‹ Pascal; sa vie et son caractère, ses écrits et son génie (volume 2)Chapitre 5 sur 54 · PENSÉES. — PETITS PAPIERS. ÉDITION DE PORT · texte numérisé non relu

PENSÉES. — PETITS PAPIERS. ÉDITION DE PORT

KOYAL. DIFFICULTÉS DE LA PURLICATION. CE

qu'on POURRAIT INVOQUER A LA DÉCHARGE DES PREMIERS ÉDITEURS. — QUELS FURENT-ILS?

Pendant la meilleure partie de sa vie, Pascal n'écrivait jamais avant que l'œuvre fût achevée

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dans son génie ^ Concevait-il une pensée, il ne se hâtait pas de la produire. Il la laissait d'abord prendre, sous l'incubation féconde de l'étude et de la réflexion, son accroissement intégral , et la Minerve s'élançait toute armée de son cerveau. Il était aidé en cela par une faculté puissante, une mémoire prodigieuse, capable de la plus longue gestation. Plan premier, développements successifs, riches ornements, elle restait de tout gardienne fidèle, et ne trahissait jamais le dépôt qu'il lui avait confié. Mais, pendant les cinq dernières années de sa vie, il ne fut plus capable de si grands efforts d'imagination et de mémoire, et pour soulager une âme affaiblie parla souffrance, que surchargeait une trop forte pensée, il déposait à chaque pas son fardeau sur ces petits papiers qui marquent pour nous les étapes inégales de ses méditations. Heureuse impuissance qui nous a valu les Pensées! Si nous n'avons pas le monument, au moins nous en est-il resté des matériaux magnifiques. Puisque la mort devait frapper sitôt , c'est un bonheur qu'elle ait averti de son approche, et forcé Pascal à écrire le testament de son génie.

Ce ne fut que pendant ses dernières années, en effet, qu'il arrêta le projet de travailler contre les

• Voir IMarguerite Perier, Lettres, Opusc, etc., p. 4ôG.

athées, et qu'il se hâta de mettre la main à l'œuvre. Suivant M"" Perier^, il y fut poussé par le miracle opéré sur sa nièce. La joie qu'il en ressentit lui inspira une foule de pensées sur les miracles, lui donna de nouvelles vues sur la religion, redoubla l'amour et le respect qu'il avait toujours eus pour elle, et lui mit au cœur le désir de contribuer à sa gloire et à son triomphe.

Cependant ce projet d'apologétique était chez lui beaucoup plus ancien. La préface d'Etienne Perier nous apprend qu'il le conçut plusieurs années avant sa mort, mais qu'il fut longtemps sans en rien mettre par écrit. M"" Perier elle-même dit , du reste, que le miracle de la Sainte-Épine n'en fut que V occasion. Déjà il avait étudié avec grand soin les athées, et avait employé tout son esprit à chercher les moyens de les convaincre. Il faut sans doute, suivant la conjecture de M. Faugère, remonter à sa période de dissipation pour trouver la première origine de sa pensée. II avait vécu alors au milieu des incrédules, incrédules légers et frivoles comme Miton et Méré, prédicateurs audacieux d'athéisme, comme Desbarreaux ^. Bien loin de s'abandonner aux désordres

• Vie de Pascal, Lettres, Opusr.,e\c., p. 19.

2 Voir sur Miton, Pensées, 1. 1, p 197, et sur Desbarreaux, t. II, p. 91 ; sur tous les deux, Tallemant des Réaux, t. V, p. 97, 2" édit. — Méré était un gentilhomme originaire du

et à l'impiété, il en chercha dès-lors le remède. Mais il n'y songea sérieusement qu'après sa seconde conversion, vers la fin de 1654. L'année 1655 se passa peut-être dans un travail intérieur

