Mazarin
*i. Dominus mortifleat et virificat, deducit ad inferos et re~ ducit. 11 reg., c. 2, y, 6.
3. Commovisti terrain et conturbasti eam : s an a contritiones ejus, quia commota est. psal., 59, v. 4.
tous ies partis; tant elle était pénétrante! tant elle s'attirait de confiance ! tant il lui était naturel de gagner les cœurs! Elle déclarait aux chefs des partis jusqu'où elle pouvait s'engager, et on la croyait incapable ni de tromper ni d'être trompée ; mais son caractère particulier était de concilier les intérêts opposés, et, en s'élevant au-dessus, de trouver le secret endroit et comme le nœud par où on les peut réunir. »
J'abrège à regret ces pages d'un style si charmant, si léger à la fois et si ferme, où la figure de l'héroïne se trouve si habilement idéalisée. — Que ne promit-on pas à la princesse, tant qu'on eut besoin d'elle? « mais quel fruit lui en revint-il, sinon de connaître par expérience le faible des grands politiques, leurs volontés changeantes, ou leurs paroles trompeuses, la diverse face des temps, les amusements des promesses, l'illusion des amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts, et la profonde obscurité du cœur de l'homme, qui ne sait jamais ce qu'il voudra, qui souvent ne sait pas bien ce qu'il veut, et qui n'est pas moins caché ni moins trompeur à lui-même qu'aux autres? »
ici, Bossuet est aussi profond moraliste que La Rochefoucauld, mais avec quelle ampleur» quel souffle, et quelle envergure!
Tant de mécomptes politiques donnèrent à la
Princesse une incrédulité en toutes choses, qui avait fini par s'étendre jusqu'à la Religion ellemême, lorsqu'un songe vint préparer d'une manière étrange sa conversion, qui fut ensuite achevée par une vision non moins singulière. Ici, il faut absolument laisser parler l'orateur, d'après la Princesse elle-même : c Voici, dit-il, quelle fut la première touche. Prêtez l'oreille, messieurs, elle a quelque chose de miraculeux. Ce fut un songe admirable, de ceux que Dieu même fait venir du Ciel parle ministère des Anges; dont les images sont si nettes et si démêlées, où l'on voit je ne sais quoi de céleste. Elle crut (c'est elle-même qui le raconte au saint abbé 1 ; écoutez et prenez garde surtout de n'écouter pas avec mépris Tordre des avertissements divins, et la conduite de la Grâce) ; elle crut, dis-je, que, marchant seule dans une forêt, elle y avait rencontré un aveugle dans une petite loge. Elle s'approche pour lui demander s'il était aveugle de naissance, ou s'jl Tétait devenu par quelque accident. Il répondit qu'il était aveugle-né. — « Vous » ne savez donc pas, reprit-elle, ce que c'est que » la lumière, qui est si belle et si agréable, et le » soleil qui a tant d'éclat et de beauté ? — Je n'ai, » dit-il, jamais joui de ce bel objet, et je ne m'en » puis former une idée. Je ne laisse pas de croire, » coutinua-t-il, qu'il est d'une beauté ravissante, «