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le curé doit enseigner gratuitement la lecture aux enfants (M. Le prince prend aussi sous son patronage la réforme de l'instruction du clergé, il veut qu'on étudie davantage les secrets de la Bible, que les prêtres comprennent les prières liturgiques. Alcuin demande aussi que la Bible soit mise à la portée de chaque peuple dans sa propre langue (-).
A partir de ce moment, la France se couvre d'écoles.
La renaissance des lettres amena la renaissance de la théologie dans l'Eglise.
Aux VIP et VIIF siècles, l'Eglise toute occupée à se fonder temporellement était ignorante ; ses préoccupations étaient matérielles (^). Un des premiers soins de Charlemagne fut de la réformer. Un grand nombre de ses capitulaires sont destinés à combattre les désordres introduits par l'ignorance, la corruption et la brutalité (^). Les conciles se multiplient sous le règne de Charles, et s'associent à son activité.
Les discussions théologiques reparaissent. L'empereur ne veut pas qu'on adore les images, pas même qu'on les honore. L'évêque de Lyon, Agobard, partage cette opinion, et la discussion se prolongera pendant
(') Ampère. Hist. litt. de la France sous Charlemarfnr, p. 26.
(-) Cours de M. le prof. Doumerfiue sur le moyen à'.,^e .
(') Ampère, op. cit., p. 7.
(*) Il (léj^rade les prêtres qui mit plusieurs t'emnies. 11 interdit aux prêtres et aux diacres il'entrer dans les tavernes, aux abbés de mutiler leurs moines. Les religieux avaient la passion de la ebasse, ils ne purent tuer que les cerfs et les daims dont ils employaient les peaux à relier les manuscrits de leur ItildiotlhMpie. .\.in|»ère, op. rit.^ pp. :2 1,-2-2.
l)ien des années encore. La controverse adoptienne, soulevée par la théorie de Félix d'Urgel sur la filialité divine de Jésus, occupe aussi les esprits.
Charles mourut en 814; son fils, Louis le Pieux ou le Débonnaire, lui succéda. C'était un prmce juste, mais faible. Il gracia les condamnés, fit cesser l'oppression qui pesait sur les Saxons et les Frisons, et envo3'a dans les provinces des commissaires chargés de rece voir les plaintes et de réparer les injustices (*). Mais il eut le tort de vouloir, déjà de son vivant, partager l'empire entre ses trois fils. Après la mort de sa femme, il se remaria et eut de sa nouvelle épouse, Judith, un fils, qui fut ensuite Charles le Chauve.
Louis voulut donner une part à cet enfant et créa pour lui le royaume d'Allemannie. Ce fut la source des «lémêlés que le roi eut avec ses fils, dés ce moment jusqu'à sa mort. Trois fois ceux-ci se révoltèrent et deux fois Louis dut se livrer à eux après s'être vu abandonné par ses troupes. Mais deux fois aussi, la division qui se mit parmi les fils rebelles, et l'indignation populaire, lui rendirent le pouvoir.
Il mourut en 840.
Louis le Pieux avait contribué à répandre l'instruction, mais les dissensions de son règne firent grand tort aux études. Il y avait d'ailleurs des partisans opiniâtres de l'ignorance, qui méprisaient « les loisirs superstitieux des lettres ». Sous le règne de Louis, Claude de Turin se présente comme instigateur d'un mouvement iconoclaste, il s'insurge -contre les images
(') Bordier et Charton. HiM. de Fraitrc. t. I. p. 208.
et même contre tout ce qui se disait ou se faisait à propos des croix.
La controverse la plus importante est celle sur la prédestination, dont Gottschalk fut le héros et la victime ; le synode de Quiercy le condamna à être enfermé dans un cloître. Gottschalk avait tiré les dernières conséquences de la théorie d'Augustin sur la double ])rédestination. C'est alors aussi l'époque de l'activité d'Agobard de Lyon, un des plus illustres représentants (le la culture créée par Charlemagne, adversaire des jugements de Dieu, ces pratiques instituées par la superstition, adversaire aussi d'une inspiration littérale et magique des Ecritures. En 831, Paschase Radbert achève son livre sur la Cène, qui provoquera sous Charles le Chauve une controverse ardente.
Après la mort de Louis, la guerre éclata entre ses fils. Au bout de trois ans de luttes, la paix fut conclue à Verdun (843). C'était la fin de l'empire de Charlemagne et un premier pas vers l'avènement des nationalités. Sous Charles le Chauve (843-877), on jouit d'un calme relatif et les conditions favorables aux études s'améliorent sensiblement. Le roi avait hérité de l'amour des lettres, que son grand-père possédait à un si haut degré ; son palais était ouvert aux savants.
Charles était du reste un véritable théologien et aimait à discuter les points difficiles de la métaphysique ; les problèmes les plus ardus de la théologie ne le laissaient point indifférent, il composa même des poésies religieuses ([ui prirent place dans les liturgies de l'église franque (').
(') Miillinjîer. Schools of Charles thc Grcat, Lomlres. 1S77, p. ItU). D'après Gaudarcl. (roUschalk, moine (rOrbais, p. 7.
Son règne fut attristé par les invasions toujours plus fréquentes et plus funestes des Normands. Ils remontaient les fleuves sur leurs barques légères et surprenaient les villes. On était trop divisé, pour qu'on pût s'unir et les atteindre rapidement. Voici dans quels termes Paschase Radbert raconte une de ces invasions dans son commentaire sur les Lamentations de Jérémie (M: « Qui aurait jamais cru que des brigands d'une nation barbare osassent de pareilles choses, ou qui aurait pu penser qu'un ro5'aume si glorieux, si fort et si étendu, si populeux et si puissant dût être humilié ou souillé par les crimes de tels hommes? Je ne parle pas de ce qu'ils ont emporté beaucoup de richesses, de butin et de captifs. Mais qui aurait pu s'imaginer que des hommes si vils osassent entrer dans notre pays? Je crois que peu auparavant, aucun roi de la terre n'aurait pensé une telle chose, et aucun habitant de notre globe n'aurait pu s'imaginer que l'ennemi entrerait dans notre Paris. Ces malheurs proviennent des péchés du peuple, des iniquités des prêtres et des grands >.
Sous Charles le Chauve, il y a encore parmi les théologiens célèbres Jean Scot Erigène, philosophe panthéiste et rationaliste « qui a considéré les hautes questions théologiques d'un point de vue purement philosophique » C'j.
Le roi prit part à la querelle de la Cène. Cette querelle, préparée depuis longtemps par l'existence d'un double courant d'idées contraires et opposées, fut
(') liadbcrti opéra, éd. Sirinond, pp. I0O6, lo07. (*) Ampère, oj;. cit., p. 121.
provoquée par le traité de Radbert. L ' roi voulant s'éclairer consulta Ratramue (jui défendit le spiritualisme.
Mentionnons enfin une discussion sur l'accouchement de la Vierge, discussion parfois g^rossière dans laquelle on retrouve le caractère de la barbarie franque (/).