Bibliothèque nationale, invent. D
ce grand homme dont l'enfanco fut un prodige dans Tordre moral, renaissait aujourd'hui, il gémirait sans doute, Monseigneur, en observant les progrès affligeants que Tincrédulité a faits dans sa patrie depuis son temps Jusqu'au nôtre. » Mais il se consolerait <( en voyant le règne de la vertu commencé avec celui de Louis XVI. »
Et dans V Avérât Issement :
« La collection des Moralistes modernes serait incomplète, si l'on ne voyait point Pascal au nombre de ceux-ci... L'idée de rassembler sous une forme agréable et portative ce que les sages de tous les temps et de toutes les nations ont écrit de plus précieux sur les principes de la morale » est très heureuse ; et c'est pour collaborer à cette entreprise que l'abbé Ducreux publie son ouvrage. Il s'est efforcé d'extraire ce qu'il y a de plus exquis, de plus saillant, et de plus approfondi dans les Pemées... et de les rédiger clans un meilleur ordre. Nous croyons, ajoute-t-il, que cet ordre est, celui oit il les aurait mises lui-même, s'il les eut destinées au public... Nous avons comparé les éditions les plus exactes avec quelques manuscrits qui se sont conservés. » Il en a tiré quelques variantes, et il espère donner au public un texte plus pur.
Un peu plus loin, dans V Introduction, il s'exprime ainsi :
« Cet ordre que Pascal avait certainement dans l'esprit, et qu'il ne perdait pas de vue en jetant ses pensées sur le papier qui lui tombait sous la main; cet ordre très réel, quoique peu marqué, nous avons tâché de le rétablir, en tenant toujours nos regards fixés sur son plan, et attentifs à suivre la chaîne deses idées principales. Par là nous croyons y avoir mis une gradation, une méthode, un système suivi, et une sorte d'ensemble qui n'avait pas été senti jusqu'à présent. »
J'ai peur, à dire vrai, que non coulent de supprimer quelques pensées embarrassantes, il n'en ait aussi corrigé
quelques autres, car il parle « des impropriétés dans les termes qui donnent à certaines propositions une apparence de fausseté, que nous avons rétablies, dit-il, d'après le sens naturel et direct de l'auteur. » Et il estime que les Pensées « ainsi rendues plus fortes, plus lumineuses, deviendront plus utiles, »
On le voit, ce n'est pas du tout la simple curiosité érudite ou critique, mais bien une discrète intention apologétique qui a dicté cette publication des Pensées, et cet essai de restitution du plan présumé de Pascal.
Voici la succession des chapitres dans cette édition : on verra qu'elle est assez différente de celle que l'on trouve dans l'édition de Port-Royal.