Poitou. Les circonstances de sa vie sont peu connues. On sait seulement qu'il abandonna bien vite le service militaire pour se livrer à la société et au commerce des lettres. Il trouva dans ses liaisons avec toutes les célébrités de son temps, aliment à sa vanité naturelle. Il trancba alors du bel esprit, au point de se faire l'arbitre du goût et des belles manières du monde, et du savant , au point de vouloir donner des conseils de mathématiques à Pascal. Il ne nous est plus connu comme écrivain que par ce que M"'* de Sévigné nous apprend de son chien de style (Lettre ncLXXXvii, du 24 nov. 1679); comme savant, que par les problèmes qu'il proposa à Pascal ; comme homme du monde, que par sa réputation de grand joueur et de grand libertin. (Voir sur le chev. de Méré un intéressant article de M. jMonmerqué, Biog. iiniv. de Michaud.)

JNliton était lié avec Méré qui lui écrivit plusieurs lettres : on en trouve huit à son adresse dans le recueil de Méré , où il n'est guère question que de parties de débauche. Miton , lui aussi, avait des prétentions moins justifiées à la gloire d'écrivain et de savant. Tallemant nous le montre en mauvaise compagnie chez la Du Ryer qui tenait à Saint-Cloud un cabaret alors célèbre. (Voir sur la Du Ryer, Tallemant, t. IX, p. 223.) C'était Desbarreaux qui l'y avait conduit, pendant une semaine-sainte, avec quelques autres bons compagnons, pour faire, disait-il, leur carnaval. On entend bien que ce n'est que par la science et pour la science que Pascal eut des relations avec de tels hommes.

Desbarreaux avait vendu sa charge de conseiller au Parlement pour payer ses dettes et pour aller, dit Tallemant, écumer toutes les délices de la France, c'est-à-dire demander à chaque lieu, dans la saison, ce qu'il produit de meil

que lui permettaient encore ses forces physiques. Cette année, d'ailleurs, est celle qui nous fournit le moins de détails sur sa vie et ses études. Conduit par la grâce, il s'enfonça alors dans la retraite, où il employait tout son temps à la prière et à la lecture de' l'Ecriture sainte. Ce temps ne dut pas être perdu pour son grand ouvrage. La lecture des saints livres, les profondes réflexions qu'ils lui inspiraient, l'étude des commentateurs, déposèrent au sein de son intelligence ces hautes vues sur le christianisme qu'il nous dévoilera bientôt^ Ce fut alors surtout qu'il eut l'intuition de sa méthode de démonstration. Le respect qu'il avait eu dès sa jeunesse pour les vérités religieuses se changea à cette époque en un amour ardent et

leur. Il avait été corrompu dans sa jeunesse par le poëte Théophile et d'autres débauchés. Dès-lors il ne fut plus que libertin, joueur, ivrogne, dégoûtant par sa gourmandise, fanfaron d'impiété. Son athéisme, qu'il prêchait partout, était chez lui plutôt jactance que conviction, car à toutes ses maladies il se faisait dévot, et pendant sa dernière il composa le fameux sonnet :

Graïul Dieu! les jueements sont remplis d'équité, etc.

Voltaire {Siècle de Louis XIF) prétend que ce sonnet est d'un abbé de Lavau, qu'il en a vu la preuve dans une lettre de Lavau à l'abbé Servien. N'est-ce pas pour conserver sur la liste des Esprits forts Desbarreaux, qu'il faudrait en retrancher, s'il s'était rendu coupable, en mourant, d'une leWe faiblesse philosophique ?

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sensible, et il résolut de substituer aux preuves métaphysiques les raisons de cœur et de sentiment dans sa future apologie du christianisme. L'expérience venait encore l'instruire de la supériorité de cette méthode. Sa réputation d'éloquence, les grandes lumières dont on le savait éclairé sur les matières religieuses, attiraient auprès de lui des incrédules, d'anciens compagnons de ses plaisirs, qui venaient lui proposer leurs doutes et lui demander le secret de sa foi et de la sécurité de son àme. 11 ne leur prêchait pas le Dieu abstrait de la philosophie, mais le Dieu sensible au cœur, et plus tard il invoquera son expérience contre les démonstrations ordinaires de Dieu et de la religion.

