‹ Pascal, physicien et philosopheChapitre 27 sur 49 · Faugère, Pensées, etc., t. I, p · texte numérisé non relu

Faugère, Pensées, etc., t. I, p

Ce n'est pas qu'il faille assimiler de tous points l'agréable et piquant discoureur des Fssaisi, l'écrivain que Pascal lui-même appelle « l'incomparable auteur de VA7H de conférer * », au dialecticien érudit du Traité philosophique de la Faiblesse de Vesprit humain -. Celui-ci appartient réellement, et au premier rang, à la classe des fidéistes, qui, pour rehausser la valeur et l'importance de la foi, nient ou rabaissent, outre mesure, la raison humaine. Comme si la foi, loin d'exclure la raison, n'avait point pour principe la raison! Huet est un des tenants et promoteurs de ce scepticisme que, d'un mot bizarre mais significatif, on dénommerait bien Pyrrhonismus pontificius ^. En un mot il parle en controversiste et en évêque, et s'il rédige son Traité philosophique de la Faiblesse de l'esprit humain, c'est pour aboutir à la Démonstration évangélique \ Montaigne, au contraire, ne prend charge et n'a souci que de lui-même; il met à se raconter, pour se faire priser, une désinvolture calculée à la fois et cavalière, et c'est en s'analysant complaisamment et se laissant facilement vivre, qu'il se divertit à noter, à travers mille digressions et avec tous les tons variés de son humeur gasconne, que

1. Faiigère, Pensées, etc., t. I, p. 167. Cf. Essais, liv. III, ch. VIII, De l'art de conférer.

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