‹ PascalChapitre 3 sur 17 · JEAN BALDE · texte numérisé non relu

JEAN BALDE

« La nature, dit SuUy-Prudhomme, semble avoir allumé dans le multiple génie de Pascal autant de flambeaux qu'elle a de provinces mystérieuses, depuis l'espace infini où gravite la matière jusqu'aux abîmes de la conscience humaine. » C'est pour cela que dans le mois qui vient de s'écouler, la France, justement fière de son illustre enfant, a célébré le troisième centenaire de sa naissance par la voix également autorisée des savants, des philosophes et des littérateurs. Les uns ont dit la magnifique valeur de son œuvre scientifique, les autres ont essayé de sonder l'abîme de sa pensée, les derniers ont admiré l'impeccable beauté de son style. L'Église enfin a honoré en lui ce qu'il fut avant tout : un noble, un grand chrétien.

Pour nous, que nos traditions et nos études rattachent à ce Port-Royal dont il est inséparable, c'est là que nous voulons l'étudier un instant, dans ce cercle qu'il fit le sien et où il enferma avec bonheur une vie que la science ni le monde n'avaient pu remplir. « J'ai une tendresse de cœur pour ceux à qui Dieu m'a uni plus étroitement », écrira-t-il un jour, pensant certes à ses deux incomparables sœurs ; mais encore aux amis, incomparables aussi, près desquels il avait trouvé ; dans une renonciation totale et douce, ce que lui-même a défini au cours de sa nuit d'extase : certitude, certitude, sentiment, joie, paix.

D'autres ont dit avant nous comment Pascal se lia avec Port-Royal. Les admirables chapitres de Sainte-

Beuve notamment sont dans toutes les mémoires. Mais ce sujet, comme bien d'autres, le grand critique ne l'a pas épuisé, et l'on peut encore après lui, dans le vallon des Champs où sur les ruines du monastère s'élève, à quelques pas de celui de Racine, le buste de Pascal, évoquer son grand souvenir qui semble toujours présent :

Ses pas qu'on n'entend plus sont restés imprimés.

Pascal avait vingt-quatre ans, quand à Paris, en 1647, il fit une connaissance directe avec ce qu'on appelait : le Port-Royal. De l'esprit qui y régnait, il avait déjà reçu le choc un an plus tôt, en Normandie, lorsque à l'instigation de deux gentilshommes du pays, MM. des Landes et de la Bouteillerie, il s'était mis, ainsi que toute sa famille, sous la conduite de M. Guillebert, curé de Rouville, ami naguère et disciple de l'abbé de Saint-Cyran. Ce fut même alors un ouvrage peu connu de Jansénius : la Réformation de l'homme intérieur, traduit par Arnauld d'Andilly et prêté par Guillebert à son pénitent, qui fit sur celui-ci la plus vive impression.

Mais.'bien plus profonde fut celle ressentie par le jeune homme à Paris, quand il vint écouter dans l'église de Port-Royal, au faubourg Saint- Jacques, les prédications du supérieur, M. Antoine Singlin. Sa sœur Jacqueline était avec lui. Elle trouva là, la première, son chemin de Damas et offrit à Dieu dans le silence de son cœur les prémices de sa vocation religieuse. L'Esprit souffle où il veut, lisons-nous dans nos saints livres. Quel dut donc être le souffle qui anima les paroles sacerdotales dont le retentissement fut tel dans les deux âmes de Biaise et de Jacqueline Pascal !

Pour elle, l'appel fut irrésistible, et si des raisons de famille, la considération surtout de son vieux père, la retinrent dans le monde tant qu'il vécut, du moins ce fut sans y jeter de regards en arrière. Bien avant son corps, son cœur fut dans la clôture. Elle ne prit

l'habit à Port-Royal qu'en 1652 ; mais depuis cinq ans déjà, comme le lui écrivait la mère Agnès Arnauld, elle y était véritablement religieuse.

