‹ Pascal et les pascalins: d'après des documents contemporainsChapitre 12 sur 83 · PARALLÈLE DE SAINT AUGUSTIN ET DE DES CARTES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE DE SAINT AUGUSTIN ET DE DES CARTES

Des Cartes a ime tnorale sèche et stoïcienne. Il dit que Dieu a institué les vérités éternelles ou les propositions d'éternelle vérité, ut qu'il pourroit faire qu'une chose (fust) et ne fust pas, que les parties fussent plus grandes que leur tout, qu'un carré fust triangulaire. On pourroit donc dire selon luy que Dieu ayant une

* GaUoys, entré en r668 à T Académie, t^i mort en 1707. Ci. plus bas, p. 50, noté 2.

^ E%Toul Boistard ou Boestard (Dom Claude) entré chez les Bénédictins de la Congrégation de Saint- M au r, où il fit sa profession le 19 décembre 1640, y exerça les charges de supérieur, député au Chapitre général de Marmoutiers en 1660, Prieur de Saint-Germaindes- Prés, en 1675, assistant du Général en 1681, puis Général en 1687. Il mourut en 1709, le 29 mars, à go ans.

* Ce morceau sans signature^ vient aprèç un paragraphe intitulé OposUions de saint Thomas avec saint Augustifit signé : le P. Martin. Ce Bénédictin, qui travailla aux éditions des Pères et porte souvent des jugements sur ce sujet, est probablement le fils de la V. Marie de rincamatioii, Ursuline de Québec. Voir mes articles des Etudes du 5 mai 1906» p, 577-599 et de la Revue du monde catholique, 5 juin 1906, p. 437-447. Cf. cependant plus bas, p. 43, noie 1.

connoissance claire de Dieu, Dieu poiirroit faire qu^il ne le seroit pas. M. Des Cartes semble, tenir la prémotion physique : il veut que la volonté ne soit autre chose qu^une forte pensée. Dès que je connois fortement, je veux. Or, je distingue fort bien la douleur d'une pensée spéculative et ces différents modes de Tâme comme de la cire différemment modifîiée. Ainsi, il y a l'entendement, la volonté.

Ce qu'il dit qu'une chose metie demeureroit tous jours en mesme estât si rien ne l'empeschoit, n'est pas vray, considérant comme le mouvement est ime propriété de la chose m eue, au lieu que le P. Martin considère que la chose mené ne se remue qu'autant que Tair agité la pousse. Os tés ce chasse marée, le mouvement cesse.

Ce qu'il y a de bon dans Des Cartes sont ses principes qui vont à exclure toutes les qualités, toutes les formes substantielles, hors rânie de l'homme, comme rame végétative, sensitive qne saint Tliomas et saint Augustin reconnoissent, saint Augustin n'ayant pas examiné cela, que le mouvement est un transport d'un lieu à un autre en un autre, que les corps ne différent que par l'arrangement des parties, etc., car, pour ce qu'il dit du système du monde, ou de ses vertiges ou tourbillons, cela n'est pas certain, comme il Tavoue luy mesme. Il importe peu que saint Augustin admette Tair. la terre, le feu, l'eau, pour les quatre éléments, ou ce que marque Des Cartes auec ses petites parties et sa manière subtile ; car le feu tiendra lieu de matière subtile. Le mouvement ne vient point du corps, mais de Dieu, Ces principes sont beaux et se trouvent dans saint Augustin. Ce qui est extravagant ne s'y trouve pas (fol. 70 et 71).

DES CAitTES

Ce qu'il y a de bon dans la philosophie de Des Cartes, c'est qu'on ne peut guère aîlcr plus loin. Au delà, ce ne sont que des abismes. Des Cartes monstre où peut aller l'esprit, et nous pouuons nous en tenir ta et y adjouster les nouvelles expériences.

Le corps peut former dans mon esprit une idée de Tes tendue sans l'avoir (cette étendue) cohime la lumière peut former ou exciter Tidée du rouge sans estre rouge, A cela point de responce. Mais qu'est-ce que le corps ? Je n'en sais rien (fol 79 v").

Après une remarque sur Bacon et Galilée, due probablement à Nicole, nous relevons des détails anonymes sur un des auxiliaires de Bossuet dans Téducation du Daupliin *.

M. Nicole estime Bacon comme un homme qui a beaucoup contribué à restablir le bon sens, et M, Des Cartes avoue qu'il luy a donné occasion de faire des réflexions,

Galilée est bon, mais il ne parle presque que des lieux où nous avons peu à' faire ^ (fol. 99).

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