CEuvres complètes, t. X, p
Pascal; c'est entre une affirmation de Descartes et le silence de Pascal qu'il y a lieu de décider. En dernière analyse, les textes invoqués en faveur de Pascal tournent contre lui. Car ils continuent, ils aggravent, ils mettent en pleine lumière le tort qu'a eu Pascal, alors assurément qu'il devait beaucoup à Descartes, d'avoir affecté de ne faire de lui aucune mention d'au.cune sorte.
Mais quoi 1 Descartes n'aurait-il pas pu, n'aurait-il pas dû réclamer publiquement contre l'assertion réitérée de Pascal que « l'expérience était de son invention »? — « Ce n'est pas mon humeur de faire grand bruit pour peu de chose, écrivait en 1638 Descartes à Mersenne. J'avais donné mon Traité de la Musique au sieur Beecman qui, comme vous savez, en faisait parade et en écrivait comme de chose qui était sienne * . » De même, il avait sans doute suffi à Descartes de témoigner à Garcavi ce que l'oubli volontaire de Pascal avait eu pour lui de blessant. Quoi qu'il en soit, comment, à y prendre garde, comment arguer contre Descartes de son silence à l'occasion des lettres de Pascal à Perier et à Ribeyre? Manifestement, la lettre de Pascal à son beau-frère, lettre toute privée et qui ne fut imprimée qu'avec le Bécit de la grande expénence de VÉquilibre des Liqueurs, dey diit être ignorée de Descartes, qui ne con-