‹ Pasquier: ou, Dialogue des advocats du Parlement de ParisChapitre 79 sur 92 · Élo{;n iiiciité de M. de Cheverus · texte numérisé non relu

Élo{;n iiiciité de M. de Cheverus

sous LA RtSTAL RATION. 21)9

Voulez-vous VOUS renfermer dans vos fonctions ecclésiastiques, voulez-vous vous placer sous la direction des ordinaires ; en un mot , couseutez-vous à ne vous mêler que du spiHtuel; alors soyez les auxiliaires du clergé» allez, célébrez les saints mystères, enfoncezvous dans le confessionnal et dans Téglise ; mais n'en sortez pas. Vous serez alors dans votre droit ; tout le monde le respectera. Mais si vous en sortez, si vous voulez vous introduire dans l'ordre civil, exercer des fonctions temporelles; si vous faites des excursions sur la voie politique ; tout magistrat a droit de vous demander de par qui ? Et lorsque c'est le terrain de Téducation publique que vous envahissez , l'autorité a droit d'examiner queite garantie vous offrez au trône et à la nation. Remarquez en effet, iMessieurs, qu'il ne s'agit pas ici de l'enseignement du dogme, mais de prendre les jeunes gens dès l'enfance, de leur apprendre les humanités et de les conduire jusqu'à certaines classes; et dans ce cas, je vous le demande, le gouvernement n'a-t-il pas incontestablement le droit d'exiger de ces professeurs des garanties conformes aux lois qui existent pour tous les citoyens ?

On a parlé de monopole ! — L'Université a été affectée de tels vices dans son origine et dans sa marche, que ce qu'on dit contre elle est, en général, favorablement accueUli ; ce qui semblerait indiquer le besoin d'une réforme. Mais ici, Messieurs, une réflexion me frappe. Les jésuites d'autrefois n'ont cessé de lutter contre l'ancienne Université, qui résistait à leurs prétentions. Ck)mme leurs successeurs ont aussi trouvé quelques

obstacles dans TUniversité nouvelle, ils dédament contre elle et ils en demandent à leur tour la destruction ; mais, toujours rusés, ils se gardent bien de Tattaquer au nom du despotisme ; ce langage trouverait peu de faveur ; mais ils parlent au nom d^une liberté iltimitée, £h bien ! ce sont les amis de la liberté qui leur répondent, mais les amis de la liberté réglée par Us lais.

Je sais qu'au premier coup d*œil il y a quelque chose de séduisant dans Tidée d'une complète émancipation de renseignement. Pourquoi, disent nos adversaires, ne pas s'en rapporter à la sollicitude si éclairée,. si ac« tive des pères de famille? — Messieurs, il est vrai qu'en général les pères et mères chérissent tendrement leurs enfants; mais dans le nombre de ces parents si tendres, combien y en a-t-il qui soient réellement capables de diriger avec discernement leur éducation? Sous un autre point de vue , je n'aime pas plus qu'un autre le monopole ; mais qu'a de commun avec un monopole odieux cette surveillance légitime que tous les peuples de l'antiquité, sous toutes les formes de gouvernement, ont exercée sur l'éducation publique? Loin de nous la pensée de la soumettre à un monopole exclusif, d'en faire l'apanage d'une classe privilégiée; mais nous devons désirer qu'elle soit dirigée de ma^ nière à former des citoyens amis des (ois, et dont tes inclinations soient en harm^onie avec nos ifistitutions, (Adhésion.)

Quelques-uns ont suggéré un expédient pour détruire l'Université, et avec elle le privil^e : ce serait,

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disent-ils, de refnser tout budget à rUniversité. Mais qu*y gagnerions-nous ? Vous feriez sans doute tomber l'Université, mais en résulterait-il que vous seriez délivrés de Tobstacle? Non; vous n'auriez pas encore ia liberté, et en attendant vous auriez toujours les jésuites, et renseignement se perpétuerait dans un état illégal Le remède actuel est dans Texécution des lois telles qu'elles sont ; et comme Fa très-bien dit M. le rapporteur : Il faut exécuter les lois si elles sont bonnes, il faut les réformer si elles sont vicieuses; mais les exécuter encore dans ce cas, parce qu'il n'y a qu'anarchie quand on s'abstient d'exécuter les lois en vigueur.

