‹ Pascal, La Rochefoucauld, BossuetChapitre 19 sur 106 · Pascal^ édition Havet, t. I, p · texte numérisé non relu

Pascal^ édition Havet, t. I, p

naturelle, et ineffaçable sans la Grâce. Rien ne lui montre la vérité ; tout l'abuse.

» Ces deux principes de vérité, la raison et les sens, outre qu'ils manquent chacun de sincérité, s'abusent réciproquement l'un l'autre : les sens abusent la raison par de fausses apparences ; et celte même piperie * qu'ils apportent à la raison, ils la reçoivent d'elle à leur tour 2 : elle s'en revanche * . Les passions de l'âme troublent les sens, et leur font des impressions fausses. Us mentent et se trompent à l'envi *. »

Même quand Pascal se sert, comme ici, des expressions de Montaigne, son scepticisme est bien plus décidé, plus absolu. Tandis que l'auteur des Essais se plaît et se joue dans son doute, se balance dans son incertitude jusqu'à y sommeiller, et dit avec un sentiment épicurien : a Oh ! que c'est un doulx et mol chevet (oreiller), et sain, que l'ignorance et incuriosité, à reposer une tête bien faite! '» Pascal avec une gravité, on ne sait s'il faut dire triste ou triomphante, écrit ceci : a La nature confond les pyrrhonîens, et la raison confond les dogmatiques. Que deviendrez-vous donc, ô homme, qui cherchez quelle est votre véritable condition

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