‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 72 sur 92 · Pasqnier s' l'un de SCS aiuiR · texte numérisé non relu

Pasqnier s' l'un de SCS aiuiR

publication des i*

« assidu*) -cinestra-

.« à ravi il y a

» illastres fa-

.cques Gilbert,

•«igneur de Yoi-

. : et dès l'année

.nremier président

.c-dre des magistrats

oisins, avocat-gé-

. raverser les temps

.^tf$ religieuses et les

tigenittis. Comme

.i«urs rencontres à dé-

rance et ceux de la

rfti ultramontains. Ce

iiement rendit, le 22

.^frt^ssion et défense de

^j^ et envoyée de Rome,

li. Le réquisitoire de

.^-a«: avec l'arrêt, porte

^ til^ioux dans lesquels la

^ Benoît XIII parie

,^r«r Henri IV.

^^ ^ue Grégoire VII , si

.V empereur Henri IV,

, icjsser le plus loin les

j4^s on ne s'attendait

.^ , et célébrer dans un

ÉLOGE D'ÉllKNiNE PASQUÏÏ^.R. 54»

Bce ecctésiastique , Texccs où le conduisirent des ft^irincipes si dangereux.... Est-ce donc le chef-d*œu- ^^^re de son zèle d'avoir entrepris de priver un roi de ^Fsa couronne et de délier ses sujets du sernrent de fi- 01 détité? et pouvons -nous voir sans douleur qu'on ^'«ppnie sDfr un fait si digne d*être enseveli dans Tou- P% Mi , les titres qu'on lui donne de défenseur de l'Église, ^ fcde restaurateur de sa liberté, de rempart de la maî- ^ "ïflon d'Israël?... Souffririons-nous qu'à la faveur de

* ce ^tendu Swpptément du Bréviaire Romain^ % on mît dans les mains des fidèles ce qui tend à ébt*an- » lor les principes invariables et sacrés de l'attachement

* des sujets à leurs souverains , et ce qui blesse (es % maximes que Von a toujours maintenues

* dans ce royaume très-chrétieH ^ avec ta conh stance ia fius invincible ? »

Vous voyez , messieurs , qu'à cette époque plus prévt)iyante peut-être que la nôtre , plus jalouse , en tous tfaii, de la conservation de certàkies libertés, et plus intelligente assurément dans la manière de les défendre, on ne regardait pas la Hturgie comme chose indifférente ; €ft cela prouve , même pour le temps actuel , qu'il vaut mieux s'en tenir aux livres usités dans les églises de France , que d'emprunter dés pages toutes Irites à des livrés étrangers I (S)

Notre collègue M. Gilbert de Voisins, né le 23 avril 1773, arrière-petit-fils de l'avocat-géuéral , était appelé à -suivre la cai'rlèi'e de ses ancêtres; mais son père, prérident à mortier au Parlement de Paris , après en avoir ^é greffier en cb^f , était tombé victime du TribuuoL

242 ÉLOGE D*ÉTIENNE PASQmER.

révolutioDoaire en novembre 1795. Tous ses biens furent confisqués , et une perte plus regrettable encore fut celle d'une immense bibliothèque de famille qui fut presque entièrement dispersée.

Le jeune Gilbert de Voisins , forcé de s'expatrier à Fâge de dix-huit ans, rentra en France dès qu'il le put, c'est-à-dire à l'époque du Consulat £n 1805 , il entra dans les fonctions publiques , et débuta par la place de Juge suppléant au Tribunal de la Seine , comme ses pères avaient débuté au Châtelet de Paris. En 1807 , il devint Conseiller à la Cour Impériale ; en 1811, Président de Chambre ; et en 1812, Maître des Requêtes au Conseil d'État.