Que nous dit-on ? que les jésuites n'existent pas comme congrégation , comme association ! Ainsi , vous les trouvez toujours s'échappant par des distinctions. Tons savez que de tout temps ils ont excellé dans l'art des subterfuges et des moyens évasifs. On croirait que c'est d'eux que La Fontaine a voulu parler, lorsqu'il a dit : Vf Laissez-leur prendre un pied chez vous , ils en auront bientôt pris quatre. » C'est par des voies déguisées qu'ils ont toujours cherché à se rendre partout indépendants de la loi, et qu*opposés toujours à l'ordre (égal, ils ont constamment cherché à prévaloir contre lui, 11 n'y -a pas de loi qui les reconnaisse ouvertement, ils en concluent qu'ils n'existent pas illégalement. C'est là une pétition de principe. Certainement, s'il y avait une loi qui eût autorisé leur congrégation, il n'y aurait rien à leur dire ; mais prétendi'e qu'il n'y a pas illégalité parce qu'il y a absence d'autorisation légale^ c'est un pur soi^b\sccL<&\ ^^^^6.^^

e leUre , cet cxeat délivré à i'un aes p

i, et sigoé par le provincial, où l'on remar

îssions : ProvhicialU societaliê Jesu

Vous voyez que ce o*est pas seulement queiq

, mais une société, qui existe dans la Fra

provincial. C'est un acte de juridiction pai

ans la province de France {Voix à droi

•vous la pièce?... C^cst un renégat qui l'a i

M. le président : Ces interruptions ne i

aises. M. de Conny n'a pas été interrompu.)

upin aine, avec calme et fermeté : Je dis

ce en fait de la société des jésuites en Fra

ivée. Ne niez pas Févidence. Tous mauvais

ibles, je le sais (on rit) ; mais alors nier en [

'un fait avéré, c'est avouer que le cas est m

Profond silence. ) Pourquoi nier que les jésu

t comme corporation , quand tout atteste 1

ce! zVinsi, leur organisation est connue; h

• • 1.,.,^ k.,f tnnf pst révélé.

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Expliquons maintenant comment il se fait qu*il y ait en France tin père provincial correspondant avec le général de l'Ordre, et plusieurs maisons qui ont envahi lès séminaires. Il y a une bulle de Pie TU qui prononce leur rétablissement. Remarquez que cette bulle a été rendue à la demande de quelques princes schismati-> quès, qài bientôt après n'ont plus voulu des jésuites. Mais une bulle, quelle qu'elle soit, ne peut pas suffire pour les rétablir en France. Une bulle ne peut devenir foi qu'autant qu'elle a été acceptée par k puissance temporelle; elle rie l'a pas été eti France. Mais eut qui ne veulent pas reconnaître le pouvoir temporel, et qui soumettent tout au spirituel , se tiennent suffisamment autorisés par la buUè. Quelques prélats auront cru qu'elle suffisait pour suppléer le consentement légal qui n'était pas intervenu , et ils ont îaisâé les jésuites s'éta-^ blir dans leur diocèse.

Ici l'on a prétendu que le droit de l'éplscopat avait été méconnu. Messieurs , comme prélats , les évêques ^nt les successeurs des apôtres, ils possèdent la plénî-< tudedeleiir héritage; mais Pépiscôpat, quand- il s'agit dé faits extérieurs, n'a de droits que ceux que le prince veut bien lai permettre d'exercer dans l'ordre temporel. Je le prouve par le rapport môme de M. l'archevêque, inséré au Moniteur de ce matin ; on y lit ce qtfi suit :

« Attendu qu*en vertu de l'ordonnance réglementaire du 5 octobre 1814, faisant jurisprudence sur Irf matière, la direction des écoles ecclésiastiques et la nomination des dîi-ccleurs appartiennent aux évéques. *

Ainsi ce D'est pas de droit divin que les évêques ont eu la nomination des directeurs et professeurs daus les petits séminaires ; c'est de droit royal, et par délégation d'une ordonnance du 5 octobre 181& : ordonnance qu'on aurait dû insérer au Buiietin des iois, si l'on n'avait pas redouté une contradiction trop vive ; si l'on n'avait pas voulu s'impatroniser dans l'État, avant de se déclarer ouvertement. Or , ce qu'une première ordonnance avait concédé » une ordonnance nouvelle a pu le reprendre, puisque la chose avait dégénéré en abus. Dominus dedit^ Dominus abstuiiU £t il n'y a rien là qui autorise à crier à l'attentat contre les droits sacrés de l'épiscopat !

