SAINT AUGUSTIN
Lectionneur inconnu qui conversait avec tant de jansénistes de marque, recevait aussi chez lui leurs adversaires.
M. Paschal n'aimoit point les réflections que saint Augustin fait sur les nombres, ni ses pointes, ni ses jeux de paroles. Il a peu avoir quelques fausses beautez qui trouvent des admirateurs, mais, au reste, c'est le Père qui raisonne le plus juste et qui a plus d'élévation et d'authorité. (Rapin.)
Voici, plus loin, quelques révélations sur le plaisir que prenait Pascal à lire Montaigne, et, ce qui surprend davantage, Scarron, mais le fragment ne porte aucune signature ; il a pour titre : M. PASCAL, MONTAGNE.
M. Paschal estimoit Montagne pour son stile et son sens. Il disoit qu'il lui avoit appris à escrire et le blasmoit de ce qu'il parloit tousjours de sov et de ses sentimens libertins (v. l'art de penser).
Cette indication de source nous renvoie, quoique vaguement, à la Logique de Port-Royal, mais elle n'équivaut pas à une signature précise, et ce qui suit n'en est en tous cas nullement tiré.
M. Paschal aimoit la vérité et la charité; il ne cherchoit que •cela, et estimoit que c'estoit l'occupation d'un homme. Il aimoit les livres plaisants, comme Scarron. son Romant ; mais il les quitta ensuite et se donna tout à Dieu.
M. Nicole dit qu'il y a mille belles choses dans Montagne, mais qu'il le faut lire avec discernement (f. 98).
Sainte-Beuve, dans son Port-Royal '. s'indigne contre Rapin •qui « a bien mal connu Pascal », et ne veut point qu'il ait eu besoin d'être converti par Saint-Cyran. Se plaire au Roman
Port-Royal, t. II, p. 500, note
comique n'est pas une grande preuve de » dissipation », mais cela dérange cependant la conception que l'historien de Port-Royal a prise dans ses ailleurs « des années mondaines » de son héros. Ce n'est point pourtant un adversaire que cet anonyme qui nous signale ce trait précis.
Un entretien de Varillas, 1' « historien » déjà nommé pins haut, dont le nom est écrit Varillac et qui figure souvent dans ce recueil, nous dit ce que tous savent sur les Petites lettres :
Elles ont esté escrittes. en t656 et 5y. par M. Paschal sons le nom de Louis Montalte, sur le sujet des assemblées de Sorbonne et la morale relaschée des Jésuites. M. Paschal estoit de Clermont. en Auvergne ; il escrivit les trois premières lettres à M. Périer. son beau-frère, de la ville de Clermont. ce qui a donner lieu au nom de lettres provinciales. Le stile des provinciales est coupé: mais il y a deux lettres où il ne l'est pas : il v a des sujets qui demandent le stile coupé, d'autres, le stile plus estendu. (Varillac. )
Cette conversation nous apprend du moins que vers 1670, date probable de ces entretiens, on s'occupait encore de la façon dont avait été composées les Provinciales et que ces notions n'étaient point trop rebattues pour n'être pas le sujet d'une causerie entre honnêtes gens.
n'esl pas s'éloigner sensiblemenl de Pascal ni de son groupe que recueillir au passage Les détails curieux et peu connus fournis par notre collection d'entretiens, sui le Livre des Maximes de La Rochefoucaull e1 sur l'une de ses sources, .1 ce qu'il semble, assez négligée, D'ailleurs, ce son! les con temporains de Pascal, déjà rencontrés, qui portenl leui jugemenl ou fonl leurs confidences sui cette œuvre, alors .'1 la modi des Maximes.