La polémique des Provinciales suspendit ce travail intérieur, ces œuvres de prosélytisme, et tourna d'un autre côté ses recherches et ses réflexions. Mais le miracle de la Sainte-Épine le ramena à son premier dessein, et ses pensées sur les miracles, sur le dogme chrétien , la morale de l'Évangile, prirent dès-lors une double direction. En même temps qu'il en faisait l'application à la lutte présente, il leur réservait une destinée ultérieure et les plaçait dans le plan d'apologie qu'il avait déjà conçu. C'est, pour le dire en passant, ce qui rend si difficile, dans le dépouillement de ses papiers autographes, la dis-

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linction des notes relatives aux Jésuites et aux Provinciales, et des Pensées qui devaient entrer dans son grand ouvrage sur la religion. L'année 1656, qui semble absorbée tout entière par le travail des Provinciales, fournit donc elle-même des matériaux à l'apologie. Pascal devint de plus en plus impatient de travailler à la réfutation de l'incrédulité, et sitôt que la lutte fut, non pas terminée, mais du moins assoupie , il saisit avec empressement les loisirs qu'il se ménageait pour s'occuper de son œuvre chérie. Ce fut pendant l'année Î657, dans les intervalles des factums qu'il composait au nom des curés de Paris, qu'il en écrivit les plus longs et les plus beaux fragments. Sa prodigieuse activité suffisait à tout, et il se reposait de ses luttes acharnées dans la méditation calme et sereine des vérités chrétiennes.

Si l'on prenait à la lettre le récit de M™' Perier, il aurait été réduit ensuite par ses iniirmités à une impuissance absolue de travail, car elle nous dit qu'il ne pouvait pins rien faire les quatre années qu'il vécut encore '. Cependant on ne peut douter qu'il n'ait contirmé son œuvre, méditant toujours et écrivant les petites notes lorsque la douleur lui laissait quelque relâche, dictant à

' Lettres, Opicsc, etc., p. 52.

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son domestique ou à M'"'' Perier elle-même ses réflexions , lorsque sa main était plus malade qu'une intelligence dont la mort seule devait éteindre pour nous la vie.

Les parents et les amis de Pascal savaient trèsbien que ses dernières années avaient été con sacrées à un travail sur la religion. Plusieurs fois il s'en était entretenu au sein de sa famille, et il en avait exposé le plan aux solitaires de Port- Royal. Aussi, immédiatement après sa mort, on eut hâte de recueillir ce qu'il avait écrit à ce sujet, fragments étendus, notes rapides. On trouva le tout sur des morceaux de papier, de toute grandeur et de toute forme, enfilés en liasses, sans aucun ordre et au hasard. Un premier examen montra bientôt que ces papiers renfermaient non-seulement les matériaux de l'ouvrage apologétique, mais des pensées détachées sur divers sujets de littérature, de philosophie et de morale. On les copia d'abord, et lorsqu'on put les lire et les étudier à loisir, on les trouva si imparfaites et si confuses qu'on renonça d'abord à en rien imprimer. Mais il fallut céder, dit E. Perier, dans sa préface, aux instances d'une infinité de personnes qui ayant entendu parler du dessein de Pascal, voulaient voir ce qu'il en avait exécuté. La confiance absolue que ses parents et ses amis avaient dans son génie et ses lumières, ren-

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dit sans doute leur consentement facile, et ils se déterminèrent à publier ces écrits posthumes. Mais les circonstances étaient peu favorables. Au fort de ses luttes contre les évêques et Louis XIV, Port-Royal n'avait guère de loisirs pour un travail d'éditeur. On attendit, et ce ne fut qu'après la paix de l'Église en 1 669 , qu'on revint aux écrits de Pascal.