On dit : la Charte ! la Liberté! Il est sans doute satisfaisant de voir que tout le monde invoque la Charte, comme une ancre de salut. C'est un motif pour la rendre chère à tous, puisque ceux-là même qui l'ont le moins ménagée quand ils avaient le pouvoir, y cherchent un refuge et une consolation, dès qu'ils sont tombés dans la disgrâce. (Vive interruption à droite )

J'aime la Liberté avec toutes ses conséquences légales, je veux la Charte sans restriction. Mais j'ai appris de honne heure et je rC oublierai jamais que la Liberté a pour définition» comme pour limites, de s'arrêter là oh se rencontre une loi qui ap^ porte des modifications au droit. Que parlez-vous d'ailleurs de liberté de conscience ? est-ce donc que le dogme est ici mis en jeu ? est-ce qu'on impose aux jésuites ou à d'autres l'obligation de croire ou de ne pas croire? Non, on ne se ûaéle pas du spirituel. Vous êtes libres

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tant que vous resterez daos Texercice du sacerdoce. Mais, vous voulez en sortir , vous voulez devenir professeurs, enseigner la jeunesse française; la loi vous trouve dans le temporel, et alors elle vous impose des conditions qui sont communes à tous ceux qui se livrent à l'instruction publique. {Voix^ à gaiœhe : C'est cela, c'est cela ; voilà la question.)

On a tiré un argument de Tarticle 291 du Code pénal. Je n'approuve pas en tout point cet article ^ , mais je le respecte comme loi existante. Je remarque ensuite qu'il n'est applicable qu'aux associations ordinaires de la vie privée, aux réunions s'occupant d'objets religieux, littéraires ou politiques. L'homme.qui fait partie de semblables réunions y arrive citoyen ; il a laissé sa femme , ses enfants au logis ; il n'a pas dépouillé toute affection de Français, de père de famille; il rentre dans la société pour y remplir les devoirs de sujet fidèle, pour en supporter les charges, et observer les lois. Quelle différence avec les membres d'un ordre monastique ! La rencontre de ceux-ci n'est pas fortuite, elle n'est pas purement temporaire ; elle opère un changement d'état , des moines sont censés morts au monde. Je ne sais si les jésuites font ce vœu ( on rit), mais, en général, c'est la règle de tout ordre monastique. Tous les membres de l'ordre sont soumis à une règle fixe; et l'ordre, fût-il composé de mille individus, est çonsi-

1* Et en cela j'avais tort, car rëvéneracnt a prouve que, pour être efficace, il ne doit pns être resireint. Voyez Loi du 10 avril 1834 sar kt Assodatioot, et mon Discours à la séance du 21 mars pré* cédeoL

30d LES JÉSUITES

déré comme une seule personne morale, ayant capacKé pour se mouvoir, pour acquérir, pour posséder. (i>ionvement d'adhésion à droite. ) Pas si vile; Messieurs, et ii*allez pas croire que ce soit uiiÀ concussion dé dàà part. Voilà ce qui arrive par rapport à un ordre régti^ lièrement constitué dans TËtat ; mais de ce que j'ai Reconnu qu'un tel ordre puisse valablement etister et acquérir, il ne s'ensuit pas que la Société des jésuites, qui n'a aucune existence légale, jouisse àe la naême faculté. C'est lï qu'est labus et le danger pour la société civile. Ne pouvant pas posséder par des moyens lég2ltix< vous possédez par des moyens illicites; au lieu de recevoir des donations à découvert, qui seraient soumises k l'autorisation du gouvernement ,. vous quête:^, vous mendiez des legs, vous introduisez la fraude, vous faites des fidéicommis, vous désolez les héritiers légitimes, vous éloignez du lit du mourant le vrai pasteul* qui lui apporte des consolations. Voilà ce qui arrive quand ot a détruit l'ordre légal, patent, avoué par tous, pouf y substituer la fraude, la déception, l'artifice, et pour faire indirectement ce qui vous est défendu à découvert. (Mouvement très-vif d'adhésion.) D'ailleurs, le droit de posséder des biens n'est pas la plus importante considération. Ce qu'il faut surtout envisager dans ces sortes d'établissements, c'est l'éteiidue et la perpétuité des vœux ; l'examen des règles et des coûdillons par lesquelles des citoyens sont amenés à se lier d'une manière continue et permanente, pour tous les instants de leur vie. Voilà pourquoi, en pareil cas, une autorisation de police, ou même celle du gouvernement (comme

