‹ Pascal et les pascalins: d'après des documents contemporainsChapitre 15 sur 83 · D^ABLANCOURT · texte numérisé non relu

D^ABLANCOURT

Boesleau, Fauteur des satyres, n'estime pas les traductions d'Ablancour parce qu'O se donne trop de liberté. Il avoue pourtant qu'il faut accommoder les auteurs à notre manière ; il n'estime paa son Thucydide à cause de sa licence. *>

^ C'est-à-dire Tabbé de Marolles, voir plus haut, p. 24- ^ Suivent les jugements portés sur le cardinal du Perron, controversiste, que j*ai cités dans le Ton de la Prédication avant Bùurdaîoue, p. 2^^-26:^,

* Voir la Revue Bôssuet, pour les jugements littéraires de celui-^;i ■et ceux relatifs atix prédicateurs.

sorte d*oppositian avec le docteur Dirois, si iréquemment nommé dans le recueil *, marque que ses contemporains ne se trompèrent pas sur son mérite. Par contre, ranecdote sur la nomination de Tabbé Le Te Hier comme coadjuteur de Reims (i668), oii il est parlé de Tévêque de Meaux, concerne non point Bossue t, mais son prédécesseur, comme il est évident par la date et par le nom du P. Annat, mort le 14 juin 1670.

On compare le recueil de principes ^ qu'a fait M, Dirois à cts gens qui amassent des haillons dans les rues, de cent il n'y en a

^ Voir sur ce personnage, plus haut, p. 3. Comme je Tait dit, pas assez peut-être dans le Ton de la prédication avant Bourdaloue (p, 262), en faisant remarquer la place qu'occupe ce docteur dans la série des jugements recueillis par notre collectionneur anonyme, il y aurait Heu de relever un véritable Dira...ana qui serait loin de manquer de rintérêt que comportent les livres de ce genre. Prochainement, j'aurai à m*occviper de ce docteur à titre d* apologiste trop oublié. Je u- ai pu encore déterminer quel pouvait être ce Recueil de Principes sur lequel porte le jugement relatif à Dirois et rien dans la liste de ses ouvrages ne semble répondre à ce titre de hvre. Bornons -nous, en attendant, à renvoyer à la notice que le P. Chérot a écrite sur lui, à propos d'une lettre qu'il reçut de René de Marillac, le 13 août 1689, dans laquelle Bourdaloue est invoqué. Voir Revue Bourdaloue, i^^ avril 1903 H p. 243. François Dirois, mort en 1690, chanoine d'Avr anches, était né en 1620. Sa liaison avec les jansénistes finit en 1664 par son adhésion au formulaire. Attaché à la fortune dn cardinal d'Estrées, dès Tannée 1672, il l'accompagna deux fois à Rome* Il y était en 16S2 lorsque Bossu et lui mandait des nouvelles de son sermon sur V Unité de VEgli^e.

Voici un passage où il nous livre lui-même le plan de ses travaux vers 1670,

DE M. DiROIR

Il a trois desseins : le premier, de travaille^ à Tescriture ou le sens littéral^ marquer les différentes leçons, pour le sens moral il prendra celuy qni luy paroistra le plus beau et le plus naturel ; 2^ il a plusieurs traittés de théologie, le traitté des sacrements est assés achevé, la puissance des princes dans l'Eglise, loci theologici, les attributs, la grâce, et 3** Traittés de la morale, explication des cas de conscience. Diroir (fol. 16).

^- C'est s^enlement en 1683 que parut le volume in-40 intitulé :

-que 3 ou 4 qui seruent. IL a beaucoup de vues, eJles ne sont pas toutes iustes. on entre uoit les vérités dans sa bouche, c'est vn docteur de grande piété et de beaucoup d'esprit

Il y a des gens qui sont au-dessus de leur science, et d'autres ■qui sont au-dessous ; ceux qui sont au-dessous ne sauroient s'expliquer. Ceux qui sont au-dessus s'en seruent agréablement. M. Bossuet est au-dessus de sa science, et la traitte auec vue délicatesse qui ne l'abandonne jarnais.

M. Tabbé le Camus, àpresent Eues que de Grenoble, donne vn air de Cour a sa théologie et persuade beaucoup par ses agréments.

Jesuistes qui parient bien latin : Mafîée, Sirmond. Petau, Vauasseur, disciple du P. Sirmond, d'un esprit peu es tendu, Strada, Turcelin, Frison ^. Le P. Rapin ne parle pas mal latin, fait de beaux verii [Le Valseri s/)

M. Nicole n'a pas le latin en main comme ces gens la ou comme Erasme, etc., son Vendrok est pourtant bien escrit.

M. l'abbé le Tellier, quand il fut proposé pour estre coadjuteur de Reims, les lesuistes écriuireut au cardinal Bona, contre Tabbé, mais le cardinal renuoya la lettre à M. Le u es que de M eaux, d'autre disent à M, le Tellier, le Père, ministre destat, si bien que

Preîtifes êi préjugés pour la religion chrétienne et catholique contre les fausses religions et r athéisme, le seul des ouvrages de Dirois qui semble répondre quelque peu au travail jugé si rigoureusement. Cette date ne semble guère concorder avec T époque de la présente conversation. Faut-il supposer que cette Apologétique, en effet fort peu personnelle et assez mêlée, fut une œuvre de longue lialetne dont l'ébauche circula longtemps avant Timpression définitive ? C'est beaucoup accorder à la conjecture.

^ Pour les noms de ces a Jésuites parlant bien latin js et les détails biographiques, voir Somcnervogel* Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, aux mots Mafïée, Sirmond, Petau, Vavasseur, Strada, Tusel liai, Frizon. La mention de la traduction latine des Provinciales par Nicole sous le nom de Wendrock nous fournit la date de r658^ de beaucoup antérieure à cette conversation. \i'^ * Cette signature ne serait- elle pas le nom estropié de Tabbé de la Val te rie. ancien jésuite, qui figure souvent comme signataire de réflexions dans ce recueil ? Voir mon Histoire critique de la Prédication de Bourdaloue, t. 111, p, 460, note i. Un Levasseur est cependant aussi souvent allégué. Voir Le Ton de la Prédication, p. 202.

Tabbé fit fort froid au P. Annat dans vue visite où il luy tesmoigna son mécontentement : ensuite tout le monde leur a donné à dos. (Foh 21-22.) (Le Bon.j

Comme suite à cette anecdote sur la nomination du coadjuteux de Reims, il convient de citer une conversation de Bossuet. Elle vient, sous le titre Evesques, après un mot de du Tremblay ' sur leur droit de préséance.

EUESQUES

Ils ont droit de sceance dans les parlementa de leur ville. (Du Tremblay,)

M. le Coadjuteur de Reims a représenté au Roy que les euesques dévoient estre salués denant le parlement, puisqu'ils ne seroient pas mandés aux cérémonies s*ils ne fais oient pas corps. II ne faira jamais de lascheté, il est trop fier II ne se ?=ûucie pas de se faire des amis. (M. Bossuet ^)

Un des jugements littéraires de Dirois, qui ne regarde

point Pascal, est à ramasser en passant. Ceux de Gomber ville

et de Lumbert sont plus près des hommes de Pori-Royal.

Nous les donnons sans les commenter,

Page 1