Jamais publication n'avait offert peut-être tant de difficultés. Avant tout, il ne fallait pas rompre une paix si difficilement obtenue et rentrer dans une lutte fatale. Or, tirer de son tombeau le héros du Jansénisme, ce Pascal qui à lui seul était une légion, dont le seul nom était un signal de combat, n'était-ce pas recommencer la guerre ? Au moins ne fallait-il pas le présenter au pouvoir justement ombrageux de l'Église et du roi, revêtu de toutes armes. Il était absolument nécessaire de le dépouiller d'abord de son armure de sectaire, de lui ôter tous les traits exclusivement dirigés contre les Jésuites, tout ce qui n'allait qu'à l'attaque des constitutions pontificales, des décrets royaux, et à la défense des dogmes jansénistes.

Mais les fragments apologétiques eux-mêmes devaient porter l'empreinte de l'époque à lacjuelle ils avaient été composés. Malgré lui, Pascal avait dû mêler à la défense du Christianisme la dé-

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fense de la religion janséniste qu'il regardait comme le Christianisme véritable , et confondre dans sa pensée les athées et les Jésuites, Et , en effet, plusieurs fragments portaient la trace de cette confusion et étaient marqués du double caractère du chrétien et du sectaire ^ C'était donc une nécessité de retrancher non-seulement ce qui était exclusivement relatif aux querelles récentes, mais encore ce qui pouvait s'y rapporter indirectement et d'une manière accidentelle.

Ce n'est pas tout. Considérées abstractivement et isolées de l'ensemble de l'ouvrage, quelques pensées pouvaient paraître encore blesser l'orthodoxie. Esprit entier et absolu, caractère audacieux etfîer,Pascalavaitdùse plaire quelquefois à lancer à la tête des faibles et des timides d'apparents paradoxes, à frapper l'imagination pas des traits hardis et soudains. Ses amis ne pouvaient prendre trop de précautions. Ils ne se dissimulaient pas que son œuvre serait accueillie par une curiosité soupçonneuse qui chercherait à se défendre de l'admiration en attaquant la foi de l'écrivain. D'ailleurs, suivant l'usage d'alors, l'ouvrage de Pascal roulant surtout sur la religion, ne pouvait paraître qu'après examen et avec approbation

• Voir, par exemple, 1. 1, p. 265.

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des docteurs. Sans doute les éditeurs avaient le droit de choisir eux-mêmes leurs juges , mais k Paris, ils étaient tenus d'en prendre une partie dans le sein de la faculté de théologie : or, la Sorbonne avait malmené le Jansénisme. Port- Royal tenait essentiellement à ces approbations , et ce fut avec grand empressement qu'il les rechercha. Aussi la première édition des Pensées parut-elle revêtue de l'approbation de trois évêques, d'un archidiacre et de treize docteurs de Sorbonne. Mais on comprend que de suppressions, que de changements il fallut pour satisfaire tant de monde, et nous savons par les pièces du temps que ce fut un labeur interminable. L'œuvre des amis de Pascal était achevée à la fin de 1668 : le livre ne fut cependant imprimé qu'à la fin de l'année suivante et ne parut qu'au commencement de 1670. Les approbateurs le gardèrent six mois.

Encore toutes ces précautions faillirent-elles n'être pas suffisantes. Une curieuse relation que l'éditeur des Pensées , Desprez , adressa à M"" Perler d'une visite qu'il avait faite à Péréfixe , archevêque de Paris, nous met au courant de toute cette affaire.

Les Pensées venaient d'être imprimées lorsque l'archevêque manifesta le désir d'en avoir un exemplaire. Toujours inquiet, le parti crut qu'il

y avait quelque cabale sous cette demande, et qu'on voulait arrêter le débit de l'ouvrage ; d'autant plus que l'archevêque priait de ne le pas mettre en vente avant qu'il lui eût été présenté. Aussi Desprez ne se rendit pas auprès de lui sans avoir pris conseil d'Arnauld, de Nicole et de tous les chefs de la secte.

