‹ Pascal, physicien et philosophe (volume 2)Chapitre 3 sur 89 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

outré *.Car si les Petites Lettres, après avoir été traduites en latin, en italien, en espagnol, en anglais, demeurent, par leur date comme par leur mérite, un des premiers monuments de notre langue; si on les cite à bon droit comme un chef-d'œuvre de tactique, d'invective et dironie, il est permis de douter qu'elles honorent rimpartialité de Pascal, autant qu'elles ont contribué à mettre en lumière son art incomparable d'écrivain.

Vainement ne cesse-t-on de répéter à Tenvi que les Provinciales ont affranchi la conscience des liens de la Scolastique, servi la cause du libre examen, porté des coups mortels à une casuistique aussi corruptrice qu'éhontée. Vainement même, vers la fin de sa vie, Pascal se plaisait-il à se rassurer en quelque façon lui-

1. Bo88Ut, Œuvres de Biaise Pascal, La Haye, 1779, 5 vol. in-8, t. I, p. 133 et suiv., Lettres écrites à un Provincial par un de ses amis. L'imprimeur inventa le litre de Lettres au Provincial, titre que Pascal, il nous l'apprend, n'aimait pas ; puis, le public appela simplement ces Lettres les Provinciales, titre que Pascal lui-même adopta. Il faut joindre aux Provinciales toutes les pièces comprises dans le tome III de l'édition de Bossut et notamment les Facturas pour les Curés de Paris. « On croit, dit Bossut, que Nicole et Arnauld fournissaient ordinairement les matériaux de ces diflérents ouvrages, et que Pascal en dirigeait la forme et l'exécution. »

Page 1