Nous connaissons peu de pages plus simplement belles que celle où Mme Périer (Gilberte Pascal) raconte le départ de sa sœur, cette sœur dont elle avait été la mère. Bien qu'elle y consentît de toute son âme, l'inquiétude où il la jetait l'empêcha de reposer toute la nuit qui le précéda, et ce fut elle qui, au matin, alla réveiller Jacqueline endormie. Celle-ci, écrit-elle, « se leva, s'habilla et s'en alla, faisant cette action, comme toutes les autres, dans une tranquillité et une égalité d'esprit inconcevables ». « Nous ne nous dîmes point adieu, ajoute-t-elle, de crainte de nous attendrir, et je me détournai de son passage lorsque je la vis prête à sortir. »

Tout l'esprit de Port-Royal est là dans sa sobre grandeur, animant au même degré celle qui part et celle qui leste. L'émotion est profonde, mais elle est contenue ; les larmes s'arrêtent au bord des yeux qui ne les laissent pas couler. Jacqueline a entendu la voix de Dieu qui l'appelle : Magister ad est, vocat te. Elle obéit. Gilberte l'a compris. Elle s'incline. Dans leurs deux cœurs la grâce en silence triomphe de la nature.

Les sœurs furent ici beaucoup plus fortes que le frère. Pascal, lui, ne s'inclina pas ; et soit que sa tendresse jalouse eût voulu garder Jacqueline dans sa propre vie, soit que l'esprit du monde qu'elle avait vaincu prît sur lui sa revanche, il eut alors vis-à-vis de sa sœur une attitude hostile qui attrista profondément la réception de celle-ci à Port-Royal : « Si vous n'avez pas la force de me suivre, au moins ne me retenez pas », lui écrivait-elle, en entrant au monastère. Il devait attendre plus de deux ans avant de la suivre ; mais les dissentiments qui survinrent alors" entre eux, et où les Mères de Port-Royal jouèrent un si noble rôle, eurent du moins pour résultat de lui faire comprendre et apprécier le caractère des religieuses dont il

devait bientôt se constituer l'immortel défenseur : « Mon frère, lisons-nous, dans sa vie écrite par Mme Périer, a toujours eu une netteté d'esprit admirable pour discerner le faux, et on peut dire que toujours et en toutes choses la vérité a été le seul objet de son esprit, puisque jamais rien n'a pu le satisfaire que sa connaissance. »

Comment donc n'aurait-il pas subi l'ascendant de la Mère Angélique Arnauld dont le désintéressement fut en cette occasion si complet, le sens chrétien si droit, si dégagé de toute humaine considération : « Voyez-vous, monsieur, lui avait-elle dit, nous avons appris de M. de Saint-Cyran à ne rien recevoir pour la maison de Dieu qui ne vienne de Dieu. Tout ce qui est fait par un autre motif que la charité n'est point un fruit de l'esprit de Dieu. » De telles paroles entraient certes dans son cœur, et comme sa prodigieuse mémoire ne lui laissait rien oublier, nous en trouverons plus tard l'écho dans certaines de ses Pensées.

Quoi qu'il en soit, il prit assidûment dès lors le chemin de Port-Royal, et dans les deux années qui suivirent, l'influence de Jacqueline fut immense. Elle-même le dit, la conquête à Dieu de ce frère tant aimé fut sa principale occupation ; et lui de son côté regarda de jour en jour comme un plus pur néant, non seulement le monde qui l'avait pensé reprendre, mais encore la science qui l'avait tant absorbé : « Quand j'ai commencé l'étude de l'homme, lisons-nous dans les Pensées, j'ai vu que les sciences abstraites ne sont pas propres à l'homme et que je m'égarais plus de ma condition en y pénétrant que les autres en l'ignorant. J'ai pardonné aux autres d'y peu savoir. »

Mais comme il devait l'écrire aussi, « on se persuade mieux pour l'ordinaire par les raisons qu'on a soimême trouvées que par celles qui sont venues dans l'esprit des autres ». A l'influence de sa sœur, à l'ardente prière des religieuses, des amis qu'il comptait déjà nombreux à Port-Royal, se joignit l'effort intime de sa magnifique

intelUgence, et tout cela aboutit à la nuit décisive du 23 novembre 1654.

