‹ Pascal, physicien et philosophe. Par NourrisonChapitre 50 sur 102 · Bossut, Œuvres de B. Pascal, t. IV, p. 13 et suiv · texte numérisé non relu

Bossut, Œuvres de B. Pascal, t. IV, p. 13 et suiv

controverses *, Newton, Clarke et Leibniz, tout en professant sur la nature du temps et de l'espace les opinions les plus différentes, s'accordaient du moins à reconnaître que ni le temps ni l'espace ne sont en eux-mêmes des réalités. En cela, Newton, Clarke et Leibniz avaient raison. Le temps et l'espace sont des manières d'être, ce ne sont pas des êtres.

Kant lui-même , sous certains rapports, ne se trompait point, lorsqu'il ne voyait dans l'espace et le temps que deux modes de la sensibilité ^ Son erreur a été de croire que ces modes sont comme des moules intérieurs qui déterminent les objets, au lieu que ce sont les objets qui déterminent en quelque façon les moules intérieurs qui sont les modes. Il a erré, en imaginant que ce sont les abstractions que nous imposons aux réalités, tandis que ce sont les réalités qui nous suggèrent les abstractions. Effectivement, si le temps et l'espace sont des abstractions, il n'y en a pas moins de l'objectif dans le temps et dans l'espace. Car le temps et l'espace ne sont des abstractions que parce qu'ils sont détachés de certaines réalités. Ces réalités, pour ce qui est de l'univers matériel, ce sont les corps. Le fait de l'existence des corps, ou la collection de leurs durées,

1. Lo.ibnitii Opéra omnia, l. II, pars 1, p. iO'J et suiv. — Qu'il me soit permis de renvoyer aussi à mou ouvrage inlitulé : La Philosophie de Leilmiz, Paris, 1861, in-8, p. 100 et suiv.

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