‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 16 sur 92 · Pasquier en ses Recherches, liv. iv, chap · texte numérisé non relu

Pasquier en ses Recherches, liv. iv, chap

2. Bhincharc], en son Catalogue des conseillers, dit qu'il fut conseiller en Tan 1298, et depuis chancelier de France. Ukm, Mlraumont, en son Recueil des chanceliers.

grand docteur en droict civil et canon» que Gynus, Bartole, Balde et autres, le citent souvent avec honneur. Aussi en avoit il fait profession en l'université d'Orléans, et fut depuis doyen de Paris, et apre^evesque d'Auxerre ; ayant meane auparavant esté employé par le roy Philippes le Bel à prester le serment de révérence et dévotion au pape Benoît XI, et recommandé luy» son royaume , et l'église gallicane aux faveurs de Sa Saincteté : car lors on ne parloit pas au nom de nos roys de serment d'obédience^ nostre royaume n'estant point de cette qualité , mais de liberté et franchise suivant les anciens décrets. Mais pour retourner aux advocats de ce siècle là, il se trouvera que la plus part et les meilleurs d'iceux estoient, comme i'ay dit, personnes ecclésiastiques , instruits au droict canon et civil, apprenans la pratique principalement par les Décrétâtes, signamment depuis que les papes eurent transféré leur si^e à Avignon, qui fut en l'an 1306, sur la fin du règne de Phllippes le Bel. Et c'est de ià qtie nous avons appris ia chicane , s'il m'est loisible d'en parler ainsi; ou plustost que les duels n'ont plus esté si fréquens en France. C'est aussi pourquoy le nombre de nos advocats commença lors à provigner , mesménient sous le règne du roy Philippes de Valois; voire des l'an 1330, auqud H. Guillaume du Breûil, que i'ay nommé cy-dessus, composa son livre du parlement , lequel commençoit à s'augmenter tellement en pratique, qu'il y fallust faire plusieurs reglemens qui y sont inserez, et pareillement augmenter le nombre des iuges ; car il se trouve en un ancien registre du criminel que le , Si"" leur de mars

àÔ DIALOGUE DKS AtJVOCvTS

iSft5, dent ckatnbres commcnccrent à seoir : l'une dea auditeurs diédr<^t, en Laquelle présidoit messirc Sknon 4e Buéy ; ec t*autre des auditeurs du pais coustuiiHer, éà prêsMolt le seigneur de Ghasteiofs. Et ce qui est nQld)le pour TestaMissenient de cette compagnie^ est ^ue , des Vm iS4S, on commença y gercer la iiistiee bien sévèrement : car messire Alain de Ourder^' S che* taller , ôHisdller du roy en Ttme de ces chambres « fut èotidaùiné, par iugement de te Goor^, a estre pendn eC èi^ranglé , pour «*estre mM coudait en te oMifeclîoa d'une enquesce , et falsifié la déposition de quieiqaes teâmoins qtt*H avait oiris avec messire leaa Touronde^ aussi chevalier et conseiller, contre M. Gervais le Gomte, advocat en Normandie , et fut Tarrest exécutée No«s avons veuy nous et nos pères, qu^ue eembkbie con»damnation « eux en la personne de M. Pierre Lndet^ q« Alt privé , par arrest , de Testât ée conseiller dosl M estoit poorven ; et nous , en la pensonne d'un autre; mais Dien mercy nous ne lis<Ms rien de semUable d'aocun advocat de ce parlement

Remarquez eet exempie, (Us'-ie, voui tmtreê ieunes gens^ et non seulement ceux d'entre vous qui sont on demrent estre conseillers et officiers dn roy^ ÉiaÎB aussi teux qui doivent deflÉeUrer advocafis.; ee vous êouvenez d€ conserver el truntmettre à vâi

1. Il semble que c'est celuy que M. E. Pasquier, en la première lie sess Lelttes, liv. xtx, à M. Mole, consemer, appelle meMlre Adafii tle Houdana.

