Œuvres de Méré, t. II, p
dant du Poitou, M. Pelot : « Une belle dame, et d'un mérite extraordinaire, m'ordonne de vous employer; je sais que vous n'aimez rien tant qu'à faire plaisir et que jamais homme ne s'y est pris de meilleure grâce. Mais ce qui vous doit sensiblement toucher, c'est Mme Scarron, qui veut bien vous être obligée, et je puis vous assurer qu'elle ne fait cet honneur qu'à très peu de gens, quoique les mieux faits de la Cour s'empressent fort auprès d'elle. Je ne sais ce que souhaite de vous une si aimable personne, et vous l'apprendrez par une lettre qu'elle vous en écrit. Mais je vous prédis que si vous êtes si heureux que de la pouvoir servir, vous me remercierez à quelque heure de vous en avoir prié ^ » Une autre lettre adressée par Méré à une dame qu'il ne nomme pas, mais que LaBcaumelle prétend, non sans vraisemblance, être Mme Scarron elle-même, nous montre le Chevalier honoré par elle d'une faveur singulière.
Après s'être mise secrètement au service de Louis XIV et de Mme de Montespan, Mme Scarron, pour s'acquitter plus sûrement de sa tâche, s'était confinée dans une maison de la rue de Vaugirard. Là, elle vivait comme cloîtrée avec les enfants commis à sa garde, car, sur les sept bâtards que le roi eut de la marquise de Montespan, Mme Scarron