‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 22 sur 92 · Procureur gênerai en 1389. (Miraumont · texte numérisé non relu

Procureur gênerai en 1389. (Miraumont

4. Le mesme rappelle M. Michel de Pons, et le net procnrenr gênerai sons l'an 1479.

5. Miraumont nomme un Henry Boile.iu advocat du rov sous ranl40S. ' '

Sor ce M. Pithou vint à dire: Hé, messicurg, ne prendrons-nous pas coursée et exemple sur ce messirc lean luvenel qui de simple advocat de la cour a acquis tant d'honneur, a esté employé en de si belles charges, et finalement a laissé une mémoire si honorable de son nom, que Testât d'advocat en sera à tout iamais recommandable ? — Il ne se faut plus attendre à telles esiections et advancemens , dit M. le maistre des requestcs Pasquicr , au moins tant que la vénalité et cherté des offices durera, laquelle nous voyons croistre et augmenter de ioar en iour. — le le crois, dit son frère, et pense que ie demeureray perpétuellement en la salle du palais, si mon père ne me délaisse son estât d'advocat du Roy en la chambre des comptes qu'il m'a résigné en survivance. — Quantàmoy, dit mon puisné, i'ay tout au contraire quasi regret d'avoir esté pourveu de mon estât de conseiller, estimant que si ie fusse demeuré simple advocat, ie me fusse plus advaucé et eusse plus servy au public , que par adventure ie ne feray en mon office. — le ne suis point de cet advis , dit son frère; et voy bien que nous ne sommes plus au temps auquel on recherche les hommes pour leurs mérite et valeur ; mais il faut qu'ils s'advancent aux cstats d'euxmcsmes et par argent ; autrement ils croupiront en la poussière du palais. ^

Vous m'avez fait plaisir^ dit M. Pasquier, d'estre entrez en cette contestation , ayans cependant donné au* tant de relasche à mon discours; car, de vérité, i'estois hors d'haleine d'avoir parlé si longuement. £t neantmoins si faut-il que ie vous adiouste que vous ne devez

DU PAliLËMEMT DE PARIS. 61

pas sculomenl faire estât de messirç lean loveDel, pour avoir esté esleu advocat du Roy et preTOSt des marchands et pour aToir esté père d'un chancelier et d'un evesqne et archevesque , pair de France , et authenr d'une si grande et notable maison en ce royaume : ie ne fonde pas sa grandeur sur cela seulement, mais sur ce qu'il est nommé par nos histoires un grand preud'homme , de grand sens et de tres-bon conseil. Car afin que vous ne mesuriez pas son mérite par ses bonnes fortunes seulement , il faut que vous sçachiez qu'il n'a pas esté exempt des mauvaises : ayant esté calomnieusement accusé^ par de faux tesmoins favorisez et supportez par le duc de Bourgongne , lequel s'esloit offensé tant des remonstrances cy-dessus recitées que des faux r'apports qui luy avoient esté fiiicts qui le touchoient; et à cause de l'affection que messire luvenel avoit monstréc en appaisant la mutinerie des Parisiens. Et sans les advertissemens qu'il receust quasi comme par un miracle^ de ce qui se tramoit contre luy, il eust couru la mesme fortune qu'avoit faict M. lean des Mares, son devancier en Testât d'advocat du Roy. Encores ne pust il eschapper qu'il ne fust mis prisonnier au Gbi^stelet par l'ordonnance des mutins qui commandoientà^aris, en l'an 1^13, à faute de payer la somme de deux mille escus à laquelle ils le cottiserent, dont il fallut payer une partie comptant et leur donner asseurance du demeurant '; et si tous ses meubles fment pillez lors qu'il s'en-

1. En THistoire de Charles VI, sous Tan 1393, p. 122, 123 et 12 !.

Page 1