CONCLUSION
le cœur humain peut se dilater librement dans la joie et dans la chaleur, pour arriver aux espaces où la lumière n'est plus qu'un froid rayon qui glisse sans échauffer, où, tout près, l'obscurité glaciale commence ; il se baigne à plaisir dans un air que ne peut plus res> pirer la poitrine humaine ; il trouve son contentement là où nous n'éprouvons plus qu'angoisse, semblable au condor dont Leconte de Lisle a chanté l'essor du haut d'un pic ; la nuit a déjà couvert la mer et l'horizon :
Du continent muet elle s'est emparée :
Des sables aux coteaux, des gorges aux versants,
De cime en cime, elle enfle, en tourbillons croissants,
Le lourd débordement de sa haute marée.
Lui, comme un spectre, seul, au front du pic altier,
Baigné d'une lueur qui saigne sur la neige,
Il attend cette mer sinistre qui Tassiège :
Elle arrive, déferle, et le couvre en entier.
Dans labime sans fond la Croix australe allume
Sur les côtes du ciel son phare constellé.
Il râle de plaisir, il agile sa plume.
Il érige son cou musculeux et pelé.
Il s'élève en fouettant Tâpre neige des Andes,
Dans un cri rauque il monte où n'atteintpas le vent,
Et loin du globe noir, loin de l'astre vivant.
Il dort dans l'air glacé, les ailes toutes grandes 1