‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 2 sur 102 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

outré '.Car si les Petites Lettres, après avoir été traduites en latin, en italien, en espagnol, en anglais, demeurent, par leur date comme par leur mérite, un des premiers monuments de notre langue; si on les cite à bon droit comme un chef-d'œuvre de tactique, d'invective et d'ironie, il est permis de douter qu'elles honorent l'impartialité de Pascal, autant qu'elles ont contribué à mettre en lumière son art incomparable d'écrivain.

Vainement ne cesse-t-on de répéter à l'envi que les Provinciales ont affranchi la conscience des liens de la Scolastique, servi la cause du libre examen, porté des coups mortels à une casuistique aussi corruptrice qu'éhontée. Vainement même, vers la fin de sa vie, Pascal se plaisait-il à se rassurer en quelque façon lui-

1. Bossut, Œurrcs de Biaise Pascal, La Hayo, 1719, îi vol. in-8, l. I, p. 133 et suiv., Lettres écrites à un Provincial par un de ses amis. L'imprimeur inventa le titre de Lettres au Provincial, titre que Pascal, il nous l'apprend, n'aimait pas: puis, le public appela simplement ces Lettres les Provinciales, litre que Pascal lui-même adopta. 11 faut joindre aux Provinciales toutes les pièces comprises dans le tome III de l'édition de Bossut et notamment les Factunis pour les Curés de Paris. « On croit, dit Bossut, (|ue Nicole et Arnaukl fournissaient ordinairement les matériaux de ces dilTcrents ouvrages, rt que Pascal en dirigeait la forme et l'exécution. »

PRÉFACli VII

même par de hautaines déclarations. « On me demande, disait-il, si je ne me repens pas d'avoir fait les Provinciales. Je réponds que, bien loin de m'en repentir, si j'avais à les faire présentement, je les ferais encore plus fortes.... On me demande si j"ai lu moi-même tous les livres que je cite. Je réponds que non ; certainement il aurait fallu que j'eusse passé ma vie à lire de très mauvais livres. Mais j'ai lu Escobar deux fois tout entier, et, pour les autres, je les ai fait lire par de mes amis; mais je n'en ai pas employé un seul passage sans l'avoir lu moi-même dans le livre cité^ et sans avoir examiné la matière sur laquelle il est avancé et sans avoir lu ce qui précède et ce qui suit, pour ne point hasarder de citer une objection pour une réponse; ce qui aurait été reprochable et injuste '. » De notre côté, soyons net. Escobar et. Tartufe! Depuis Molière et Pascal, tant que parlera l'imagination des hom.mes, Escobar et Tartufe, types immortels, exécrés et exécrables de

I. Prosper Faugère, Pensées, fragments et lettres de Biaise Pascal, publiés pour la première fois conformément aux manuscrits originau.r, entièrement inédits. Paris, 18'ii, 2 vol. ia-8, t. I, p. 367.

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