‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 3 sur 92 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

reHserrer à son gré , el sur lequel aussi chacun pourra coter ses impressions et enregistrer ses anecdotes. — Les jugements portés sur plusieurs avocats^lu dernier siècle [dans le Discours du Bâtonnier de 1812 peuvent servir de modèle dans l'appréciation de quelques-unes des gloires du Barreau.

J'ai fait suivre ce discours par celui que j'ai prononcé moi-même comme Bâtonnier en 1829. 11 exprime mon amour pour la profession d'avocat, ma reconnaissance pour des confrères avec lesquels j'ai passé la plus heureuse partie de ma vie , et pour les jeunes avocats des avis dont ils pourront peut-être tirer quelque fruit.

J'ai fortifié mes conseils par ceux qu'Etienne Pasquier donne îi son fils Théodore dans une lettre où , V exhortant à hien faire, il monstre de quelle façon doit estre ie bon advocat. Chaque stagiaire pourra en faire son profit, en songeant que tes conseils qu'un père, homme de mérite, adresse à son fils y sont toujours les plus sincères, les plus affectueux, tes plus utiles.

Enfin, j*ai complété le volume par l'éloge d'Etienne Pasquier et par des Notices sur les frères Pithou et sur Loisel. Voici pourquoi :

Pasquier est le principal interlocuteur du Dialogue ; c'est lui que Loisel interpelle et provoque à raconter ce qu'il sait de l'histoire des Avocats ; et, en effet, la plupart des anecdotes que Loisel met dans la bouche de Pasquier sont tirées du livre des Recherches de celuici , comme on pourra -s'en convaincre en recourant aux citations indiquées dans lès notes.

Pasquier n'avait garde de parler de lui-même : « Non » que je veuille, lui dit Loisel dans sa fiction, vous » prier de parler de vous... ; ce qui seroit un peu trop » curieux, et par adventure périlleux et sujet à envie. .. » Par la même raison, Loisel ne dit rien non plus de ce qui le regarde ; et quand Pasquier, arrivant à P. Piihou, veut entreprendre de le louer, Loisel l'arrête par

INTRODUCTION. y

ces mots : « N'en dites pas davantage ; j'espère faire » Toir à ces jeunes tiommes, et à vous aussi, si vous en » voulez prendre la peine , ce que fay escrit de sa » vie. />

Il n'eût pas été juste que ceux à qui nous devons le Dialogue des Avocats îm9tn\,omh\ on trouvera donc ici réloge de Pasquier, avec les notices que j'ai rédigées sur Pierre et François Pithou, et sur Loisei,

J'ai pris plaisir à retracer, aux yeux de mes contemporains, la vie honnête et laborieuse de ces hommes probes et religieux qui nous apparaissent à la fois comme lettrés et comme savants, partagés entre l'étude et la pratique des affaires , détachés de toute préoccupation de leurs intérêts matériels , bornant leur ambition au soin de leur honneur et de leur considération personnelle, dont tous les actes portent l'empreinte d'une vive sollicitude pour le bien public, saintement animés qu'ils étaient par l'amour de la patrie le plus pur et le plus éclairé.

L'éloge de Pasquier est accompagné de notes histotiques, qui remettent en lumière les faits qu'il importe de ne pas perdre de vue pour apprécier le danger de la secte qu'il a combattue ; secte dont les membres se reproduisent comme les têtes de l'hydre, et dont la présence entretient un péril social toujours imminent. Lors de leur suppression, ils se sont séparés au cri de Sint ut sunt, aut non sint ; lorsqu'ils reparaissent , on peut donc être sûr qu'ils seront aujourd'hui tels qu'ils étaient autrefois, turbulents, inquisiteurs , avides de richesses et de domination.

Les temps ont changé , la chose est restée la même ; voilà pourquoi le public a vu la peinture du présent dans ce qui n'était pourtant que le récit du passé : Mutato tcmpore, de te fahuta narratur.

Four compléter l'ensemble des documents publiés avec, la première édition du Discours, j'y ai joint ce que j'appelle V épisode de 1828. Je reproduis mon Opinion

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