PRÉFACE XVII
leur pour s*être décidée, malgré tout, à signer le formulaire, Pascal lui-même défaillait de saisissement, en voyant Port-Royal, Arnauld et Nicole en tète, consentir vis-à-vis du Saint-Siège une transaction. « Je ne crains rien, s'écriait-il, je n'espère rien. Les évêques ne sont pas ainsi. Le Port-Royal craint *. » En somme, les Provincmles^ où éclatent toutes les passions de Port- Royal, son opiniâtreté superbe plus encore peutêtre que' son admirable amour de la droiture et de la pureté, les Provinciales ne constituent guère, dans la carrière de Pascal, qu'un incidenty on dirait presque, bien que littérairement heureux, un accident. Ajoutons-le : qui lit, à cette heure, les Provinciales et qui se préoccupe de savoir si elles sont ou jusqu'à quel point elles sont justifiées? Notre siècle, partagé entre le plaisir et les aflTaires, et, quelque avide qu'il se montre de liberté et de progrès, relativement à tout ce qui ne tombe pas sous les prises des sens, ironiquement sceptique, notre siècle n'a manifestement ni attention ni goût pour des
i. Les Pensées de Biaise Pascal, édit. Mûlinier, t. II, p. 108*