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l'exige TaHicIe 291) ne suffirait pas. Il faudrait une loi, comme jadis il fallait des lettres patentes dûment enregistrées après bonne vérification.

Un honorable préopinant, M. de Conny, vons a proposé de créer des commissions, 4e les composer des ennemis des jésuites, et de les envoyer visiter leurs établissements. Messieurs, j'admets qu'il y a des établissements de jésuites quî peuvent être très-bien tenus. Assurément si Tordre des jésuites était totit à fait mauvais , il ne serait défendu par personne ; de même que s'il éihlt tout à fait bon, c'est en vain qu'on Tattaquefait. C'est parce qu'il présente un mélange de bien et de mal, c'est parce qu'il a eu dans son sein des vertus privées, et qu'il a rendu des services réels, qu'il a pu faire illusion à quelques esprits faibles, plus faciles à se laisser prévenir par de belles apparences, qu'habiles à pénétrer le fond. Mais il faudrait interroger l'histoire et notre position , et voir si leur existence ne présente pas des danger^ plus grands que les avantages qu'on croirait pouvoir en tirer.

Messieurs, la société des jésuites a un caractère particulier. Les jésuites sont encore aujourd'hui ce qu'ils étalent autrefois ; ils se sont sépat-és au cri de sint ut sunt, aut non sint Ils sont donc aujourd'hui ce C(il'ii3 étaient jadis : autrement ils ne seraient pas. La bulle lés a rétablis teù quels, et ne lés a soumis à auctifie Modification. La c h aine est renouée dûmém» état qvCli i'cjwquc oti la dissolution de cette société a été prononcée.

Or, v?ut-on voir les traits caracl^Y\^lV^vi% ^'«t Vv

quels ils sont marqués aux yeux de Thistoire ? Les voici. Je citerai un édit de Henri lY du 7 janvier 1595, qui les expulse du royaume , « comme corrupteurs de la jeunesse» perturbateurs du droit public» nos ennemis, et ceux de TÉtat et couronne de France. »

Je citerai l'arrêt du parlement de 1762, qui déclare cette société « inadmissible par sa nature dans tout État policé, comme contraire au droit naturel, attentatoire à toute autorité spirituelle et temporelle , tendant à introduire dans TÉglise et dans les États, sous le voile d'un institut religieux , un corps poiitiqtie, dont Tessence consiste dans une activité continuelle pour parvenir, par toutes sortes de voies, directes ou indirectes, sourdes ou publiques, d*abord à une indépendance ahsoitte , et successivement à Vusurpation de toute autorité, »

Cet arrêt restera comme raison écrite ; ce n'est pas la disposition pénale que j'y vois, mais la condamnation rationnel!e. Car, lorsqu'on invoque les anciens arrêts, ce n'est point pour y chercher des clauses de bannissement et de confiscation. Sous ce point de vue, ces arrêts ont reçu leur application , leur effet immédiat est produit : mais on y trouve l'appréciation des faits; l'institut y est caractérisé, et il ne s'agit plus qvs de savoir si cet institut peut se recréer de lui-même, et si ses membres pourront s'immiscer dans l'instruction publique et jusque dans les affaires de VÈtaU

A l'autorité civile des arrêts j'ajouterai l'autorité spéciale de la bulle de suppression de Clément XIY, du

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21 juill<it 177^, donnée ad perpetuam rei mémoriam, et fondée sur ce motif principal : « Qu*il était à peu prèsimpcsâble que, cette société subsistant, TÉglise pût jouir d'une paix véritable et permanente. »

Je citerai encore la lettre du cardinal de Bernis, ambassadeur de France à Rome, du 16 mars 177^ : « Le pape ne serait que trop justifié d'avoir supprimé leur ordre, s'il laissait publier les pièces du procès ; mais son amour pour la douceur et la paix l'en ont empêché jusqu'ici. »

