Préface sur le Traité du Vide
2. Cf. Apologie pour Hérodote^ avec introduction et notes, par P. Ristelhuber. Paris, 1879, 2 vol. gr. in-8, t. I, p. 53, chapitre III, Comment il nous appert qu'aucuns ont beaucoup et par trop déféré à l'antiquité, les autres au contraire Vont eue en trop grand mespris,
3. Mémoires pour servir à VHistoire de Port-Royal, par M. FonUine. Cologne, 1753, 4 vol. in-12, t. III, p. 80-
démêlait cet embrouillement à Taide du dilemme irrésistible d'une pratique inévitable.
Enfin, chrétien soumis, il attirait les âmes au mysticisme, et au-dessus des principes, déclarés chancelants, d'une raison ployable à tous sens, il leur montrait les principes invariables du cœur et par l'amour les élevait aux clartés souveraines de la rédemption.
Ainsi, en religion, Pascal n'est pas sceptique. Qui oserait soutenir le contraire?
En philosophie, de même, Pascal n'est pas sceptique, et les textes abondent qui établissent qu'il a su reconnaître la puissance de la raison.
« C'est le consentement de vous-même à vousmême et la voix constante de votre raison et non des autres, observe-t-il, qui doit vous faire croire. » Et encore : « La raison nous commande bien plus impérieusement qu'un maître. Car, en désobéissant à l'un, on est malheureux; et, en désobéissant à l'autre, on est un sot. »
Mais, en proclamant l'insuffisance, non l'impuissance de la raison, Pascal ne s'est-il pas exagéré cette insuffisance? En reproduisant les maximes des Pyrrhoniens, n'a-t-il pas donné lieu de croire, par magie de style et entraînement de méthode, qu'il exprimait ses propres pensées?
En un mot, après avoir écrit avec justesse et tout ensemble profondeur : « Deux excès, exclure la
raison, n'admettre qae la raison o, Pascal a-t-il su constamment tenir entre ces deux extrêmes une route certaine? G*est là ce que permet seul de décider Fexamen de sa philosophie, que nous aide d'ailleurs merveilleusement à comprendre la connaissance même de sa vie. Jamais en effet philosophe ne mit en plus parfait accord sa conduite et sa doctrine.
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