JUGEMENT DES AUTEURS
Seneque, dit M. Naudé, m'a plus servi qu'Aristote, Plutarque que Platon, Juvénal et Horace qu'[ Homère]^ et Virgile, Mon* tagne et Scarron que tous les précédents. Le pédantisme a pu gagner quelque chose sur mon coips, mais il n'a rien empiété sur mon esprit.
M. Ki colle dit qu'il y a mille belles choses dans Montagne, mais qu'il le faut lire avec discernement ",
M. Lancelot met Lucain bien proche de Virgile, et le conseilloit à cause qu'il a du feu, peu estant capables de la gravité de Virgile.
Il met Saluste entre les historiens à peu près comme Lucain entre les poètes.
M. Varillac * estime Corneille Tacite le meilleur des historiens, à cause qu*il dit beaucoup en peu de paroles, et c'est le style qu'il -aime. On le reprend d'avoir trop raffine. Cela ne laisse pas de former.
^ Docteur de Sorbonne, Bourgeois alla à Rome, en 1645 » et y conjura la condamnation de la Fréquente cotnmunioft d'Amauld. Voir Port-Royal, II, 188 ; III, 38 : IV, 19 ; V, i86,
^ Le manuscrit porte, par un lapsus : et Horace qu'Horace et Virgile,
'^ Voir plus haut, p. 11, 48, note 4, et 64.
* Voir ibid., p. S et u.
Tite-Live tient un des principaux rangs.
On accuse Pater culus d'avoir meslé trop de fleurettes, quoyqii*il les ménage. Il en faut un peu pour réveiller.
M. Bois] eau ne veut point de pointes, 11 veut qu'on se soustienne par la grandeur des choses : aussi n^en niesle-t-il point dans ses satyres.
M, Nicole estime Bacon comme un homme qui a beaucoup contribué à restablir le bon sens, et M. Descartes avoue qu'il luy a donné occasion de faire des reflections.
Galilée est bon, mais il ne p^rle presque [que] des lieux dont nous avons peu affaire ^
Quinte-Curce plaist fort au P, Quesnel, ^t il loue extrêmement Tite-Live (foL 98) '.