Apres les premières civilités qui furent trèsgracieuses de la part de l'archevêque, celui-ci dit à Desprez : « Un fort habile homme m'est venu » voir; ce n'est pourtant pas un homme de » notre métier, ce n'est pas un théologien ( c'é- » tait Fénelon !) ; il m'a dit qu'il avait lu le livre » de M. Pascal, et qu'il fallait demeurer d'ac- » cord que c'était un livre admirable ; mais qu'il » y avait un endroit dans ce livre où il y avait » quelque chose qui semblait favoriser la doc- » trine des Jansénistes, et qu'il valait mieux faire » un carton que de laisser quelque chose qui » pût en troubler le débit ; qu'il en serait fâché » à cause de l'estime qu'il avait pour la mémoire » de feu M. Pascal. »

Desprez remercia l'archevêque de son intérêt, et chercha à le rassurer : « Je lui exprimai de )) mon mieux, ajoute-t-il dans sa relation, que M depuis qu'on imprime on n'avait point imprimé » de livre qui ait été examiné avec plus de ri- » gueur et de sévérité que celui-là ; que les ap-

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» probateurs l'avaient gardé six mois pendant » lesquels ils l'avaient lu et relu , et que tous les » changements qu'ils ont trouvé à propos de » faire on les avait faits sans en excepter un >) seul ; que personne ne pouvait lui en rendre » un compte plus exact que moi , d'autant que » M. votre fils m'avait chargé du soin de ces ap- » probations ; que c'était moi qui en avais été le » solliciteur auprès de messeigneurs les prélats )) et de MM. les docteurs ; que c'était pourquoi M je pouvais lui en parler positivement, et par- » tant qu'il devait être assuré qu'on n'y avait » rien laissé passer qui pût commettre ni celui » qui en était l'auteur, ni sa mémoire.

» — Et quels sont ces approbateurs?» demanda ensuite l'archevêque. Dcsprez les lui nomma. « Ce sont de fort honnêtes gens, reprit-il. Je suis » assuré que M. l'abbé Le Camus (depuis évêque » de Grenoble et cardinal) n'y aura rien laissé » passer que de fort à propos. Voyons son approba- » tion. » Il la lut et la trouva bien écrite et digne d'un homme de qualité (Saint-Simon n'aurait pas mieux dit). Puis parcourant les noms des autres approbateurs: « Hum, hum, s'écria-t-il ; voilà » de leurs gens. . . C'est un grand fait que ces » gens-là ne sauraient s'empêcher de parler de » leur grâce (quel scandale cette exclamation dut » exciter dans le monde Janséniste !) ; une chose

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» OÙ il faut dire 0 alliludo/ih la veulent faire » passer pour article de toi. »

Il parla ensuite à Desprez du témoignage de Beurrier dont il a été question plus haut, s'entretint avec éloge de Pascal, assura qu'il aurait donné de bon cœur son apj^robation, si on la lui eût demandée, et se tournant vers un de ses aumôniers : i( Je trouve bien étrange, lui dit-il, » qu'on imprime comme cela des livres qui re- » gardent la religion, sans m'en parler, sans ma » participation. Il n'y a qu'à Paris où cela ne se » pratique pas. Cardans tous les autres diocèses, » on n'oserait rien imprimer qui regarde la piété » sans la participation de l'évêque ou de ses n grands vicaires. N'est-il pas vrai, M. l'auraô- » nier? — «Il est vrai. Monseigneur, répondit » celui-ci, et cela est même très-important. » — » Il faut, reprit le prélat, que je pense un peu » à cela. » Et revenant à Desprez : « Quen'avez- » vous pris, lui dit-il, l'approbation de nos pro- » fesseurs? » Desprez se contenta de répondre que s'il en était réduit là, il serait obligé de fermer boutique, parce que les professeurs apporteraient à l'examen des délais interminables. Après quoi, l'archevêque s'informa de nouveau de Pascal, de sa famille, et l'heure de vêpres venant à sonner, il congédia Desprez en l'invitant

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