‹ Pascal, l'homme, l'œuvre, l'influence: Notes d'un cours professé à l'Université de FribourgChapitre 42 sur 61 · PA8CAL · texte numérisé non relu

PA8CAL

iiiilulKenl aux ImaglnutloDs romane8i]ilPs — et romaiiltfî^ — ilu D' UJut.

El dnpuis tnrs, un pourrait coiuplt^r Icis liistunenii OU À tiqno» qui, sur ce {loml, ne se soiiL point faiu VHha de \ taire, -le Èondorccl H lie Bossul. " Le prMpJce imaglBi énrlvail Vlllemaln en Ift2f<, le pr(-ciplce imagiiiiûrs tpfM depuis un ftuclili'nt mncste, ibi sam alTrillilis île Par'i crcyni'-nt rmr s'enlr'ouviir sous ses pns, n'étnîent qu'à fait^lf image de cpt alilme du doulr; qui épuuvantall IdLéKnJ remeotson dme. ■■ Sainle-R^uve, ai (In, bI avisé, si piïnétrji Sainte-Meuït! qui a si joliment fifcuM la li^gende d» l'aW Suinte-IlHute Irii-mCme, r.ti •■.(^ qui c.oaci Keuilly rt s<?s suites, iitf Tail ^'ufrre que répéter Bùssilt â^fl RecutU (l'UtTcchl : il la rapporte lui aussi au mois « d'cKitiilu ou novembre iCal ", El sur lu foi de Salntp-BiMive, IM m Nisai'd, (iérusi^t, d'autres encori> comptaïeUt le Irop c^IttltK \ accident parmi les caust-s déterminantes de lu coiiTorsIon il<- Pascal. (Quelqu'un même se trouvait, je ne sais qui d'ailleurs, pour renchérir sur Bossut en amaur indiscret de la pré sion, et pour déclarer, de sa propre autorité, que l'accider avait eu lieu le 8 novembre itlHt < : et la date était euregistrO pii-usement par pinsieurs historiens et critiques.

1. Lb publicntion de cette étude sur VAeciditnl il» fout de Afiiri/i. u proTiiqué, de In pitrt de M. 0. Michsut, dsni \n QuiiiLaine >li. tS avril l'JOï, la piquante réponse que voici . Monsieur le Uirerieur.

Dans son inléressant Mrlicl«< du te fé^er, M. Giraud se licninii []bU d'où veniiil la date du S novembre attribuée pur < quelqu'un - K rncrldenl de Neuillj. La question m'intéressait, car j^avais in] primé cette date diina mon édition des l'enséei (1896) et je Teftnide lu rciniprimer dans mon étude sur len Epuqitm de la i'rnii'f ilr ViiKitl {VMVi]. J'ai donc fail des ruclierches; et je «uis pnrvenu A dfVoiivrlr c]itc et u quelqu'un i ëlnit moi, ou plutôt— car la ro"deslie qui est pnrlouL de mise l'est plus parlicullèrnment ici ■— quec'Était mon imprimeur etmui, en eollnbornlion. J'avnis vnnin donner la date acceplÉe par Sainte-Beuve {Pùrl-Royal, II, !i()j ( octobre -novembre >>; et c'est cet a octobre- novembre s (en etiilln 8''"-B'"), qui par une transformation inaperc^ue, csL devenu t !''*■. 8 novembre.

Je vous serai recouiiiossanl de viiiiluir bien in^.Crer culte lellr'

Cepftndiin t, la légende fiait sur [e point Je sabir fiuelqiios

'Eteinte.s. J'ai i-a entre têts mains de^ noies manuscriles de

Tninp sur Pasiial, dnlanl de sa secoode aunfe d'Ecole nor-

iii.-il<' Il y relrace briÈTcment la biographie psyc ho logique

'Ji' I iiifiir Jes l'emtes. Arrivé à l'année 1854, les §eiils évé-

iii'iiii'iiLs donl il lieune compli- pour expliquer sa i:onver-

■"i^n, ce sont les dsites à sastpnr, el le sermon de Singtin.

l'.Tl mai'ge, il jelle en passant celle indication dédaigneuse :

■.-.^venUrc du carrosse. Elle eut douteuse. ■> Vers \em^tne temps,

d)!)? Maynard, dans deux volumes excellents et trop |ieu

(«inns, ou du moins trop paiement cités, {liscule avec beau-

':ip de sens les diverses lémoignages, et s'il tourne un pen

gHiirl, du moins il réduit à Fuit peu de cbose l'influence

tercéeanr l'ilme de son auteur par le prétendu accident.

