Œuvres compL, t. VIII, p
3. Ihid., p. 36, Lettre à Mersenne, Vô décembre 163S ; p. "1, au même, 9 janvier 1639; p. 116, au même, lu novembre 1639.
presque surabondantes, et on ne saurait, sans doute, relativement à la question du vide, rien exiger de plus clair ni de plus précis. C'est pourquoi il ne serait pas non plus possible de contester que Descartes, devançant tous ses contemporains, n'ait dû ses vues sur la nature aux seules intuitions de son génie. Il s'en fallait de beaucoup, au contraire, que Pascal eût fait preuve en physique de la même décision et montré la même originalité puissante. Effectivement, Pascal commence par admettre, sans hésitation ni restriction, que la nature a horreur du vide. Ce n'est qu'après avoir entendu parler des travaux de Torricelli divulgués par Mersenne, au retour d'un voyage qu'en 1645 le savant religieux avait fait en Italie, que relativement au vide il conçoit des doutes. Conséquemment, en 1646, il renouvelle à Rouen l'expérience de Torricelli, de concert avec un de ses amis, M. Petit, intendant des fortifications, lequel l'ayant apprise de la bouche même de Mersenne, la lui avait communiquée '. Puis, en
1. Baillet, La Vie de M. Descaries. 2« partie, p. 228. « La première de ces expériences qu'on eût jamais faites sur le vide, s'était communiquée de Galilée à Torricelli, qui avait beaucoup éclairci la chose par de nouvelles expériences faites en 1G43. L'année suivante, on en avait écrit au P. .Mersenne, sans lui en marquer l'auteur, qui était demeuré pendant quelque temps inconnu par ce moyen. Le Père avait essayé de répéter cette expérience du vide à Paris; mais n'y avant pas entièrement réussi il l'avait abandonnée et n'y songeait plus, jusqu'à ce que, étant allé en Italie et
1647, il consigne dans une publication intitulée : Nouvelles expériences touchant le vide, les résultats par lui obtenus '. Se trouve-t-il donc, à partir de ce moment, entièrement désabusé de sa première opinion relativement au vide? Nullement. Il n'estime plus alors, il est vrai, d'une manière absolue, que la nature a horreur du vide. Néanmoins, il persiste à croire, comme Galilée, qu'elle en a horreur, mais que la force de cette horreur est limitée ^ Il faut qu'à sa demande, son beau-frère, M. Perier, ait exécuté, vers la fin de 1648, sur le puy de Dôme, l'expérience qu'il répète lui-même à Paris sur la tour de Saint-Jacques de la Boucherie, pour qu'enfin il déclare que la nature n'a aucune horreur du vide. Torricelli avait posé le principe du baromètre; Pascal en mesure les différentes hauteurs, démontrant jusqu'à l'évidence que ces hauteurs mêmes demeurent proportionnelles à celles des colonnes d'air qui pressent le mercure, et ainsi que l'air est pesant.
s'en élanl exactement informé, il eu était revenu pleinement instruit en 1643. »