Bossut, Œuvres de B. Pascal, t. IV, p
2. P. Faugère, Pensées de Pascal, t. I, p. 91 et suiv. Préface sur le traité du vide, « Partageons avec plus de justice notre crédulité et notre défiance, et bornons ce respect que nous avons pour les anciens. Gomme la raison le fait naître, elle -doit aussi le mesurer, etc. »
3. Bossut, Œuvres de Pascal, t. IV, p. 363. Au fond, Pascal, est donc beaucoup moins qu'il ne le prétend, dégagé de
Pascal proclame donc que tous les effets qu'on a attribués à Thorreur de la nature pour le vide, procèdent de la pesanteur et de la pression de Tair.
C'est ce qu'il professe plus explicitement encore, s'il est possible, dans ses deux traités de V Équilibre des liqueurs et de la Pesanteur de la masse de tair. Il y a plus; de ce fait enfin reconnu, que Tair est pesant, il déduit immédiatement, avec une sagacité merveilleuse, les plus utiles conséquences. C'est ainsi que la hauteui^ du mercure dans le baromètre lui semble une indication de l'état de l'atmospbère, (( sans comparaison plus certaine que le thermo* mètre, ou tout autre artifice, cette connaissance pouvant être utile aux laboureurs , aux voya-
superstition en ce qui concerne les opinions des anciens. C'est également en raison de son attachement aux opinions des anciens, et non point sans doute, comme Descartes, par une crainte pusillanime, qu'il n'admet pas explicitement le mouvement de la terre. A la vérité, dans la 48® Provinciale^ s'adressant aux Jésuites : « Ce fut en vain, observaitil, que v<ous obtîntes contre Galilée un décret de Rome, qui condamnait son opinion touchant le mouvement de la terre. Ce ne sera pas cela qui prouvera qu'elle demeure en repos, et si l'on avait des observations constantes qui prouvassent que c'est elle qui tourne, tous les hommes ensemble ne l'empêcheraient pas de tourner et ne s'empêcheraient pas de tourner aussi avec ellç. » Mais dans les Pensées^ « la terre lui parait comme un point, au prix du vaste tour que le soleil décrit ». C'est ainsi encore que sans se prononcer décidément lui-même sur la valeur du système de Copernic, il dira : « Je trouve bon qu'on n'approfondisse pas l'opinion de Copernic, mais ceci : Il importe à toute la vie de savoir si l'ûme est mortelle ou immortelle. » Voyez, sur ce point, E. Havet, P^n.?ée* de Pascal, t. II, p. 128-134 .
geurs, etc., pour connaître Tétat présent du temps et le temps qui suivra immédiatement ». De même, « comme nous voyons qu'en tous les lieux qui sont à même niveau, Tean s'élève à pareille hauteur, et qu'elle s'élève moins en ceux qui sont les plus élevés; aussi, par le contraire, si nous voyons que Teau s'élève à pareille hauteur en deux lieux différents, on peut conclure qu'ils sont à même niveau, et si elle ne s'y élève pas à même hauteur, on peut juger par cette différence combien l'un est plus élevé que l'autre : ce qui est un moyen de niveler les lieux, quelque éloignés qu'ils soient, assez exactement et bien facilement, quand même ils seraient Antipodes *. » — « Je laisse, continue Pascal avec tout le dédain d'un grand seigneur qui ne compte plus ses richesses, je laisse un grand nombre d'autres conséquences qui s'ensuivent de ces nouvelles connaissances ^. » Cependant, il le faut ajouter. C'est aussi du fait de la pesanteur de l'air que Pascal a su déduire et les principes de l'hydrostatique et rinvention de la presse hydraulique. Effectivement, écoutez-le. « Si un vaisseau, plein d'eau, clos de toutes parts, a deux ouvertures, l'une centuple de l'autre, en mettant à chacune un piston qui lui soit juste, un homme poussant le petit piston égalera la force de cent hommes qui pousseront