‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 17 sur 102 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

Qu'on pèse ces paroles! Quiconque, après les avoir méditées , n'entre point dans les sentiments dont Pascal était pénétré, n'entendra jamais ce qu'a été Pascal; car dans ces paroles Pascal est tout entier. Ah! certes, il n'y a rien là qui, même de loin, se rapproche de rhomme artificiel qu'imaginera Buffon, de l'homme « qui, au moment de la création, s'éveille tout neuf pour lui-même et pour tout ce qui l'environne, se faisant à lui-même l'histoire de ses premiers mouvements, de ses premières sensations, de ses premiers jugements *. » Pascal n'est pas un pur spéculatif qui se joue en d'ingénieuses et allégoriques fictions ou qui s'évertue en des recherches savantes. C'est réellement une créature humaine, consternée ou plutôt toute frémissante des mystères de sa condition. C'est un croyant qui se tourne avec amour, après l'avoir découvert, vers le Christ, dont il fait sans doute un Christ aux bras étroits, mais qui enfin à ses regards consolés apparaît comme un Christ

1. Œuvres complètes, Paris, 1836, 9 v. in-8, t. IV, p. 164, De l'homme, des sens en général.

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