‹ Pascaline (un dossier judiciaire)Chapitre 2 sur 22 · K, PLON ET C'S IMPRIMEURS-ÉDITEURS · texte numérisé non relu

K, PLON ET C'S IMPRIMEURS-ÉDITEURS

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l Au mois de janvier 1878, une circonstance for-

tuite amène la découverte d'un incident extraordinaire, qui met en émoi la population de la Ciotat ,

^ petit port des côtes de Provence , aux environs de Marseille.

L'autorité judiciaire, immédiatement prévenue, procède à une enquête minutieuse, étudie les ramifications qui se révèlent une à une, et, de même qu'en suivant d'imperceptibles filaments épars dans le sol, sans cohésion apparente , on arrive à saisir l'ensemble du réseau souterrain de racines dont un arbre est le centre, reconnaît que ces ramifications, disparates au premier abord, aboutissent à un point de départ unique, lequel n'est autre qu'un fait qualifié crime par la loi.

L'œuvre préliminaire est terminée. Les témoins, cités au fur et à mesure que les constatations opérées les désignaient, ont passé dans le cabinet du magis-

Il l'ASCALINE.

trat instructeur. Chacun a décliné ses qualités, précisé sa personnalité et produit son témoignage selon sa conscience. Les dépositions ont été classées ensuite, non dans Tordre où elles se sont succédé, mais d'après Fenchaînement des événements qu'elles ont mis en lumière.

C'est l'état d'une affaire criminelle au moment où elle est soumise à l'examen de la chambre des mises en accusation, pour qu'elle décide s'il y a lieu ou non de la déférer au jury.

Cette phase, que traversent toutes les instructions ouvertes à propos d'un crime quelconque, est particulièrement intéressante. En elle réside une des principales garanties du coupable supposé, qui a le droit de se pourvoir contre l'arrêt de renvoi, quand il est prononcé. Plus que toute autre, elle revêt d'un caractère de sérénité auguste la mission de lajustice ici-bas.

La cour s'assemble. Devant elle, pour influencer sa décision, ni public, ni accusateur, ni accusé ; il n'y a qu'un dossier.

Ce n*est pas, comme dans le solennel apparat de la cour d'assiseSj la vie elle-même qui s'agite sous le regard des juges ; provoquant, par la seule manifes-

PASGALINE. III

tatîoD de ses émotîonSy une pression involontaire, mais puissante autant qu'insaisissable. C'en est la reproduction : une imagée qui, réfléchie dans une glace, y serait demeurée fixée. Dénuée par ellemême d'existence, elle est insensible et glacée. Et pourtant, Fêtre dont elle n'est qu'un double inerte, lui a transmis, avec cette empreinte, l'apparence de sa propre réalité, à ce point saisissante, qu'elle en devient la démonstration la plus irréfutable.

Personne ne s'y trompe, car quelque chose, sans aller jusqu'à l'animer , la fait vivre. Ce quelque chose ne saute pas seulement à tous les yeux, il s'adresse encore aux consciences ; il est à la fois universel et irrésistible. On l'appelle la vérité.

L*audience est ouverte. Comme les magistrats sur leur siège, écoutons la lecture des pièces de là procédure.

PREVI01\ Antonin-Léon,

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