. Enfin, je rappellerai les paroles de Louis XYI, du Roi-Martyr, ce nom en double l'autorité. (Interruption à droite... Voix à gauchs. Â l'ordre! à l'ordre! ) Yoici ce que disait Louis XVI , en 1777; voici ce que n'oublieront point, je l'espère, les princes de sa maison : « Le régime de ladite société et compagnie a été anéanti dans tous les États catholiques de l'Europe, par un concert unanim>e de toutes les puissances ; il n'est pas possible qu' elle soit jamais rétahlie, »

Tels sont les motifs d'autrefois; et, comme le disait II. Laisné aux Pairs : « L'impiété n'a pas eu tous les » peuples, tous les rois et le pape même pour com- » plices. » — Maintenant , disons un mot des raisons d'aujourd'hui.

La première, qui domine toutes les autres, c'est que l'institut d'Ignace est incompatible avec le régime constitutionnel en France.

Qu'on ne nous objecte pas qu'ils existent aux États- Unis, sans y exciter aucune plainte! Qui méconnaîtrait la différence des positions, entre une république et une

vieille monarchie? entré un ^ays', pour aint»i difj ▼ierge, où la liberté est le dogme prédomiiiànt « oà hi loi ne s*inqmète pas des caltes, où elllft se contente d^ les tolérer tous, sans se mêler en l'ien de l'organ^tioti;» du salaire ou de la prépondérance de leurs •nihnsa'ès; et la F^tice , où jadis la religion catholique fut sente dominante ; où FÉdit de Nantes, qoi consatrait la tdé^ rtnce feligieuse, fut révoqué avec d'odîetise^ circmki^ stances ; la France, que les jésuites ont long-feiâi]pïi exploitée comme leur domaine, et qu^ils regardent enco^ â présent comme une de leurâ f>rc^ricé$! (Moûvemenl.) Il y à trois choses dont itd ne {kftfvetlt s'ûco6ttinMH der : la Charte contré ^quelle its nourrissent une hâinè [Profonde, f^arce qu'elle consacre la tolérance pour tous Tes cultes; là liberté de la presse, qui prête sa puissanfte action an droit d*exàmen ; enfin la magistrature, barrière constante à leur usurpation, senlinette vlg^amte; qui, cette fois encore, a la première donné FéVèil à ht sagesse du Rôi. —Les jésuites admettre la tôlérafftce ! et ils veulent Finquisition. — Accorder le droit d*etafrïen ! et ils rté peuvent grandir que dahs lès ténèbres ; ef nous n'avons eu la censure que par eux et pour eux. — Les jésuites respecter jamais la magistrature ! et trous la voyez sans cesse en butte à leurs attaques ; ils mettent ses arrêts à Tindex , et ce qli'Hs redoutent plus que les lois même, qu'ils savent trop bien éluder, c'est de vœr restituer aux cours royales les appels comme d'abus. Cependant , Messieurs , je le répète avec eonviction , il n'y a qu'un corps organisé et permanent comme la nragistratnre, qui puisse dans l'avenir s'opposer av<'fc

sous LA RESTAURATION. 31.1

succès aux empiéteoients 4c l'Église. Si iVdre judimire ne recouvre pas ce droit qu'il a long-teuips et si utitaneut exercé,.te gouvernement sera obsédé par de continuelles fitUiques ; l'adoiiioiQtration en sera fatiguée, elle y ^ocoomber^ souvent (Noinbreuses inarques d'adhésiçin.) . èi^l Moeurs, ne nous lassqn^ pas de rendre bomloage M \9^ ^esm des ordonnance dti Roi , si violemjnpBt attaquées p^r ua parti