Napoléon, à son retour de l'île d'£lbe , le nomma Pair de France et Conseiller d'État Appelé au poste de premier Président de la Cour d'appel de Paris, il y apporta, sans doute, avec cette noblesse de maintien inhérente à sa personne, toutes les vertus du Magistrat, mais sans pouvoir toutefois nous faire oublier son prédécesseur (M, Séguier).

La seconde Restauration , qui survint presque aussitôt, lui enleva toutes les dignités dont il était revêtu; et ce n'est qu'en 1830 qu'il est redevenu Pair de France, et qu'il a été nommé Conseiller à la Cour de Cassation, membre du conseil privé du Roi , et colonel de la septième légion de la garde nationale , où son courage ne fit jamais défaut

M. Gilbert de Voisins se faisait remarquer par une grande douceur de mœurs, et une sorte de laisser-aller qui semblait engelure Ténergie du caractère , mais qui

ÉLOGE D'ETIENNE PASQUIEB. 243

cependant ne détruisait pas en lui un ferme attachement à des opinions qu'il regardait comme des principes. Quoique cruellement froissé par la Révolution , il ne méconnut pas ce que les changements opérés avaient produit d*utile à la France. Ruiné par les confiscations qui lui avaient enlevé une fortune de 7 millions, il vota contre la loi d'indemnité qu'il regardait comme une loi de réaction. Au milieu même de sa détresse, il n'en était pas moins , autant qu'il le pouvait , généreux et bienfaisant — Fidèle à ses traditions de famille, on le vit, à une époque où la Société fameuse qu'avait combattue Pasquîer cherchait à profiter de la restauration Royale pour opérer sa restauration propre, publier en son nom un volume dont il avait retrouvé les éléments dans les débris des archives de sa maison, et qui parut en 1823, sous le titre de : « Procédure contre 9 {'Institut et tes Constitutions des Jésuites, éui- » vie au Parlement de Paris, sur l'appel comme d'abus » iuteijeté par le Procureur Général , recueillie par un » membre du Parlement. «.(C'était son bisaïeul.)— Dans une préface courageuse. M. Gilbert de Voisins expose avec une énergique concision les motifs qui l'ont porté à faire cette publication (T).

« C'est le devoir d'un bon citoyen, dit-il, de remettre » soos les yeux du public les motifs qui réunirent con-

• tre les Jésuites tous les Parlements du Royaume ,

• toutes les Universités, une portion nombreuse du

• Clergé, et une foule d'hommes recommandables par » leurs principes religieux et monarchiques , parce que » ies dangers qui résulteraient de leur tn(lue'ac«.

244 ÉLOGE RETIENNE PASQUIËR.

» acivsUe serait beaucoup plus grands qu'à l'éf^ique » de leur destruction.... (les moyens de résistance n*étant plus les mêmes), (.'histoire, Timpartiale histoire, » ajoute-t-il, dira que les Jésuites ont causé plus de maux » aux Peuples, et fait tomber plus de rois de leurs trônes, » que les assemblées populaires IcSl plus violentes. »

£t il en donne la rais(>n : — <i Les Jésuites servent • les gouverpemeats et l'Église, quand TÉglise et les » gouvernements leur sont souipis; mais siFÉgliseet » les gouvernements ne font pas tout ce qui lepr pla|t, ». ils en deviennent les plus dangereux et les plus cxn^ » ennemis. » — De sorte qu'il n'y a d'autre ajtçrnuiiyç que de périr par eux, ou à cause d'eux; il faut opter eutre un joug et un péril.

AL Gilbert de Voisins est mort à Parj$ le 20 avril 18/i3, dans les sentiments d'une çiixcère piété.

Huit jours après (le 28 avril), nous perdions I!^. i\u« pérou.

Il avait près de quatre-vingts ans, étant pé le 25 juip 1763, à Châtelaudren, en Bretagne.

