Cf. Œuvres de Méré, t. Il, p. 6^ 14 et suiv
2. Cf. P. Faugère, Pensées, etc., t. I, p. 339 et suiv. Discours sur la condition des Grands, 1652 et 1653. Cf. Les Pensées de Biaise Pascal, édit. Molinier, t. II, p. 152 et 153. « Un vrai ami est une chose si avantageuse, môme pour les plus grands seigneurs, afin qu'il dise du bien d'eux et qu'il les soutienne en leur absence même, qu'ils doivent tout faire pour en avoir. Mais qu'ils choisissent bien, car s'ils font tous leurs efforts pour des sots, cela leur sera inutile, quelque bien qu'ils disent d'eux, et même ils n'en diront pas de bien s'ils se trouvent les plus faibles^ car ils n'ont pas d'autorité. Et ainsi ils en médiront par compagnie. » Roannez avait bien choisi.
lettres il lui adressa, lettres saintement héroïques, d'où l'on devait extraire plus d'un passage des Pensées S mais qui ne parvinrent point à conjurer le triste sort de celle qu'attendaient, deveaue en 1667 et au sortir de Port-Royal, duchesse de La Feuiilade, les plus cruelles épreuves -domestiques ^
1. Cf. P. Faugère, Pensées^ etc., t. I, p. 35, Extraits de quelques lettres à Mademoiselle de Roannez,
2. Les langueurs d'une santé chancelante, la perte de plusieurs enfants et la douleur de voir maléûciés ceux qui lui restaient, ce furent là notamment les maux qu'eut à endurer la duchesse de La Feuillade. On a parfois attribué A Pascal des sentiments plus profanes pour MUe de Roannez. A la vérité, le Discours sur les passions de tamour n'est pas pour démentir une telle conjecture. On n'a pas manqué non plus de se prévaloir de ce qu'a écrit Fiéchier dans ses Mémoires sur les grands jours d'Auvergne en 4639 (Paris, 1856, in-8, p. 19). « Une demoiselle qui est la Sapho de ce pays, est assurément l'esprit le plus On et le plus vif qu'il y ait dans la ville. Elle était aimée par tout ce qu'il y avait de beaux esprits. Les esprits ont leurs liaisons qui font bien souvent celles des corps. M. Pascal, qui s'est depuis acquis tant de réputation, et un autre savant, étaient continuellement auprès de cette belle savante. » Cependant, d'une part, en ce qui concerne Pascal, quelle créance accorder à Fiéchier, qui lui donne pour mère (Mémoires, p. 30) « une dame Agée de quatre-vingts ans, du nom de Jeanne Enjobert », quand il est constant que Jeanne Enjobert était sa grand'taute et que sa mère, appelée Antoinette Begon, mourut très prématurément, en le laissant en bas âge? D'un autre côté, comment s'étonner que Pascal se fût, dans sa jeunesse, montré sensible aux attraits de l'esprit et de la beauté? Et alors même que Mlle de Roannez eût, en outre, gagné son cœur par le prestige de la naissance, comment méconnaître que ce furent surtout des sentiments d'une haute et presque violente piété que Pascal s'appliqua à faire naître et à entretenir dans cette âme d'élite?
a M. le duc de Roannez, écrivait Marguerite Perier, fit connaissance (je ne sais pas bien à quel âgé) avec M. Pascal, qui était son voisin; il goûta fort son esprit et le mena même une ou deux fois en Poitou avec lui^ ne pouvant se passer de le voir ^. » En 1660, consumé par la maladie qui peu après devait l'emporter, Pascal projetait en Poitou et chez le duc de Roannez, un dernier séjour *.
Ce fut pendant un de ses voyages en Poitou, que Pascal dut se rencontrer avec Méré. Ce n*est même pas là une simple hypothèse : c'est un fait avéré et que Méré lui-même a consigné d'une façon bizarre dans un passage de son Discours de VEsprit^ ^u'&9 le premier, ce semble, signalé M. François Collet ^, Voici effectivement en quels termes s'exprime Méré :
1. Cf. P. Faugère, Pensées, etc., 1. 1, p. 381 et suiv. Extrait de la notice de Marguerite Perier sur Monsieur et Mademoiselle de Roannez. Tel fut l'ascendaut qu'exerçait Pascal sur le duc de Roannez, qu'on s'en prit à lui du refus que ût le duc, au grand déplaisir de sa Yamille, d'épouser Mlle de Menus. « M. Pascal demeurait alors chez M. de Roannez, écrit Marguerite Perier; il lui avait donné une chambre, où il allait de temps en temps, quoiqu'il eût une maison dans Paris... La résolution du duc se répandit à l'hôtel de Roannez, où M. Pascal était encore ; en sorte que la concierge de la maison alla un matin, sur les huit heures, avec un poignard pour le tuer ; heureusement elle ne le trouva point, il était sorti ce jour-là, contre son ordinaire, de grand matin. II fut averti de cette aventure et n'y retourna plus. »