2. Du 11 juillet 1447» porte la Lettre ; mais il faut 1347, ou bien ce n'est pas celuy dont parle Loisel.

B. On Uyéet, rteeu le 1» iuin l»8. (BhmdtaNU)

DV PÂRtEM£KT i>£ Pilais. 39

stiecesseurs V honneur que vos anciens vous ont acquis d' estre fidels en la communication de vos sacs, sans y rien receler ^ déguiser, ny retenir , qui ser oient autant d'espèces de faussetez. —% C*est à la Térité un grand honneur, reprit M. Pasqukr» que les adirocats de cette cour méritent pardessus ceux des autres parlemens et compagnies souveraines, lesk quels ne se communiquent leurs pièces que par invea^. taires , comme se défiant les uns des autres; au lien qu'en ce parlement les advocats, s*emrecommuniquans leurs pièces , s'en reposent absolument sur leur simple foy; et il n'en est point encor es jamais advemk faute. Mais, revenant à nos advocats, ie trouve qu'eq ce temps-là il y avôit un nommé Celo , un M. Jean de Saint-Germain, un Hugues de Fabrefort , qui estoieni des fdus célèbres advocats de leur temps. Et de ce Fa«^ brefort ie vous veux faire un conte as$e% plaisant^ Vous avez autresfois appris au livre des Rlieteurs romains de Suétone qu'un Gaïus Albutius Siiusse de Novarre» rbe^ teur, plaidant à Rome contre un fils qui estoit accusé d'impiété contre ses père et mère, ayant osé par forme de rhétorique de ces mots, jt^a per patris matris-^ que cineres qui inconditi iacent, etc., celui qui , plaidoit pour l'enfant acceptant la condition, comme h l'accusateur s'en fust rapporté à son sernoent, iura sur le champ en la forme qu'il se faisoit, à croire que le serment lui avoit esté déféré; ce qui fut cau^e que l'accusé estant absous , Tadvocat de l'accusateur en fut si fort mocqué qu'il se déporta de plus iamais plaider. Il advint quasi de mesme ^i uosUe Fabrefort^ Içqiielt çliaii*^

dant une cause de duel, et ayant proposé pour Armand de Montaîgu contre Emery de Durefort , qu'il ferwt preuve de son faict par son corps en champ de bataille, sans dire expressément que la preuve s'en feroit par le combat de sa partie, il fat en danger d'entrer luy-mesme en combat, et mocqué par la compagnie, tant on estoit alors formaliste en telles causes. Mais il nous faut maintenant venir aux advocats du temps du roy lean, lequel vint à la couronne en Tan 1350.

Vous en oubliez donc deux, dit Théodore Pasquier Si son père, car, lisant le commentaire que M. René Ghoppin a nagueres fait sur la coustume de Paris, où il fait un roole de messieurs les advocats du roy du parlement, il y met maistre lean Pastoiirel et Pierre de la ForestS et place l'un en l'an 1301 et l'autre en Tan 1840. — le n'en ay vrayment point parlé, dit M. Pasquier, d'autant que ie ne les trouve point en mes papiers ny aucun autre advocat de ce temps-là que ie vous puisse remarquer; d'autant mesmement que ce r^ne fut tellement troublé de guerres quasi continuelles entre les Anglois et le roy , qu'ils avoient pris en la journée de Poictiers et qu'ils retindrent si longuement prisonnier, que l'on fut prés de deux ans sans tenir le parlement autrement qu'en une seule chambre, encores ce n'estoit pas tant pour iuger les procez que pour adviser au faict de la guerre et des émotions des peuples qui advinrent lors quasi par tout ce royaume et mesmement à Paris. A

(uoyceux du parlement estoient ordinairement em*

I. Miraumont met la Foresi devant Pastorel, et dit que la Forest fut archevesaue de Roaen, chancelier de France et cardinal.

ployez et principalemeDt M. Simon de Bussy, lors premier présidents qui fut tué par la commune de Paris, /lequel Froissard appelle chevalier és-loix , ce qui me fait penser qu'il avoit aussi esté auparavant advocat ; car (testait (ors te chemin pour parvenir aux plus hautes dignitez. Et de faict M. le duc de Normandie , qui fut depuis le roy Charles Y, ayant pris k régence du royaume, employa lors en son conseil M. lean des Mares ^, advocat, duquel nous parlerons cyapres : comme aussi il eut M. Arnauld de Gorbie S lequel fut pareillement advocat et depuis chancellier de France. le ne dois non plus oublier M. Renauld Dacy \ advocat en parlement , qui , s*en retournant du Palais chez luy, fut tué par la populace de Paris dedans la maison d*un pâtissier proche la Magdelaine, le mesme iour que les sieurs de Conflans, mareschal.de Ghampa-

1. Miraumont, titre du Parlement, p. 68, dit que le peuple vouloit qn on Iny fit son procès ])our avoir donné mauvais conseil au roy lean, toutesfois qu il fut employé au traitié de Bretigny.