A défaut d'ançétres qui pussent l\ii servir dç modèles et d'encouragement, il eut pour exciter son émulatiuii les hommes célèbres que la Bretagne a produits. Detou^ temps, en effet, cette province a fourni un noble contingent de Jurisconsultes et de ^Magistrats. Pour l'ancien droit, d'Argent^é, Hervé, Hévin, Poullain-puparc; parmi les modernes, ïoullier, (^arré, Boulay-Paty; dans les hommes de luUe et de coura(;e, Lanjuinais, La Chalotais, dont la mémoire a été défendue sous la Restauration par l'un de vous, IVJ. Iç conseiller Çerda^rd.

ÈlQQï, D ETIENNE PASQUÏER. 245

Âvaot la Révolution , M. Rupéroq était avocat à\\ Parlement de Bretagne et docteur en droit iç la Façplté de Rennes. £n 1788, il était président de la sénéchaussée de Guiogamp. — Dès 1791, il fut élu membre di4 directoire du département des Côtes-du-Nord. Bientôt après , obligé de se soustraire à un mandat d'ari'êf > c'est-à-dire un mandat de mort lancé contre lui par Carrier à la fin de 1792, sa fuite le fit mettre bpr^ la loi. Il resta, comme Lanjuinais, caché pendant treize mois et demi que dura la terreur.

iprès le 9 thermidor, on lé nomma Procureur général du département des Côtes- cJu-Nord; et en vendémiaire an IV , il fut élii , par le collège électoral de ce département , membre du tribunal de Cassatiou ^ Ses fonctions devaient cesser en Tan vu, aux termes de la loi ; mais il fut de nouveau nommé membre de ce tribunal, le l*** flortal an viii, lors de la réorganisation judiciaire qui suivit la loi de ventôse , et il a gardé les mêmes fonctions jusqu'au jour de sa mort, c*est-à-dirç qii*il est resté parmi nous quarante-sept années , san^ mélange d'aptres fondions que celles de député , qu'il remplit cim|plativement, de 1815 jusqu'à la fip de 1820, à la suite d^ trois é|ectiops consécutives.

Vous rayez toujours vu, messieurs, magistrat zélé , patriote ^if)çère, apportant dans ses opinjons la feripeté d'un vrai Bretoi^ , simple d^ns ses manières , bon i^t fidèle ami. C'esjt iip grand bonheur d'avoir vécu dans

1. J'aime à constater ici la liaison inlime qu'il contracta à cette époque avec M. Dupin, mon oncle, «^lu comme lui membre cla'TtVbunal (le Cassation par le département de VUérauXt, eu\^w \n .

rintimité de pareils hommes; malheureusement chaque aouée la mort nous en ravît quelques-uns, et il semble toujours que ce soient les meilleurs !

Depuis treize ans, la Cour a vu disparaître les trois cinquièmes de ses membres ; elle n*en a guère eu qui comptassent des services plus nombreux que M. Rupérou; aucun, un seul excepté, n*en comptait de plus longue durée.

Honorons nos Vieillards, messieurs; révérons ces hommes vraiment dignes du nom de Sénateurs, qui ont traversé la vie en laissant sur leur passage la noble trace de leurs actes et de leurs vertus ! Adressons des vœux au Ciel pour conserver long-temps ceux que nous voyons encore à notre têle! Ces Magistrats, dont les cheveux ont blanchi sous la pourpre, sont l'éternel honneur des Compagnies judiciaires! Leur seule vue inspire le respect! A leur grand âge s'attache l'idée d'une longue expérience acquise par de longues études, fortifiée par la connaissance des hommes et le maniement des affaires. On trouve en eux moins de passion, plus de bienveillance et de douceur, plus de cette affection devenue pour ainsi dire paternelle, et qui, réciproquement, fait naître, chez ceux qui les approchent, le sentiment d*une vénération toute filiale. N'oublions pas surtout que ce sont eux , vétérans de la science et du devoir, qui ont puissamment travaillé à élever cet imposant édifice de la jurisprudence moderne, et acquis à la Cour de Cassation cette haute réputation que vous êtes chargés de continuer

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