Essais, liv. II, ch. xu
en queste^ sont ceux qu'on appelle honnestes et habiles hommes : l'image de eeulx ici me desgouste des autres *. » Malgré tout, Méré est un des écrivains qui ont le plus fait pour accréditer ce mot d'honnête homme, si fort en vogue au xvn® siècle, et pour le définir. Car ce qui constitue l'honnête homme se distingue essentiellement de l'honnêteté, qui est le propre de l'homme de bien. « On pourrait être fort homme de bien, observe Méré, et fort malhonnête homme. Il ne faut qu'être juste pour être hçmme de bien, et pour être honnête homme, il se faut connaître à toutes sortes de bienséances et les savoir pratiquer '. » Cette connaissance supérieure du décorum et cette pratique savante de toutes sortes de bienséances, voilà donc ce qui rend Miton si recommandable aux yeux de Méré. Ce n'est pourtant pas qu'à son sens, Miton se maintienne toujours à la même hauteur et reste constamment, en toutes choses, un parfait modèle. C'est ainsi que parfois il lui reproche « de n'avoir dans l'esprit que le monde, et de n'écouter de bon cœur que ce qu'on lui dit de la Cour ou de l'armée '. » « Vous me plaignez, remarque-t-il, sitôt que je m'éloigne de Paris, et vous pensez que partout ailleurs les honnêtes gens sont à faire pitié. Mais je vous avoue aussi que je