INTRODUCTION
Le Dialogue des Avocats de Loisel contient l'histoire de la Magistrature aussi bien que celle du Barreau : car dans les trois premiers siècles qui suivirent l'établissement du Parlement rendu sédentaire (de 1302 à If 02), on voit presque tous les magistrats commencer leur carrière dans la profession d'avocat, pour y faire montre de ieur suffisance aux affaires; et les plus renommés pour leur habileté et prvd'hommie prendre de là ieur volée, pour passer aux états de ConseiiierSy Advocats du roi. Procureurs-généraux et Chanceiiiers.
Pour toute cette époque , on peut dire avec raison que Loisel a été le Piutargue des gens de Rohe,
Quelque peu qu'il dise sur chacun, il les caractérise si bien, et. chemin faisant, il rattache si habilement à son Dialogue les faits généraux et particuliers, que son œuvre, pleine de charme à lire, malgré Ja rudesse mais aussi à cause de la naïveté de son vieux style, est restée ]a meilleure biographie de ces premiers temps.
Cet ouvrage , si intéressant pour le Barreau, n'avait cependant jamais été mis à la portée du public de manière à en user commodément.
Il ne fut pas imprimé du vivant de Loisel , car il recommande dans son testament à ses héritiers de le publier *.
1. Claude Joly, dans sa Vie de Loisel, pages 41 ei 57, dit que « Loisel ne put exécuter lui-même le dessein qu'il semble avoir eu »' de mettre au jour auparavant mourir cette petite Histoire du Pa- >> lais^ atin de laisser à son Ordre des marques honorables de ses " dernières affections;.... mais jugeant que cette liistoire pourrait » cHrc quelque jour bien reçue, il ordonna depuis, nommément par » son testament, ((u'ellc serait imprimée. »
il IINTRODUCTION.
(llaude Joly accomplit ce vœu de Fauteur en faisant imprimer le Dialogue parmi les Opuscules de Loisel, où il occupe 106 pages , noyées dans un in-Zi° qui en contient plus de 800.
J'ai cru faire une chose agréable au Barreau en comprenant cetie petite Histoire du Palais dans l'édition des Lettres sur la profession d'Avocat que je publiai en 1818, et dans celle qui suivit, en 1832 *.
L'accueil fait récemment à Y Éloge d'Etienne Pasguier, et l'occasion que j'en ai prise de parler du Dialogue des Avocats de Loisel, a fait naître au libraire Videcoq la pensée de donner une nouvelle édition de ce Dialogue dans un format plus commode, qui le mît à la portée de tout le monde et en fît une sorte de veni-mecum pour les avocats.
Je m'y suis prêté volontiers, car je ne connais pas d'écrit plus capable d'intéresser tous les membres de la Magistrature et du Barreau : il y a des leçons et des exemples pour tous, pour ceux qui sont avocats, pour ceux qui sont devenus magistrats , et aussi pour ceux qui , après avoir quitté leur profession , seraient tentés d'y rentrer.
J'ai pris soin de rectifier quelques inexactitudes qui s'étaient glissées dans l'édition de (Claude Joly. — J'ai coupé le récit par des alinéas destinés à soulager l'attention du lecteur; j'ai ajouté quelques notes aux précédentes, et j'ai mis tous mes soins à rendre cette édition aussi correcte qu'instructive.
Ces notes sont empruntées la plupart aux ouvrages^ de Miraumont et de Blanchard ^. Elles étaient néces-
1. Deux volumes in-8. Le Dialogue se trouve dans le tome 1"^.
2. MiRAULMONT OU MiiiADMONT ( Picrrc DE ) , liisloricu , né à Amiens en 1550, fut conseiller du Roi en la Chambre du trésor à l*aris, puis lieutenant-général, et ensuite prévôt de l'hôtel et grandprevôt de France. Il mourut à Paris le 8 juin IGll. — Ses ouvrages sont estimés. Lacroix du Maine dit que « c'était un homme docte,, grand rechercheur de fantiquité. » Il a laissé : 1" des mémoires sur
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sa ires pour préciser une foule de dates, et pour apprendre au lecteur le chemin qu'avaient fait depuis Loisel plusieurs personnages dont la carrière n*olai! qui' commencée lorsque le Dialogue a été composé, o. dont il parie d'une manière incomplète.
L'ouvrage de Loisel finit en 1 600. — Deux siècleet demi se sont écoulés depuis, et l'on conçoit ((ji< l'hisloire moderne du Barreau , sans être aussi naïvo v aussi piquante que l'ancienne, serait certainement pli étendue. C'est un ouvrage à faire \ mais j'ai voulu < moins jalonner la route, en recueillant au passage 1 noms des plus célèbres avocats du Barreau de Pari ceux qui mérileraient le mieux de figurer dans ( nouvelles annales. C'est une simple nomenclature <{' j'offre à mes anciens confrères, avec des notes trc courtes, bien fugitives, simples souvenirs attachés .. quelques noms :
O vos , o Soci'i ! prima atque novissima nosiri Nomina Colley ii discite, et historias.
C'est un cadre que chaque avocat pourra étendre «
X origine et Nlnhlissement du Parlement et antres juridictions rova > étant dans V enclos du Palais, elc, avec une suite chronologique i premiers Présidents, — l" édition, 1584, in-8. — 2^ cdiiion, 10 in-8. — (^et ouvrage est estime pour l'exactitude des faits, que !' leur a tirés de registres et de pièces authentiques. — 2" Le /^ de V Hôtel et le grand Prévôt de Paris, 1610, iu-8. — 3" Tra.tc d ■. CImncellerie , avec un Recueil des Chanceliers et Gardes des S, .de France. 1610, in-8.
Blanchard (François), avocat à Paris, mort en 1660. T.,vrages qu'il a publiés , et qui sont citts dans les noies du Dinl.v sont: 1" Eloges de tous les premiers Présidents du Parlcmcni Paris, depuis qu'il a été rendu sédentaire jusqu'à présent. H iQ-folio. — 2° Les Présidents à mortier du Parlement de Pari< , puis 1631 jusqu'à présent, 1647, in-folio. — 3° Vllisliic. Maîtres des Requêtes, depuis 1260 jusqu'en 1675, impriiiui 1670, in-folio. -— Ces ouvrages n'ont pas été continues : ils aurii; mcriié de l'être.
I. Kn attendant, on peut consulter avec fruit ceux de Foin : %.\o\. in-8°; de MoUot, l vol. in-S", et de Coulure, 1 vol. in H".