«■Quoi qu'il on soit, conclut-il excellemment, de lima les

^àitâ quti nous venons de discuter, l'accident de Neuilly, la

m, raiilnie, ne furent cerlninemeHl pas la cause de la

Koonde conversion de Pascal, cl n'eurent aucune action

se,= idées et sur sa vie. " Enfin, quelques aoQi^es.

'plus tard, un prorpsseur de province, M. Kclègue, dans une

ËUnk- svr la deniiirc conversion de PaHCal, qui ne semlile pas

avoir fait beaucouj) de bruit, allait plus loin encore : il niait

la réalité iiiAme du fait. « En remontant aux véritables

sources, disait-il, cet accident, cette aventure n'iipparaJt on

aucune uiBoiÈre. .. Et je n'aurais, sans doute, pas sonct'A

revenir sur la question si, d'une pari, l'argumentation de

LU. Délègue et celle de l'abbé Maynard m'avaient paru aussi

Wiiciaivvs et aussi serrées qu'ell<!3 auraient pu l'être, et al,

I d'sotrc part, ib avaient tous doux réussi ù. tuer la légende.

Mais le fait est qu'ils n'y avaient point réussi ; et Jusqu'à

en» derûi&rsK années, on la voyait refleurir, sans compter

nombre d'ai'ticles Ji- revues on de |iinrnaux, dans presque

tons nos mniiuuls ou Hùtoirm de la UttératUTc française, dans

presque toutes les éditions des Pensées. Ernest Havet,

•liin« la Qui

,AjH*i

M. Fa^uct, M. Doumic, M. Lanson, M. Michaut, M. Brunsl'hvicg, tous parlent, plus ou moins longuement, avec plus ou moins iPinsistance, de Tarcident du pont de Neuilly. Et il est vrai, à mesure qu'on y regarde de plus près, on en parait moins sûr, on s'accorde en tout cas à restreindre de plus en plus la part d'action que la fameuse aventure aurait eue sur TAme do Pascal. « Un accident de voiture, écrivait, il y a dix ans, dans sa remarquable Histoire de la littérature franraisCt M. Lanson, un accident de voiture ^ où il fut aauvé par miracle, auprès du pont de Neuilly, très certainement aussi révolution naturelle de ses idées, et enfin Tinsoluble mystère — psychologique ou théologique — de la grâce ameniTenl la crise définitive. » Et quatre ans plus tard, dans un intéressant article de la Grande Encyclopédie sur Pascal, le mt^me M. Lanson écrivait : « Pascal se convertit. l.à encore, il Faut se garder de la légende. L'accident du pont de Neuilly, si Vanvcdote est authentique, n'a pas l'importance (ju'on lui a quelquefois prêtée. » On voit la différence d'attitmle. Et je ne désespère pas du tout de voir quelque jour M. Lanson, dans le livre qu'il nous doit sur Pascal, se ran^MT délinitivrnicnl à l'avis de M. Biunctière qui, dans ses aitich'S, son Maaiirl, et, je crois, ses cours aussi, a toujours j)assé ranecdole S(»us silence, ou (MK^a'e de M. Houtroux (jui, l'^'ccninienl, dans un vnjuine consacré lout entier à l'auteur des Pensées, plus hardi (|ue la plujKirt des Iiistoriens de Pascal, — J'en jîuis j)arler. J'ai été l'un d'eux, — a raconté la conversion du L'iand érrivain sans dire un seul mol du 1 •''!:<' ïida ire accident du i)onl de Neuilly.

Page 1