. Elle se réunissait alors chez le P. Mersenne* (après la mort de celui-ci, Etienne Pascal et M. de Carcavi devaient être ses hôtes). Là, chaque semaine, Mydorge^, le P. Mersenne, Gassendi^, Desargues '', de Roberval ®, Etienne Pascal, de Carcavi, Le Pailleur et « autres habiles gens de Paris s'assemblaient pour porter leurs ouvrages ou pour examiner ceux des autres^ ». Us entretenaient une correspondance suivie avec tous les savants de province et de l'étranger. C'était l'époque où des hommes d'État illustres, des magistrats connus conmie profonds jurisconsultes et des hommes d'Église faisaient marcher de pair les obligations de leur charge et les études les plus ardues. Fautil rappeler le souvenir d'IIévélius ^^, sénateur de Danzig, de Jean de Witt**, grand pensionnaire de Hollande, de
1. Voir un fragment des Mémoires sur la vie de M, Pascal, par M"« Marguerite Pôrier, sa nièce, publié par M. Cousin, dans son livre des Pensées de Pascal (1812), p. 390. Le jeune Biaise souffrait d'un mal inconnu. On força une vieille femme, soupçonnée de lui avoir jeté un sort, de transporter celui-ci sur un animal qui mourut, tandis que l'enfant guérit.
2. Voir p. 125 du présent ouvrage. — 3. Voir p. 144 du présent ouvrage.
— 4. 1588-1648. — 5. 1585-1647. — 6. 1592-1655. — 7. 1593-1662. — 8. 160:m075. — 9. Vie de Biaise Pascal. parM""* Périer. — 10. 1611-1687.
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Chanut, ambassadeur de France à Stockholm, de Fermat, conseiller au Parlement de Toulouse*, de Beaune^, conseiller au Présidial de Blois, de Frénicle 3, conseiller à la Cour des Monnaies, de Sluze^, chanoine de la cathédrale de Liège , suivis dans lapériode suivante de Hudde ^, bourgmestre d'Amsterdam, de Rœmer^, premier magistrat de Copenhague, et de tant d'autres? « La gravité de leur état », a-t-on dif^, « ne leur permettait ni les divertissements bruyants de la noblesse militaire, ni la société des femmes. Us n'étaient point forcés à ces longues distractions qu'entraînent les petits devoirs imposés aux
gens qui vivent dans le monde ; ainsi, ceux qui avaient
trop d'activité n'avaient alors d'autre délassement
que l'étude, et ils osaient publier le fruit de leurs travaux, sans craindre de paraître avoir des moments de loisir. »
Il était ainsi bien difficile au jeune Pascal de ne pas entendre parler de science dans le milieu où il grandissait. Son père, inquiet de sa précocité et de sa faible santé, n'avait voulu le confier à aucun maître, ne lui laissant étudier tout d'abord que les langues anciennes ; on sait^ comment, à Tâge de douze ans, l'enfant déjoua ces précautions et acquit le droit de se livrer à sa passion pour les sciences exactes un jour qu'Etienne Pascal le surprit en train de se démontrer à lui-même la
7. Voir Arago, Œuvrc$ complètes, t. III, p. 520 {Notice biographique sur Fermât) .