2. U est ainsi nommé par M. J. luvcncl des Ursins» eo l'Histoire de Charles VI ; d'autres l'appellent des Marets.

3. MiraumoiU, titre du Parlement, dit qu'il estoit de Beauvais, fut premier président en 1373, fit serment de ne prendre pension d'aucun seigneur ou dame ; et, en son Traité de la chancellerie, p. 152 et 153, il dit qu'il fut fait chancelier de France, Fan 1388, et que ce fut luy lequel en l'an 1406, le 12 novembre, à l'ouverture du parlement qu'il tint, ordonna que doresnavant chacun nouvel advocat receu an serment d'advocat, payeroit deux escus, et chacun procureur un escu, pour dire les messes accoutumées en la salle du palais. Antoine Loisel en ses Mémoires de Beauvoisis, chap. des Personnes de renom de Beauvais, art. 16, luy fait un ample éloge, dit toustesfois t^uU estoit bastard,

'é, Mirauniont, titre du Parquet, Fappelle lean Day, et selon les Annales d'Aquitaine Pierre Dacy ; il dit qu'il fut receu advocat du roy en l'an 1375. — > Pasquier en parle eu %e% ^<&c\i«.xOfiAi\ ^\n « w •«

gne, et Robert de Ciermont, mareschal de monseignear le daaphin , duc de Normandie , furent massacrez , et que M. le dauphin mesme fut contraint de prendre le* chapperon du prevost des marchands pour se sauver, qui fut le deuxiesme jeudi de caresme, 11 février 1357, fut Tadvocat Dacy enterré à Saint-Laqdry , dont il estoit, selon ce qui est eserit en la Chronique dé Saint-Den^ys. C'est aussi cduy qui, par une lettre dt M. le régent, du 2S may iS59 , enregistrée en nostrv chambre des comptes, est appelle advoeat générât, et de monsieur , eide nous , qui sont termes lesquels doivent tous estre pesés. Premièrement , en ce qu'on luy baille pour première qualité celle d* advoeat gênerai, qui est celle que les ordonnances qui se lisent a^ ouvertures des parlemens donnent aux advocatsde la cour, y adioustant celle de conseillei*s, en les af^Uaat advocatos et consiliarios générales pariamenti. Secondement, en ce qu*il est dénommé advoeat dû monsieur, qui est à dire du roy (car c'est M. le duc de Normandie, régent, qui parle). £t finalement ad^ vocal de nous, c'est à dire de monseigneur le régent. Et coQséquemment il estoit advoeat gênerai du cotfh^ mun, advoeat du roy , et advoeat de monsieur le régent; et faut remarquer que le titre d'advocat gênerai du commun précède les deux autres qualitez, qui n'est pas un petit honneur à Tordre des advocats. Il est encores fait mention en la mesme Chronique de Saint- Denys d'un autre advoeat du parlement nommé M. Pierre du Puyset, qui fut exécuté avec d'autres en l'an JJâS, non pour aucun crime qu'Aeu^ic^^uxvviÛL» «ivû&k

