Molinier, Les Pensées, etc., t. II, p
cartes cherche à échapper toute théologie, telle est la thèse dominante et toute théologique de Pascal. Mais ce n'est pas tout. Descartes, avec la pénétration supérieure de son inventif et compréhensif génie ; Descartes avait merveilleusement vu que « la force secrète qui anime les choses est Tamour, la charité, Tharmonie ». Una est in rebuts activa vis^ amorj chantas^ harmonia *. L*auteur des Principes de la Philosophie, tout pénétré qu'il soit de Tamour de Dieu, n'en était pas moins demeuré principalement, sinon uniquement, le philosophe de Tintelligence et de la volonté. C'était Leibniz, qui, en des théories parfois chimériques mais parfois sublimes, devait montrer ce qu'est dans l'univers des esprits et des corps la puissance de l'harmonie. C'est Pascal qui, sans déduction ni enchaînement de système, mais tout d'un élan, explique ce qu'est dans les choses la puissance de l'amour, c'est-à-dire le rôle du cœur. « Nous connaissons la vérité non seulement par la raison, mais encore par le cœur. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point : on le sait en mille choses '. » « La raison en effet agit avec lenteur et avec tant de vues sur tant de principes lesquels il faut qu'ils soient toujours présents, qu'à toute heure elle s'assoupit et s'égare, manque d'avoir tous les principes présents. Le