CONCLUSION
On voudrait pouvoir résumer dans une formule finale tout Pascal : l'entreprise est impossible. Il y a trop de choses en lui pour qu'une représentation nette, tranchée, de ce génie touffu et tourmenté ne perde pas en vérité ce qu'elle gagnerait en précision. Il y faudrait une image, comme cet aigle que la critique littéraire plaçait autrefois aux côtés de Bossuet, ce cygne aux pieds de Fénelon ; ou encore il faudrait trouver un symbole comme ceux que la statuaire dressait auprès des Evangélisles. Si La Bruyère a pu appeler Bossuet le dernier des Pères de l'Eglise, nous permettra-t-on de dire (uniquement pour caractériser l'originalité de son génie, et sans plus parler de la valeur essentielle de son système) que Pascal a été le dernier des evangélisles ? Quelle forme symbolique placerons-nous auprès de lui? Il en faudrait une étrange, un peu effrayante. Ce haut et puissant esprit s'est élevé plus haut que nul homme ne l'avait fait jusqu'à lui : au delà des rumçurs mondaines, au delà aussi de la tendresse humaine, il plane, dans le silence de ces espaces infinis qui l'effraie d^abord, qui l'attire ensuite : il a le vertige de cet infini ; plus il s'éloigne de l'homme, plus il croit se rapprocher de Dieu ; il quitte les régions où