DÉPOTÉ DE LA NIÈVRE
en réponse à MM. de Connt, de Sainte- Marie et de MoNTBEL,
(à l'occasion de quelques pétitions).
Chainlire in Bép&tés, séance du 21 \m 1828.
Oui, xMessieurs , les lois ont été violées; elles Tont été long-temps; d'abord avec adresse, ensuite avec audace, et toujours avec impunité. Elles Font été sciemment. Jamais administration ne fut mieux avertie que sous le ministère précédent : les avis lui sont arrivés de toutes parts; et par les journaux, et par les dénonciations en forme , et par un arrêt de cour royale , et par le renvoi solennel de la Chambre des Pairs. Ce ministère a tout dédaigné; il n*a rien voulu entendre; il n*a rien fait
Cependant, Messieurs, deux grandes questions qui affectent Tordre social tout entier, lui étaient déférées : 1** L'existence des jésuites en France, comme société prohibée par nos lois ; 2° L'intrusion des membres de cette association dans l'éducation publique. Ces mêmes questions seraient à traiter devant vous, si déjà elles n'étaient résolues par la puissance royale qui a parlé au nom des (ois, et pour en procurer l'exécution.
Messieurs, les ordonnances du 16 juin sont chères surtout à la nation , en ce qu'elles constatent l'état des faits, comme elles déclarent les principes. Elles donnent raison à tout le peuple français. (Voix à {[aucbe : Tr^^
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iien!,.,. Murmures à droite...) Ainsi, les citoyens avaient raison quand ils dénonçaient la violation des lois! Les Cours avaient raison quand, en déclarant leur incompétence, leur impuissance de statuer, elles signalaient cependant le mal et en appelaient à une autre autorité. La Chambre des Pairs avait raison lorsque , usant de ses attributions constitutionnelles, elle accomplissait un grand devoir en mettant en demeure le ministère, qui aurait dû entendre ce que cette voix avait de puissant! Mais le ministère est resté sourd, il n'a voulu rien entendre.
Grâces soient rendues à la sagesse royale, qui a déclaré qu'elle voulait pourvoir à l'exécution des lois du royaume l Nous accueillons ses paroles avec reconnaissance. Oui, les lois du royaume seront exécutées ; elles le seront, je ne dis pas dans toute leur sévérité (car ce n'est pas de rigueur qu'il s'agit, nous n'appelons pas les pénalités à leur secours), mais elles seront exécutées dans tout ce qu'elles ont de juste et de sincère ; la paix de l'État en dépend. (Sensation.)
Et d'abord 9 Messieurs, commençons par distinguer ce que d'autres ont si grand soin de confondre ; séparons la cause sacrée de la religion. Non , elle n'est pas menacée dans ce débat. La religion catholique , qui est celle de la majorité des Français, qui est aussi la nôtre, est en possession de notre vénération. Nous avons pour elle le respect le plus profond , un respect égal à la tolérance que nous accordons aux autres cultes. Il en est de même de la cause du clergé français : nous révérons répiscopat; nous rendons pleine justice à ses lumières
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et h ses hautes vertus. S'il ne nous est plus donne d'entendre des Bossuet, il nous est du moins permis d'espérer que nous verrons encore des Fénelon : Nous avons des archevêques de Bordeaux *. Ce n'est donc ni la religion, ni le clergé français qui sont ici menacés; il né s'agit que de quelques individus jésuites. C'est là fa question. Cette question est toute temporelle, toute de législation, toute d'^ordre public. Tainemént on chercherait à la dénaturer.
Telles sont cependant les objections qu'on a fait entendre à cette tribune et dans certains journaux. On a parlé de persécutions! Des persécutions! Eh! mon Dieu ! qui réclame en France des persécutions ! (Interruption à droite.... M. ie président : Rendez le silence que vous avez obtenu.)
M, Duptn avec vivacité : La mauvaise foi la plus insigne peut seule oser dire que des persécutions naîtront d'une ordonnance de Charles X, de ce roi trèschrétien, qui est venu à vous plein de douceur et de bonté, et dont tous les actes sont empreints du respect dont il est pénétré pour la religion de ses pières. On crie à la persécution quand il s'agit seulement de déclarer une incapacité légale, car telle a toujours été fa tactique des jésuites ; avec eux il a toujours fallu refaire le Dictionnaire, et donner la définition des mots. (On rit.)
£h bien ! expliquons-nous nettement sur les choses et sur les mots.