‹ Pascal, physicien et philosophe (volume 2)Chapitre 28 sur 89 · Œuvres C(mpl,, t. VI, p · texte numérisé non relu

Œuvres C(mpl,, t. VI, p

sophe beaucoup mieux que le vulgaire, en ce qu*il quitte le plus qu*il peut les erreurs de TÉcole, et tâche à examiner les matières physiques par des raisons mathématiques. En cela, je m*accorde entièrement avec lui, et je tiens qu'il n*y a pas d'autre moyen pour trouver la vérité. Mais il me semble qu'il manque beaucoup, en ce qu'il ne fait que des digressions, et ne s'arrête point à expliquer suffisamment aucunes matières, ce qui montre qu'il ne les a pas toutes examinées par ordre, et que, sans avoir considéré les premières causes de la nature, il a seulement cherché les raisons de quelques effets particuliers, et ainsi qu'il a bâti sans fondement.... Il donne deux causes de ce que les parties d'un corps continu s'entre-tiennent : l'une est la crainte du vide, l'autre certaine colle ou liaison qui les tient, ce qu'il explique encore par le vide, et je les crois toutes deux très fausses; car ce qu'il attribue à la crainte du vide, ne se doit attribuer qu'à la pesanteur de Pair. L'observation que les pompes ne tirent point l'eau à plus de dix-huit brasses de hauteur ne se doit point rapporter au vide, mais ou à la matière des pompes, ou à celle de l'eau même qui s'écoule entre la pompe et le tuyau, plutôt que de s'élever plus haut, ou même à la pesanteur de l'eau qui contrebalance celle de l'air.... Je n'attribue rien du tout au vide, ni à la crainte du vide, et toutefois je vous dirai que l'explication de toutes

les choses dont traite Galilée, est fort facile suivant mes principes*. »

16 octobre 1639, à Mer senne : « L'eau des pompes monte avec le piston qu'on tire en haut, à cause que, n'y ayant point de vide en la nature, il ne s'y peut faire aucun mouvement, qu'il n'y ait tout un cercle de corps qui se meuve en môme temps ", » ,

A ces textes il serait facile d'ajouter d'autres citations analogues, tirées encore de la correspondance de Descartes ^ Mais évidemment celles-là sont déjà

1. Œuvres compL, t. VII, p. 434 et suiv. La fin de cette remarquable lettre, dans laquelle Descartes adresse à Mersenne une critique détaillée, quoique rapide et incomplète, des Dialogues de Galilée, ne laisse pas que d'être quelque peu dédaigneuse à Tégard du continuateur de Copernic. « Touchant Galilée, conclut Descartes, je vous dirai que je ne Tai jamais vu, ni eu aucune communication avec lui^ et que par conséquent je ne saurais en avoir emprunté aucune chose ; aussi ne vois-je rien dans ses livres qui me fasse envie, ni presque rien que je voulusse avouer pour mien. » Ce langage hautain n'est-il pas aussi le langage timoré du philosophe, qui tient à se dégager de toute solidarité avec Galilée? Car déjà n'a-t-il pas suffi à Descartes pour supprimer la publication de son Traité du Monde, d'apprendre la condamnation de l'astronome florentin (1633) ?

Observons que Mersenne ne semblait guère partager les sentiments de Descartes à Tégard de Galilée. Car il publiait en 1639 la traduction d'un ouvrage de l'illustre Italien : Les nouvelles pensées de Galilée, mathématicien, etc., où par des inventions merveilleuses et des démonstrations inconnues jusqu'à présent, il est traité de la proportion des mouvements, tant naturels que violents.

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