‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 22 sur 102 · SA \IE · texte numérisé non relu

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sombre désespoir, l'extatique vertige, la dévotion convulsive et ridicule? Où est ce doute que Pascal aurait contenu en lui-même par une foi forcenée, « comme un lion en cage »?

« Cent volumes de sermons, écrivait Bayle, ne valent pas une vie telle que celle de Pascal, et sont beaucoup moins capables de désarmer les impies. Ils ne peuvent plus nous dire qu'il n y a que les petits esprits qui aient de la piété; car on leur en fait voir de la mieux poussée dans l'un des plus grands géomètres, des plus subtils métaphysiciens et des plus pénétrants esprits qui aient jamais été au monde. La piété d'un tel philosophe devrait faire dire aux indévots et aux libertins ce que dit un jour un certain Dioclès , en voyant Épicure dans un temple : Quelle fête, s'écria-t-il , quel spectacle pour moi de voir Épicure dans un temple! Tous mes soupçons s'évanouissent; la piété reprend sa place, et je ne vis jamais mieux la grandeur de Jupiter que depuis que je vois Épicure à genoux.

transactos féliciter et religiose in pace Christi vita functus anno 1662 ^tatis 39 die 19 Augusti. Optasset ille qiudem prx paupertatis et humilitatis studio etiam his sepulcn honoribus carere. mortuusque etiam num latere qui vivus semper latere voluerat. Verum ejus in hac parte votis cum cedere non posset Florinus Perier in eadem prssidiormm curia consiliarius Gilbertœ Pascal Blasii Pascal sororis conjux amanttssimus hanc tabulam posuit qua et suam in eum pietatem significaret et chrislianos ad christianarum precum officia sibi ac defuncto profutura cohortaretur.

— On fait bien de publier l'exemple d'une si grande vertu pour empêcher la prescription de l'esprit du monde contre l'esprit de l'Évangile ^ »

Non plus que les événements qui remplirent sa vie, les ouvrages de Pascal ne prouvent pas davantage qu'il ait été un sceptique, un fanatique, un superstitieux -.

Pour ne citer que ses principaux écrits, il faut d'abord mentionner toute une série de morceaux détachés : les Pensées sur la mort; la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies; V Écrit sur la conversion du pécheur ; la Préface sur le traité du Vide; un Fragment sur V esprit géométrique; \xn Fragment sur Vart de persuader; des Pensées diverses sur des sujets de littérature et de morale; trois Discours sur la condition des Grands; Y Entretien avec M. de Saci sur Epictète et Montaigne; le Mijstère de Jésus, un Abrégé de la Vie de Jésus-Christ; et enfin le Discours sur les passions de Vamour, qui, publié d'une manière inattendue ', a révélé chez Pascal des parties qu'on n'y soupçonnait pas.

Viennent ensuite les dix-huit Provinciales, qui

1. Nouvelles de la République des Lettres, tlccomhro 1684. Joignez-y l'article I'ascai, du Dictionnaire.

2. Cf. Etudes sur Pascal, par M. l'abbé Flottes, Paris, 1846, in-8; et M. l'abbé Maynard. Pascal, sa vie et son caractère, ses écrits et son génie, Paris, IS.'JO, 2 vol. in-8.

3. Des Pensées de Pascal, par M. Victor Cousin, 3" édit., p. 383 el? suiv.

parurent dans le courant des années 1636-1657 et auxquelles Pascal apporta une si grande application de style que telle Provinciale aurait été par lui refaite jusqu'à treize fois *. Ce n'est pas ici le lieu d'apprécier ces lettres, d'ailleurs depuis longtemps moins lues que célébrées, chef-d'œuvre d'ironie et d'invective, de polémique triomphante et d'éloquente indignation, où tous les tons se mêlent sans se confondre, tragédies pathétiques ou comédies inimitables, argumentation toute de flamme, qui, malgré ses emportements, ses excès, ses regrettables habiletés ou même ses criantes injustices, marque du moins dans l'histoire de notre langue une date mémorable.

Arrivons enfin aux Pensées proprement dites, qui, plus que tous les autres écrits de Pascal, appellent nécessairement l'attention-.

Pascal était dans toute la ferveur de sa seconde conversion , lorsqu'il crut qu'une de ses nièces , Marguerite Perier, fille de Mme Perier, avait été subitement guérie d'une fistule lacrymale , par l'attouchement d'une sainte épine, qu'un ecclésiastique, M. de la Poterie, avait confiée à la vénération de Port-Royal -. En pénétrant Pascal de reconnais-

1. Aux dix-huit Provinciales il faut ajouter : 1» Fragment d'une dix-neuvième Lettre Provinciale, adressée au P. Annat ; 2° Di.r-neiwiéme Lettre, qui a couru sous le titre d'une Lettre d'un Avocat au parlement à un de ses amis, touchant l'inquisition qu'on veut établir en France, à l'occasion de la nouvelle bulle du pape Alexandi'e VU.

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