‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 23 sur 102 · Cf. Bossut, Œuvres de B. Pascal, t. III, p. W9 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Bossut, Œuvres de B. Pascal, t. III, p. W9 et suiv

sance, ce fait, qu'il regardait comme providentiel et presque comme personnel, lui suggéra diverses réflexions sur les miracles.

D'un autre côté, Pascal avait vécu, durant plusieurs années, dans le commerce ou le voisinage de ces libres penseurs, élégants, spirituels, incrédules, qu'on désignait au xyii"^ siècle sous le nom de libertins, Miton par exemple, Des Barreaux, le Chevalier de Méré. Il savait que leur athéisme occulte était, de son temps, le fond de bien des âmes. En outre, on venait le consulter , lui soumettre des doutes. Ces différentes circonstances le décidèrent à entreprendre de réfuter les athées.

Puis, en définitive, les réflexions sur les miracles, le projet d'une réfutation des athées se ramenèrent dans son esprit au dessein unique d'une Apologie de la religion. Et c'est à quoi, parmi d'incessantes souflrances, il employa ses derniers jours.

De là ces Pensées écrites en caractères presque illisibles et comme au hasard; raturées et barrées, jetées sans suite et d'une main défaillante ou consignées par un secrétaire quelquefois même inhabile sur des morceaux de papier informes; réunies plus tard d'une manière arbitraire, mutilées ou

Réponse à un Écrit publié sur le sujet des Miracles qu'il a plu à Dieu de faire à Port-Hoyal depuis quelque temps, par une Saillie-Épine de la Couronne de Notre-Seif^wur. A Paris,

corrigées suivant les besoins d'une cause, le scrupule ou le caprice ; objet de scandale pour les uns, pour les autres, d'accusation ; matériaux d'un gigantesque édifice, mais que l'architecte n'a pas eu le temps de disposer; ou bien encore, semblables aux pierres du Colisée, qu'on a fait servir à toute espèce de constructions.

« C'est un méchant signe pour ceux qui ne goûteront pas ce livre », observait Mme de La Fayette en parlant des Pensées .

Et Nicole qui ose bien quelque part appeler Pascal « un ramasseur de coquilles », Nicole relevant ces paroles, écrivait au marquis de Sévigné : « Pour vous dire la vérité, j'ai eu quelque chose jusqu'ici de ce méchant signe. J'y ai bien trouvé un assez grand nombre de pierres taillées et capables d'orner un grand bâtiment; mais le reste m'a paru des matériaux confus , sans que je \àsse assez ce qu'on en voulait faire. »

Effectivement, on se démêlerait mal dans cette confusion et on ignorerait quel était au juste le plan auquel se rapportait la publication posthume, intitulée Pensées de Monsieur Pascal sur la religion et sur quelques autres sujets (1670) *, si, vers 1657, « en présence et à la prière de plusieurs personnes très considérables de ses amis, Pascal n'avait luimême représenté ce qui devait faire la nature et le

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