Œuvres de Méréj t. II, p
3. Cf. Faugère, Pensées, fragments et lettres de B, Pascal, 1. 1, p. 239. Écrit trouvé dans Vhabit de Pascal après sa mort. — « Feu. — Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix, etc. » Ce n'est que Tabrégé de ces autres paroles de Pascal : n Les Pensées, etc., édit. Molinier, t. I, p. 140. Le Dieu des Chrétiens ne consiste pas en un Dieu simplement auteur des vérités géométriques et de l'ordre des éléments, c'est la part des Païens et des Épicuriens. Il ne consiste pas seulement en un Dieu qui exerce sa providence sur la vie et sur les biens des hommes, pour donner une heureuse suite d'années à ceux qui Tadorent, c'est la portion des Juifs. Mais le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob, le Dieu des Chrétiens, est un Dieu d'amour et de consolation, c'est un Dieu qui remplit l'âme et le cœur de ceux qu'il possède, c'est un Dieu qui leur fait sentir intérieurement leur misère et sa miséricorde infinie, qui s'unit au fonds de
décisive : « Il n*y a que la religion chrétienoLiie qui rende Thomme aimable et heureux tout ensemble. Dans l'honnêteté, on ne peut être aimable et heureux ensemble ^ »
En résumé donc, il est permis de Taffirmer. Méré, qui, tout en suggérant à Pascal sa méthode des partis, avait contribué à le déprendre des mathématiques; Méré, qui, d*un autre côté, passe pour avoir conseillé Pascal dans la composition des Provinciales^ et qui, en dépit de sa médiocrité native et de ses affectations extravagantes, a certainement inspiré plus d'un fragment de la publication suprême que méditait Pascal; Méré, en admettant Pascal dans sa familiarité, a aussi, jusqu'à un certain point, préparé, sans le savoir, l'ouvrage immortel des Pensées,
leur dme, qui la remplit d'humilité, de joie, de confiance, d'amour, qui les rend incapables d'autre fin que de luimême. »