‹ Pascal; sa vie religieuse et son Apologie du christianismeChapitre 80 sur 118 · Ed. Br. p · texte numérisé non relu

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Ce miracle est-il réel, surpasse-t-il les forces de la nature? est-il divin, a-t-il Dieu pour auteur ? dans quel but en ce cas aurait-il été accompli? Autant de questions fort ténébreuses et que personne, croyons-nous, n'a résolues et ne pourra résoudre avec certitude. Sainte-Beuve demeure sceptique, mais les raisons qu'il en dorme, sont si évidemment tendancieuses qu'elles nous inclinent à adopter l'opinion qu'il combat*.

Quoi qu'il en soit, surnaturel ou naturel, le prodige — car il y eut au moins un prodige — produisit sur l'âme mystique de Pascal une impression profonde. On se le représente aisément à cette époque de luttes inplacables et d'épreuves — c'était le temps des Provinciales et l'on commençait à sévir contre le jansénisme — versant des larmes de reconnaisscince et d'amour de Dieu.

« On sait que dès lors, changeant son cachet, il y mit pour armes un œil, au milieu d'une couronne d'épines avec cette devise : scio cui credidi. Mais il n'en témoigna pas moins un étonnant sang-froid. Il consulta M. de Barcos, la plus grande autorité théologique du parti, pour avoir la définition vraie du miracle : il s'enquit du sens, de l'étendue, de la portée que la théologie attribue aux faits surnaturels, et il ne conclut qu'après cette enquête. Mais il conclut avec beaucoup d'énergie ^. »

La conclusion qui s'imposait apparemment, que Pasccd, étant donné soncaractère passionné et militant , devait déduire,

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