Il est à remarquer que dans le Mémorial qu'il en a écrit, c'est le mot de joie qui revient avec le plus de fréquence. Nul doute qu'il en était inondé, et cela n'est pas inutHe à faire observer par ceux auxquels la religion grave de Port-Royal semble triste : « Joie, paix... Joie, joie, joie, pleurs de joie... Éternellement en joie pour un jour d'exercice sur la terre. »

Cela persista, malgré son déplorable état de santé, quand de l'avis de M. Singlin qui restait à Paris, il s'alla retirer durant quelque temps, sous la conduite de M. de Sacy, à Port-Royal des Champs : « J'ai autant de joie de vous trouver gai dans la solitude, lui écrivait Jacqueline le 19 janvier 1655, que j'avais de douleur quand je voyais que vous l'étiez dans le monde. Je ne sais néanmoins comment M. de Sacy s'accommode d'un pénitent si réjoui et qui prétend satisfaire aux vaines joies et aux divertissements du monde par des joies un peu plus raisonnables et par des jeux d'esprit plus permis. »

Les Mémoires de Fontaine nous apprennent quelles étaient ces joies plus raisonnables et ces jeux d'esprit plus permis. A Port-Royal oii, suivant le même auteur, « son briUant charmait et enlevait tout le monde », Pascal avait rencontré M. Amauld « pour lui prêter le collet en ce qui regarde les sciences » et M. de Sacy « pour lui apprendre à les mépriser ». C'est à cette époque qu'eut lieu son fameux entretien avec ce dernier touchant Épictète et Montaigne. On comprend en le Usant que Pascal à Port-Royal avait trouvé de quoi ne pas regretter le monde.

La paix y régnait encore, bien qu'elle touchât à sa fin et qu'on fût à la veille des persécutions. Mais alors, non loin de la Mère AngéUque gouvernant l'abbaye dans tout son saint éclat, il y avait aux Granges U. de Sacy qui conduisait les âmes, M. Hamon qui soignait les corps.

L'illustre Antoine Le Maître y travaillait dans le silence avec ses oncles d'Andilly et Arnauld que secondait Pierre Nicole. Lancelot y venait parfois lire ses textes grecs. Le cousin de Richelieu, l'abbé de Pontchâteau, y faisait déjà des retraites. M. de Sainte-Marthe était souvent présent, et le nouveau venu apprenait à le connaître. M. de Luzancy, M. de Pontis, M. de Saint-Gilles, M. d'Épinay, M. de la Petitière et plusieurs autres y poursuivaient les exercices d'une pénitence héroïque que contemplait ravi le jeune Nicolas Fontaine et qu'allait bientôt admirer Racine adolescent. Port-Royal en un mot était une thébaïde dans laquelle filtraient les lueurs nouvelles de l'Académie française.

Entre lui et le savant qu'il avait conquis, l'accord se fit complet, absolu, indestructible ; et bien que Pascal ne se fixât pas au désert des Champs, ce qui lui permit de dire par la suite qu'il n'était pas de Port-Royal, il n'en mit pas moins au service des solitaires tous les dons merveilleux qui reposaient en lui. Aussi fut-ce très naturellement que l'année suivante, 1656, à Port-Royal encore, Arnauld exclu de Sorbonne et persécuté se tourna vers lui pour réclamer son aide, en lui disant : « Vous qui êtes jeune, vous devriez faire quelque chose. » Ce quelque chose fut les Provinciales.

Nous n'avons pas à en parler ici. Tant qu'il y aura au monde des êtres épris de beauté, on lira et on relira cet immortel chef-d'œuvre dont la fine ironie et la sublime éloquence n'ont jamais été dépassées. L'on se demandera aussi ce qu'il faut le plus admirer, ou de celui qui sut ainsi défendre ses amis, ou de ceux qui méritèrent d'avoir un pareil défenseur.

