‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 23 sur 92 · Page 320 de FliUtoire d« Charles VU · texte numérisé non relu

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fait de Paris, lesquels montoient bien k seiie mille escus ; et outre , il avoit esté desappointé de k présidence de Languedoc et de Testât de chanceBier de monseigneur le dauphin pour V avoir trop éten êervy, ayant refusé de sceUer des dons eak^essifs qv^il faisoit. Mais il porta ses pertes et infortunes de si grand courage qn*i\ monstra avoir lors , qu'il trooTa en un instant quatre ou cinq cens chevaux dans Paris, pour emposcher que le duc de Bourgongne n'emmenast le roy avec luy. Et lors encores il fit porter parole au fflesme duc r qne Ton le trouveroit k la barrière de ia porte Bordele qui est celle qu'on appelle à présent de Sainct-Marcel , ponr avoir raison de celuy qui avoit mis le feu en sa belle et plaisante maison de Ruel : qoi monstre qu'il estoit homme non seulement de parole et de conseil, mais aussi de main, de hardiesse , d'effect et d'exécution quand il en estoit besoin. le veux donc dire que les hommes ne se doivent pas seulement e^mer pouf les bonnes fortunes qui leur advienncnt, ny mespriser pour les mauvaises. Et de faict a t'on ùiit mmns de compte de Marc Antoine l'orateur, de Ciceroti, de Seneque et de nostre Papinian, pour avoir esté iniufh tement et iniurieusement traîttez et massacrez par leurs ennemis et par des tyrans? de Demosthene, de Socrate et d'infinis autres que ie vous pourrois représenter de l'antiquité? Non, mes en fans ^ non, ii ne faut point faire seulement estât de ia vertu pour tes bonnes rencontres qui arrivent, mais ii ia faut cultiver, principalement à cause d'eile-mesm^, quoy que souvent elU soit accompagnée ou suivie

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d' accident mal fortunez, seion i' opinion du vulgaire, «hais honoraùies, quand i^lnnoeence et ta éonne vie sont connues de tous et princi-i paiement de Dieu, qui est ie iuste iiuje de nos actions. ^ •

Vous avez raison, dis4e, d'en parler ain^, et suûi bien aise que vouis ayez fait celte leçon à cette icuoesse. Mais n'estes vous point las d'avoir tant et si longuement parié en l'aage où vous estes? Car cncores que vqu$ ayez fait preuve en cette action comme en beaucoup d'autres de la. force et vigueur de vostrc esprit, et de vostre mémoire , et que tant s'en faut que nous soyons ennuyez de vous ouïr, qu'au contraire le temps ne nous a quasi rien duré , si est ce qu'il y a près de trois heures que nous sommes icy. Partant il est désormais temps que vous vous reposiez , et qu'on se pourmene un peu avant soupper, en remettant la partie h une autre fois. — A la vérité, dit M. Pasquier, ie suis cncores bien loin du bout de mon roolet, n'ayant parlé que des advocats du temps des rois Philippes le Bel* et de ses trois enfans^, de Philippes de Valois*, de lean *, de Charles VS et de Charles VP, m'estant advancé de dire quelque chose de ceux qui ont atteint le temps de Charles Vif,

2. Les trois enfans de Pliilippes le Bel furent Louis X, dit }lutin, qui commença à régner en 1314; Philippes V, dit le Long, en 1310; et Charles IV, dit le Bel, qui régna eu 1321.

6i DIALOGUE D£S ÀD VOCAXS

et coDséquemment me restant tons les autres des règnes de Charles VII , de Louis XI , de Charles YIII » de LouïsXII, de François P', de Henry II et ses trois enfans, et de nostre Henry lY, qui sont six fois en plus grand nombre que ne sont tous ceux desquels le vous ay parlé, et dont ie pourray faire plus certain iugement que des susnommez , au moins de ceiix que i*ay veus et ouïs de mon temps. Cela , dis-ie , mérite bien une autre iournée entière. Ce sera donc, dit-il, pour une autre fois, dont je vous feray advertir en vos maisons; et ce sera , si vous le trouvez bon , en ce mesme lieu; et cependant ie reverray encores mes mémoires. — Nous vous en prions tous^ luy dit la compagnie quasi d'une voix.

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