cause de la mesme mutinerie des Parisiens, M. Guil^ laume-des-Dormans estoit aussi lors advocat ea [Nirle* ment, lequel en Tannée suivante fut employé en qualité d^advocat du roy pour niondit seigneur le dauphin à (aire entendre au peuple de Paris assemblé au palais les grandi des et desraisonnables demandes que faisoit le roy d'Aq*^ gleterre pour la délivrance du roy lean son père. Il fiH depuis cbaoeellier de France par la démission de me^** sire lean-des-Dormans S son frère , evesqae de Boaii* vais et cardinal £t a duré la postérité de Guilbuiper^eft^ Dormans iusques en notre temps, qu'elle est finie ea fiUes. Furent aussi lesdits Guillaume et Jean-des-iVlares» cy-dessus mentionné , employés au traitté fait aveq Iq roy d'Angleterre le V iour de mai 1360, à Bretigny» auquel ils sont dénommez. Depuis, monsieur le dauphin, qui fut Charles V, que nous avons surnommé lei Sage, ayant esté appelle à la couronne en Tan 1364* par le decez du roy lean, son i)ere, la iustice commença a bon escient à reprendre sa vigueur et h régner plus que devant. Car comme il estoit vrayment ss^ et veri tueux, tant en la conduite de ses armes contre les en-t nemis de ce royaume que pour appaiser les divisions el émotions qui estoient advenues pendant son gouverne^ ment et son règne, aussi estoit-ii grand zélateur et amateur des lettres, sciences et disciplines. Tellement

l. Miraumont, en son Traité de la chancellerie, au Recnctl des chanceliers, p. 144 ei suiv., ensemble Antoine Loisel eu ses Mémoire» de Beauvoisis, chap. 3 des Eveschës et Evesqucs de Beaavais, nombres 08 et 70, décrivent assez amjilement l«s vies de ces messieurs des Dormans, cl d'un Milo des Dovmaw?. , •avvs,%\ vi^cwva »\«. Btauvais et chamclict du France, tiU duiVvv(^\ù>\va^<^v

que de son temps une grande partie des bons livres furent tournés en nostre langue ; et non seulement la Bible et autres divers livres de la saincte Ëscriture et des principaux docteurs de TEglise , comme les livres de sainct Augustin de la Cité de Dieu, mais aussi une grande partie de ceux d*Aristote , et notamment ses Politiques et Œconomiguss, la plus part d'iceux par M. Guillaume Oresme , docteur en théologie , lequel en outre, et par le commandement du mesme roy, translata les livres de Ptolémée, avec le commentaire de Hali sur iceux, concernant les plus hauts secrets de l'astrologie iudiciaîre. Et se moustra fort roide conserva" leur des droits de sa temporalité et iustice, iusques à avoir fait composer en latin et en françois le songe du Verger. Et avoit si grand soin que la iustice fust sincèrement administrée par tout son royaume, qu'il ne faisoit quasi rien sans le communiquer à son parlement, qui estoit lors rempli de gens de bien et de savoir. Et ainsi il conduisoit ses affaires avec graqde prudence et iustice; et si sçavoit fort bien faire exécuter ses lugemens par la force de ses armes , ny pourvoyant pas moins puissamment dans son cabinet, d'où il ne boageoit, par le ministère de ses capitaines, que le feu roy son père par sa présence.

Ce r'establissement du parlement, fait après la deslivrance du roy lean, fut cause que le nombre des advocats s'accrut tellement qu'il y fallut apporter un règlement ^ Car ce fut lors, sçavoir en l'an 1363, qu'il fut

I0 Ancien reglemîui concernant le» »dvocaiU.

ordonné qu'en prestant*le serment aux ouvertures des parlemens, on feroit un roole des principaux advocats qui en feroient la charge pendant sa séance ; qu*Hê seraient irefs en ieurs plaidoyers et escritures ; qu'ils n*tiseroient de redittes^ qu'ils ne parleroient que deitx fois, sçavoir est en réplique et duplique après leur premier plaidoyer; qu'encores qu'ils fussent plusieurs au conseil d'une partie, toutesfois il n'y en auroit qu'un qui porteroit la parole ; qu'ils signeroient leurs escritures ; que, pour la conduite d'une cause, ils ne receveroient point plus de trente livres tournois, qui estoit une assez grande somme ; car par la mesme ordonnance on ne taxe à un conseiller allant en commission à six chevaux que soixante sols par jour de quelque qualité qu'il fust ; ce qui monstre le compte et Testât que l'on faisoit lors du labeur d'un advocat , les trente livres valans en ce temps-là cent escus d'auiourd'bui. Ce fut aussi le mesme roy qui fit recevoir en son parlement les appellations des comtes d'Armaignac , d'Albret, de Périgord et des barons et nobles de Guyenne contre le prince de Galles, duc de ce pals, ayant à cette fin fait assembler les principaux seigneurs , tant ecclésiastiques que séculiers, ses officiers et gens des bonnes villes de la France ; qui fut un exploit de iustice qui a autant profité à ce royaume qu^eust pu faire une grande bataille.