Le miracle de la Sainte Épine, arrivé au monastère du faubourg Saint- Jacques sur la propire nièce de Pascal, le 24 mars de la même année, après l'apparition de la cinquième Lettre, scella, si on peut ainsi parler, son union avec Port-Royal. Tous deux y virent un signe d'en

haut, l'intervention manifeste de Dieu ; Us entendirent ensemble « la voix sainte et terrible qui étonne la nature et qui console l'Église ».

Pascal fut bouleversé, et du plus intime de son âme jaillit un h\Tnne d'actions de grâces : « Comme Dieu, notet-il, n'a pas rendu de famille plus heureuse, qu'il fasse aussi qu'il n'en trouve point de plus reconnaissante. » Et sans doute dès lors, tout en continuant d'écrire au Provincial, constraisit-il en son esprit le plan de l'apologie qu'il rêvait et qu'il exposa vers le même temps à ses amis de Port-Royal.

Les Petites Lettres cessèrent brusquement de paraître, on le sait, au printemps de 1657. La dernière, chose à remarquer, porte la date du 24 mars, c'est-à-dire le jour anniversaire du miracle. On a longuement discuté sur cette retraite prématurée de l'écrivain qui se savait applaudi par la France entière, et l'on a même supposé qu'im scrupule pouvait avoir déterminé Pascal à ne plus contrister les Jésuites. H}^othèse invTaisemblable qui dément l'affirmation qu'il fit peu avant sa mort : « Bien loin de me repentir d'avoir fait les Provinciales, si j'avais à les faire présentement, je les ferais encore plus fortes. » Il avait au contraire obéi en les écrivant à un devoir de conscience, « se croyant obHgé d'avertir tout le monde de n'aller pas puiser de l'eau à une fontaine empoisonnée ».

Bien plus plausible est la supposition que Pascal, sentant défailhr les forces qui l'avaient soutenu durant sa lutte, voulait employer les dernières à un ouvrage dont l'utiUté lui semblait plus grande que celle d'une œuvre de polémique. Ce sanctuaire de Port-Royal où il avait si ardenunent prié, il voulait en faire conune le centre d'une immense et magnifique égUse où, aux pieds du Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants, il rassemblerait tous les hormnes.

On sait ce qu'il en advint, et comment la maladie, puis

la mort triomphèrent de sa volonté : Pendent opéra interrupta. Des débris de son rêve, Port-Royal fit les Pensées et cette collaboration suprême dit avec une suffisante éloquence ce que furent leurs relations durant ses dernières années.

Le 4 octobre 1661, dans le monastère encore tout secoué par la perte récente de la Mère Angélique, Jacqueline mourut à trente-six ans, première victime de la persécution, sa délicatesse extrême n'ayant pu supporter les affres de conscience où l'avait jetée l'exigence de la signature du formulaire. « Je parle dans l'excès d'une douleur à quoi je sens bien qu'il faudra que je succombe, avait-elle écrit quelques mois auparavant au docteur Arnauld. » Elle y succomba en effet, fidèle à ce qu'elle avait dit encore : « Si ce n'est pas à nous à défendre la Vérité, c'est à nous à mourir pour la Vérité. »

Les lettres écrites alors à Pascal et à Mme Périer par les religieuses et les solitaires montrent de quelle affection tous les deux restaient l'objet au monastère auquel les unissaient maintenant, s'ajoutant aux autres, les liens d'une commune douleur : « Dieu nous fasse la grâce d'aussi bien mourir », avait dit simplement Pascal en apprenant cette mort, le coup le plus sensible qui le pût frapper sur la terre.

Pendant les dix mois qui lui restaient à vivre, il prit une grande part, tous les mémorialistes le rapportent, à ce qu'on a appelé les guerres civiles de Port-Royal. Un érudit moderne a même voulu établir, à l'aide de textes suspects ou mal lus, qu'il y avait eu brouille complète entre Pascal et ses amis. C'est là une erreur qui a été réfutée en son temps. La vérité est qu'il y eut désaccord au sujet de la signature du formulaire, non parce que Pascal désavouait ses opinions anciennes, mais au contraire parce que, soutenu par quelques-uns des « Messieurs », il trouvait Arnauld et la plupart des autres trop modérés, trop désireux d'assurer la paix. « Son humeur

bouillante », comme disait sa sœur, n'admettait pas les tempéraments qu'acceptait l'illustre docteur.

