Baillet, La Vie de M, Descartes, 2^ partie, p
2. Œuvres complètes de Descartes f édit. V. Cousin. 1824-1826, Paris. 11 v. in-8, t. VIII, p. 214, Lettre du 1«' a'.ril 1640.
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manière de traiter cette matière qu'il jugerait la plus convenable * ».
Cette froideur de Descartes relativement à une œuvre qui avait été accueillie avec une sorte d'enthousiasme, puis le jugement qu'il portait sur cette œuvre même, n'étaient certainement pas pour en contenter les admirateurs. Aussi, Baillet constatet-il « que M. de Roberval, M. Le Pailleur et les autres amis de MM. Pascal se récrièrent contre une opinion qui n'était pas assez obligeante pour un enfant d'un si rare mérite, en quoi ils furent suivis de Messieurs de Port-Royal, qui firent donner sur
1. Des Argues, né & Lyon en 1593 et mort en 1662, avait d'abord suivi le parti des armes, et s'était lié avec Descartes au siège de La Rochelle. Il habitait tour à tour Lyon et Condrieu. — Cf. Les Pensées, etc., édit. Molinier, t. I, p. 47. « La diversité est si ample que tous les tons de voix, tous les marchers, toussers, mouchers, éternuers. On distingue des fruits les raisins, et encore Ton les appelle, et puis Condrieu, et puis Desargues, et puis cette ente. Est-ce tout? En a-t-elle jamaig produit deux grappes pareilles , et une grappe en a-t-eUe deux grains pareils? » M. Molinier, conformément sans doute à la lecture du manuscrit, et après M. Faugère, a imprimé : « et puis Cette entre. » Pour expliquer ces deux mots inintelligibles, M. Faugère ajoute : « Pascal désigne ici peut^tre Frontignan, qui est en effet tout près de Cette. » U est bien plus simple de lire avec M. Ernest Havet, Pensées de Pascal, publiées dans leur texte authentique, avec une introductionf des notes et des remarques, Paris, 1866, 2 v. in-8, 2» édition, t. II, p. 163 : « cette ente », ce qui offre un sens parfaitement clair. L'orthographe ridicule de ce passage est un exemple, entre beaucoup d'autres, qui prouve que les Pensées ont été souvent écrites sous la dictée de Pascal, quelquefois même par la plume d'un domestique presque illettré.
ce point un avis à M. Glerselier, après qu'il eut rendu public ce témoignage de M. Descartes par la première' édition de ses Lettres ' ». Et de fait, dans une seconde édition des Lettres de Descartes, Glerselier observait, en note, « que des personnes qui croyaient le bien savoir, disaient qu'il était faux que Pascal eût appris de M. Des Argues; que cela pouvait être faux, mais qu'il ne doutait point que M. Descartes ne dît vrai, car il n'était point homme à controuver des mensonges ' ». *
Suivant Baillet, néanmoins, Descaries lui-même, sans se montrer d'ailleurs beaucoup plus favorable à Biaise Pascal, Descartes serait revenu de son opinion, comme d'une erreur. « Lorsqu'en suite de quelques éclaircissements, écrit-il, M. Descartes vit qu'il était hors d'apparence de rien attribuer de cet ouvrage à son ami M. Des Argues, il aima mieux croire que M. Pascal le père en était le véritable auteur, que de se persuader qu'un enfant de cet âge fût capable d'un ouvrage de cette force ^. »
On ne saurait le déclarer assez haut. A lire le récit de Baillet, on demeure confondu. Effectivement, que le Traité de Biaise Pascal sur les coniques ait d'abord circulé seulement en manuscrit, qu'après cela il ait été tiré à très petit nombre, et que de ces