yçtyez /en .effet , voyçz quels dangers il y aurait }l 4fi8ser r^ducalion publique à un institut qui repose çur ces principes ! Quels dangers pour le clergé gallican, si ;vénérablç et si vénéré, s'il pouvait se laisser infecter par jces dpctrines aptinationales! Qu'on le suive partout .4aDs nos campagnes; on verra nos pasteurs distribuant des secours, des consolations avec discernement, et re- •cueillant les bénédictions du pauvre. Telle eçt la position 4u clergé français. Oui, nous aimons nos pasteurs. Les jFi4$ax n'en doutent pas ; j'espère que les jeunes l'apprendront bientôt, j'espère qu'ils .seront aussi de bons ^Fl^nçais, attachés à nos institutions et aux libertés de i?église gallicane. L'épisco|)at nous apportera le secours 4e ?es (mutas lumières et de ses vertus. Il ne voudra j^, par un zèle inconsidéré, compromettre le haut JViQg où il est placé dans l'esprit des peuples, en accepjl^nt une solidarité fupeste. Qu'on renonce donc à itauUs ces idées uUramontaïneê, qui ne peuvent être accueiiiies que par ie fanatisme , et qui n^'akuront jamais cours en France. ( Mouvement .4'aAhéi»}on prolongé dans toute la gauche.) . vQii noiis ipepace de la. crainte de voir des p^res de

fiiinille, contrariés dans lenrs affections, envoyer leurs enfants dans les établissements des jésuites formés hors du royaume. Fort bien I Mais si Tambition a pu conseiller on pareil voyage, l'ambition le déconseillera.

On a pu croire jusqu'ici que passer par les jésuites, c'était le moyen d'arriver aux honneurs ; mais aujourd'hui, c'est le Roi qui sait, c'est le Roi qui veut, c'est le Roi qui blâme. (Se tournant vers la droite : ) Ce serait un triste voyage que celui que feraient vos enfants pour aller sucer un lait étranger, et revenir ensuite dans leur pays, sous le coup funeste de cette prévention, qu'ils y rapportent des affections antinationales, et qu'ils sont imbus de maximes qui ne sont point en harmonie avec nos institutions. J'en ai pour garant la tendresse éclairée de leurs parents; et cette voix intérieure qui leur conseillera de rester aux lieux qui les ont vus naître, de ne point déserter le sol de la patrie : ils y puiseront l'amour du prince et le respect des lois. (Bravos réitérés à gauche.)

Messieui*s, ne bornons pas notre sollicitude à ce qui regarde l'éducation publique , apportons la même attention à toutes les autres parties de l'ordre civil; préservons-le de ces doctrines antisociales que les enfants d'Ignace auraient voulu naturaliser parmi nous; sauvons-le de ces congrégations dont les unes promettent carrière à l'ambition des chefs, d'autres produisent des impôts, d'autres enfin préoccupent les masses. Une voix vous a dit ! tremblez ! et moi je dis : rassurezvous ! Le salul de tous est dans l'union intime de tout le peuple français avec le trône. Nous saurons de tout no«

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tre pouvoir assurer le triomphe de Tautorité royale. Malheur à ceux qui la méconnaîtront ! Ce n^est pas là le langage de la révolution , Messieurs , c'est celui de nos pères, c*est le cri français qui fut poussé sous Philippe-Auguste , quand ils déclarèrent que le Roi de France ne relève pour le temporel que de Dieu et de son épée ! c*est celui qu'ils firent entendre sous saint Louis quand ce grand, roi signait la pragmatique; c'est celui qu'ils répétèrent sous Charles YII dans les imposantes assemblées de Bourges. Ces maximes étaient aussi celles du clergé de France sous le Louis XIV de 1682, lorsqu'il suivait les inspirations du génie de Bossuet. N'oublions pas les exemples que nous a légués cette magistrature fidèle et sage de l'ancienne monarchie, et cette déclaration de la noblesse qui , réclamant contre les prétentions du clergé, disait en l'année 1246, que le royaume des Francs avait été conquis par l'épée, et non par l'insolence des clercs : per gladium, et non per insoientiam ctericorum, (Mouvement dans l'assemblée.)

Un des préopinants a fait allusion à l'histoire d'Angleterre : il vous a parlé des StuartsI... Messieurs, les jésuites ont perdu les Stuarls, empêchons les jésuites de perdre les Bourbons. (Très-vif mouvement d'adhésion.)

•^ Un des ministres de Louis XV111 , M. Bourdeau , ancien gardedes-sceauz, aujoiud'hui pair de France, a merveilleusement caractéiitfé la tendance de la faction à laquelle on doit attribuer une lionne partie des malheurs de la Restauration, en disant de ses adeptes : • Qu'ils auraient voulu nous rendre i'ancieu régime, avec Us Jémtes <& pius €t Us libertés gallUanes de moins, «

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