le viens donc à vous parler maintenant de M. lean des Mares^ et particulièrement de M. Pierre de Fontebrac , pour vous dire que ces deux coururent des fortunes grandement différentes, en ce que l'un, sçavoir

46 DIALOGUE DKS ADVOGâTS

est des Mareé^, qai afoit esté l'un des principaux con* seillers du roy Gharles-le-Sage , et par luy employé ai| conseil qu*il prit en son parlement le 28 décembre 1365» et qui depuis encores avoit esté son advocat, et en cette qualité avoit parlé pour )e prevost des marchands et escbevins en la présence de monseigneur le régent» lorsqu'il proposa à la cour le traitté qui se devoit faire avec le roy de Navarre, se voulant retirer de Talliance des Anglois ; ce qu'il fit avec si grande liberté qu'il nomma tout haut ceux qui ne dévoient estre receus è r'enirer dans Paris comme estant traistres an roy et à la ville ; et encores depuis fit une remobtranoe sur la majorité du roy Charles Vf et sur le faict de la régence et du gouvernement du royaunoe ^ Ce des Mares, dis-ie, parla avec une si grande hardiesse que les ducs d'An«- Jou , de Berry et de Bourgongne s^en estant offenses, trouvèrent moyen de hii faire Ibire son procez, sons prétexte de la mutinerie de la pq)ulace de Paris, et fat mené si chaudement qu'ils le firent iniustement décapiter aux halles. Et neantmoins vingt-quatre ans après ses os furent enterrez ' en regliseSaincte-Catberinedo Yal-des-Escholiers avec son espoose , où sont encoree de présent leurs efiigies relevées en bosse à la main gau* che du chœur. Ce qui nous ajifrend combien ii est periiietia> de s^ entremettre des affaires /wiiiques pendant tes trouôtes, dont nous n'avons

1. V. Pas(|iiier. en ses Beclierclic», liv. ii, chap. 18, p. 143 et 1 14.

"4. Suivant la penniKsipn doiiuoe à »cs |)arents |Kir arn-st du par*^ Icmcnt, (lu 11 mars li05, aini^i cpru irmar^ltic IMiraiiinoiit, litre dti Pan{aei.

f fie trop d'exemptes tragiques de nosivt teinps. £t au contraire l'autre, qui e^oit i>l. Pierre de Foiftebrac» aussi advocat en ce mesme temps, et simple cha* noîne de Chartres , ne s'entremettant que des affaires communes du Palais, et jH'incipaiement pour la défense des causes des ecclésiastiques , fut fait cardinal par le pape Clément VU , qui lors séoit à Avignon , selon que disent nos annales, car il n'est pas dénommé entre les cardinaux recueillis par Onufre.

Ce que i'ay dict de des Alares et de Fontebrac advint sous le règne de Charles VI ; de sorte que ces deux advocats peuvent estre nommez entre les advocats des re* gnes de Charles Y et Charles VI , comme réciproque* ment il y en a du temps de Charles VI qui pourroient estre mis entre ceux des ix)is Charles VI et Charles VIL Or sous le règne de Charles VI ie trouve un bien grand nombre d*advocats, comme maistre lean Filleul, lean de Rumilly, Gilles le Noir, Raoul dXUmones, lean le Coq, dit GaUi, lean de Neuilly, Raoul d'Amiens, Denys d« Mauroy, Pierre FOrfévre, lean Couard, lean Perier, lean Invenel des Ur^ns, Clément de Reillac, Raoul Piment» Martin Doublé, Oudard Bertine et lean de la Rivière, tous fameux advocats de leur temps; mais principalement le Coq, lequel ayant longuement plaidé pour le roy ^ et pour plusieurs parties, nous a conservé les noms de la plus part des sus nommez , et laissé beaucoup de notables