Mais jamais, les mêmes témoins l'affirment, la charité entre eux ne fut altérée, jamais l'amitié ne fut refroidie ; et tant qu'il resta dans son domicile de la Porte Saint-Michel, Pascal, sans doute, continua d'aller souvent au Port-Royal de Paris. Là, tout lui rappelait Jacqueline, et il pouvait voir M. Singlin qui y demeura jusqu'à ce que la persécution l'en fit sortir. Là aussi, il retrouvait dans les dehors de la maison d'autres amis, notamment la vieille marquise de Sablé à laquelle l'attachait une particulière affection. x\ujourd'hui encore, dans l'ancienne abbaye devenue l'hôpital de la Maternité, ce n'est pas sans émotion que l'on gra\'it l'escalier qu'il dut prendre si souvent pour aller chez la marquise, en ce logement mi-conventuel, mi-mondain où La Rochefoucauld venait discuter avec Nicole, où le frère de Louis XIV ne dédaignait pas de monter, où le jésuite Rapin put rencontrer parfois l'auteur des Provinciales : « Il vous regardait par les yeux de la foi, écrira au lendemain de sa mort la Mère Agnès Amauld à Mme de Sablé, ce qui lui donnait un zèle et un amour pour votre âme qu'il aurait voulu servir aux dépens de sa vie. Et c'est ce qui vous fait ressentir cette solitude terrible de vous voir délaissée d'un ami si fidèle qui ne laisse pas son semblable après lui. »

Quand à la fin de juin 1662, Pascal, abandonnant son logis à des indigents s'en vint demeurer chez Mme Périer rue des Fossés-Saint- Victor, il n'en sortit plus guère, terrassé par le mal qui ne lui laissait pas de relâche. Et c'est alors Port-Royal qui \dnt à lui. Amauld, Nicole, M. de Sainte-Marthe se succédèrent à son chevet d'agonisant, bravant le danger qu'ils couraient d'être arrêtés à une époque où ils étaient proscrits. M. de Sainte-Marthe l'entendit plusieurs fois en confession ; M. Wallon de Beaupuis, qui prenait soin des enfants Périer, assista à sa sainte mort, et l'on devine comment il fut pleuré en lisant les

lettres écrites après le 19 août : « Je n'y puis penser ni vous en écrire que les larmes aux yeux, mandait l'abbé de La Lane à Mme Périer. C'est peu de le regretter pour ses proches et pour ses amis, il faut le regretter pour toute l'Église. Ceux qui savent ce qu'il avait fait et ce qu'il pouvait faire et aurait fait ne peuvent s'en consoler qu'en adorant la Providence de Dieu qui l'a voulu ôter de ce monde pour sa gloire et pour récompenser la piété et les travaux de son serviteur. »

Puis, quand tout fut fini, quand on lui eut jeté un peu de terre sur la tête, ce fut à ces mêmes amis, Messieurs de Port-Royal, que Mme Périer s'adressa pour recueillir et publier les Pensées de son frère. Leur première édition s'appellera toujours l'édition de Port-Royal.

A travers les temps, ils nous arrivent donc inséparablement joints, ces deux noms de Pascal et de Port-Royal, et l'on se demande seulement si Pascal fit plus pour Port- Royal ou Port-Royal pour Pascal.

Ne le discutons pas, ou plutôt, disons mieux : sans Port-Royal nous n'aurions pas tout Pascal. Sans Pascal, il manquerait un rayon à Port-Royal. Ils se complètent harmonieusement comme la vertu par le génie, le génie par la vertu, et dans la paix sereine de l'Histoire une même admiration les réunit pour jamais.

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