1. En effet, Mlraumont le met parmy les atlvocats <1« roy, en l'aa 1392, et dit que celiiy-cy est peot-es(te le M. lean le Geq, qtii est nonimé eHire les presens au conseil te»u pour le roy en la ckauibre du i^rkment le dinème io«r d'avril 1396, wimédiale* ment après le procureur-général.

arrests et décisions ^ du droict civil, canon, coustumier et'françois. Pour le regard de M. Pierre TOrfévre, le ne vous en diray que ce qui est touché cy-dessns, qui est qu'il fut chancellier de Monsieur d'Orléftns. M. lean de la Rivière fut envoyé pour procureur du roy au concile de Constance ; et depuis fut fait chancellier de Bretagne. Quant à maistre lean Filleul et Martin DouUé» qui estoit aussi conseiller au Chastelet, ils coururent tous deux fortune au mesme temps de M. lean Des Mares, ayant esté lors emprisonnez avec messire Guillaume de Sens, mais on ne les nomme point entre ceux qui furent exécutez. Ce M. Martin Doublé est allégué par nos coustumiers pour aucteur d'une maxime en faict de bastardise ^, sçavoir est que ieséastards ne peuvent recevoir legs de leur père ou mère ; ce que Ton doit entendre des legs excedans leur nourriture. Et pour le regard de M. lean de Neuilly, il se remarque, par ce que Galli en r'apporte , qu'il esioit homme violent, cholere, et courageux en ses plaidoyers, ainsi qu'il se peut voir en sa question XCVIT , où il y a qu'il fut condamné en l'amende, plaidant pour quelsques parti-culiers d'Orléans. Ce qui me fait penser que feu M. Ks-

1. Pasquier, liv. il de ses Recherches, cbap. 4, p. 59, cite ce lean le Coq sur une de ses décisions ; et Antoine Loisel r'ftpporte celte-cy de luy en ses Instiiutes coustumieres, ou Règles du Droict François, liv. ji, tit. 5, art. 17 de la première édition et 18 des autres. Par la plus part des coustumes, dit-il, les parents conjoints dun seul caste succèdent avec ceux qui sont conjoints de double ligne^ suivant les advis de maistre lean le Coq, Pierre le Sec, et autres anciens sages, sur ce ou'is par tourbe»

2. Loisel a rapporté celte maxime en ses Règles du droict François, Uv. I, lit. 1, art. 35 de la première édition, et 43 dei autres.

tienne de Neuilly, qai se fit premier président en la conr des aydes , lors cpie le feu sieur de la Place , qoi avoit aussi esté advocat, fut tué à la Saint Barthélémy S et encores un autre de Neuilly, maistre des requestes , qui donna un souffiet à un officier de l'empereur Charles y , estans en conférence comme députez de leurs maistres, ceia^ dis-ie^ me fait croire qu'ils estoient de la race de ce maistre lean de Neuilly, ayans tous esté d'un naturel fort prompt, hauts 5 la main et hntins, s*il m'est loisible de parler en l'ancien langage de ce temps-là, c'est à dire mutins et querelleux. le diray aussi un mot de M. lean Coiiard, qui semble ne devoir être mis en oubly , qui est que c'est luy duquel l'advis fut suivy par l'arrest r'apporté par Galli et depuis aussi confirmé par nostre couslume de Paris ^ , sçavoir est que l'argent destiné pour estre employé en achapt d'héritages doit estre réputé immeuble, ainsi qu'il y a en sa première question ^ oîi il est r'apporté qu'il estoit un très-grand advocat. Nous apprenons encores du mesme autbeur que M. Oudard Bertine , chanoine de Paris , estoit advocat du roy et de l'église de Paris tout ensemble ; et pareillement que la cour avoit lors telle confiance en la preud'hommie des advocats , que M. Clément de

1. Miratimont, titre de h Cour des aides, dit que le sieur de Neuilly fut ponrvcu de cet estât de premier président le 11 janvier 1569, qu'il exerça depuis par rabscncc de M. Pierre de la Place; et loutesfois Pasquier, au xvi' liv. de ses Lettres escrivant à M. Théodore Pasquier, son fils aisné, p. 245, dit qu'il fut fait premier président par M. de Mayenne, c'est'à-dirc pendant la Ligue.

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